La police découvre une prison souterraine et une salle de torture à la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas

La police découvre une prison souterraine et une salle de torture à la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas

La police néerlandaise a annoncé mardi avoir découvert une « prison » dissimulée à l’intérieur de sept conteneurs dont un servait de chambre de torture, grâce à des informations interceptées sur le système de téléphonie crypté EncroChat utilisé par le crime organisé.

Ce réseau mondial de communications a été démantelé, après avoir été infiltré, il y a quelques jours par les autorités judiciaires et policières françaises et néerlandaises. Plus de 800 personnes ont été arrêtées.

Les conteneurs se trouvaient dans un entrepôt situé près de Bergen op Zoom (sud). L’un d’eux servait de « chambre de torture » selon Andy Kraag, le chef de l’unité criminelle de la police néerlandaise.

Elle était équipée de sécateurs, d’une scie, de scalpels et de pinces, a indiqué la police néerlandaise dans un communiqué. Qualifiée de « salle de traitement » par les criminels dans les conversations interceptées, elle était également munie « d’une chaise de dentiste avec des sangles sur les bras et les repose-pieds », selon la même source.

Les six autres conteneurs « servaient de cellules de prison dans lesquelles des personnes auraient pu être attachées », a déclaré Andy Kraag dans une vidéo.

Des menottes y étaient installées au sol et plafond, et les murs étaient insonorisés et recouverts d’aluminium, afin d’éviter qu’ils ne soient détectés à l’aide d’une caméra thermique.

Tous ces équipements avaient pour but de « torturer les victimes ou, en tout cas, de les mettre sous pression », a souligné la police. Elle n’a pas donné de détails sur les victimes, mais a précisé que les enlèvements avaient été planifiés avec « une grande précision », et nécessité plusieurs équipes, des armes, des fourgonnettes et des gilets pare-balles.

Six personnes ont été arrêtées lors de cette opération. Trafic de drogue, assassinats, blanchiment d’argent, extorsion de fonds, enlèvements… L’opération contre Encrochat a été menée dans plusieurs pays européens et a permis d’intercepter et de déchiffrer en temps réel, à leur insu, plus de 100 millions de messages échangés via EncroChat entre criminels à travers le monde.

« C’est comme si nous étions à la table de discussions des criminels, en direct », avait résumé Jannine van den Berg, cheffe de la police néerlandaise.

 
 
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