Jeunes diplômés, à quoi va ressembler votre premier salaire?

Jeunes diplômés, à quoi va ressembler votre premier salaire?
DR

Les examens finalement terminés, pour de nombreux étudiants, le soulagement ne sera malheureusement que de courte durée. Car une nouvelle épreuve les attend maintenant : l’entrée sur le marché du travail. Certains y auront peut-être déjà posé les pieds lorsqu’ils étaient étudiants. Mais pour d’autres, ce sera une première. Et avec elle, une grande question : combien vais-je gagner ? Chaque année, le prestataire de services RH SD Worx refait ses calculs en comparant les salaires effectifs des travailleurs belges âgés de 18 à 24 ans qui occupent leur premier emploi. 74.000 d’entre eux ont été analysés cette année. Résultat : le salaire moyen brut s’élève à 1.946 euros. C’est bien sûr beaucoup moins que le revenu moyen de l’ensemble des salariés qui s’affiche lui à 3.558 euros (dernier chiffre Statbel 2017). Mais ce montant est en légère hausse chaque année depuis huit ans. Par contre, il varie de façon notable selon plusieurs éléments. Et en premier lieu, la région où l’on travaille.

Les variables de l’âge, de la région, du diplôme

Sans surprise, les salaires de départ sont plus élevés dans la capitale (2.000 euros en moyenne) qu’en Flandre (1.972 euros) et en Wallonie (1.792 euros). « A Bruxelles, c’est toujours plus élevé. Ce n’est pas seulement le cas pour les starters, mais aussi pour tous les salaires. D’une part, la vie dans la capitale est plus chère, d’autre part, il y a beaucoup de grandes entreprises et d’institutions internationales sur place », développe Dorien Vanderputten, consultante RH pour SD Worx.

Une autre différence qui fait varier le salaire de départ est le statut : employé ou ouvrier. Ainsi, un ouvrier qui commence à travailler jeune, avant 21 ans, va gagner plus d’argent qu’un employé au même âge. « Après une formation technique ou professionnelle, les jeunes de 18 ans ou 19 ans occupent des fonctions d’ouvriers spécifiques en tant qu’ouvriers qualifiés. Ces derniers sont très demandés et représentent une plus-value importante pour l’employeur ». Puis, les choses s’inversent. A 24 ans, un jeune ouvrier débutant gagnera en moyenne 2.087 euros, un employé débutant 2.234 euros. A cet âge-là, le niveau de diplôme joue dans la balance. « Un travailleur qui commence en tant qu’employé a plus souvent suivi des études supérieures et se retrouve alors dans des fonctions d’employés avec plus d’exigences en matière d’expertise. En règle générale, plus vous commencez à travailler vieux, plus le salaire est élevé, même si les différences sont moins marquées chez les ouvriers ».

Le « plan cafétéria » de plus en plus populaire

Dernier élément auquel on pense lorsqu’il s’agit de rémunération : le secteur d’activité. Là aussi, il y a bien entendu des différences. Mais le prestataire de services RH montre que les salaires à l’intérieur d’un même secteur ou sur un même poste ont tendance à s’uniformiser. « De plus en plus, les employeurs veulent payer un salaire qui est conforme au marché. Donc ils vont regarder ce qui se passe dans un secteur similaire, une région similaire pour payer au prix du marché. Le salaire est donc de moins en moins déterminé par les demandes du travailleur », note Dorien Vanderputten.

Autre évolution : le salaire est important, mais ce qu’il y a autour aussi ! « Les composantes extra-légales sont désormais une partie importante du package : les chèques repas, les assurances groupe, hospitalisation, etc. De plus en plus, ces avantages font partie du package standard ». La nouvelle génération y serait plus regardante… « Pour elle, la flexibilité possible, l’autonomie possible, comment ils peuvent s’organiser, choisir leurs heures, etc. Ça joue un rôle. Ils aiment aussi pouvoir continuer à se développer et à évoluer. L’offre de formation est donc importante et on voit que les entreprises utilisent ça pour se distinguer de la concurrence », poursuit notre interlocutrice, qui constate que les grandes entreprises ne sont pas les seules concernées. « Dans les PME également, on constate de plus en plus souvent l’introduction d’un « plan cafétéria », dans lequel le package salarial est flexible. Ça signifie que le travailleur peut, pour partie en tout cas, l’individualiser ».

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Dans les rues désertées de New Delhi, ce mardi, la police a réinstallé ses barrages de contrôle sanitaire pour faire respecter le confinement.

    Inde: New Delhi sous le choc d’une flambée de covid

  2. La Bourse de New York.

    Les marchés boursiers surévalués? Pourquoi il faut relativiser

  3. Bénédicte Linard: «Dans ce plan, il n’y a plus de proposition de tenir un festival de 70.000 personnes au mois de juillet...»

    Déconfinement: nouvelle déception en vue pour la culture? La ministre Linard se dit «inquiète»

La chronique
  • Les parcs, ces lieux essentiels

    C’est l’envers du décor urbain, plutôt dense, souvent bruyant, parfois chaotique… Entre le quartier Nord, désert bureaucratique, et Laeken, royalement grouillante, une oasis de calme et de verdure. Rien d’un mirage, dix hectares de parc. Appellation vernaculaire : Tour et Taxis. Car c’est là qu’il démarre, sur fond de Manhattan bruxellois ; le décor, hérité de Couleur Café, donne aux larges pelouses une petite touche américaine. De l’espace, au naturel, vert teinté de sauvage. Ça joue de la bombe aérosol ou de la batte de cricket, ça fonce ou ça chipote sur deux roues, parfois trois. Ça s’agglutine un chouïa au pied de l’Obélisque des droits humains… Une entorse aux règles covid (la bière, le masque, la bulle…) qui sonne comme un hommage à la Déclaration universelle des droits de l’homme, un écho, aussi, aux propos de Françoise Tulkens, ancienne juge à la Cour européenne des droits de l’homme, qui, lorsque l’ex-ministre Céline Fremault (CDH) l’avait sollicitée comme caution de ce projet, insistait « les articles de cette Déclaration...

    Lire la suite

  • Nous ne sommes pas égales devant le virus

    J’en ai vraiment assez, mais bon, moi, je ne peux pas encore me plaindre. » Cette phrase, nous l’avons souvent entendue au cours des derniers mois, nous l’avons même prononcée. Parce que nous avions la chance de passer ce confinement avec un salaire, un jardin, un vaste appartement, pas d’enfants à la crèche ou scolarisés, pas de maladies graves.

    Le filtre du « genre »

    Aujourd’hui, l’analyse des impacts...

    Lire la suite