Port du masque obligatoire: pour les commerçants, il est inacceptable que les magasins puissent être sanctionnés

Port du masque obligatoire: pour les commerçants, il est inacceptable que les magasins puissent être sanctionnés
Belga

L’Union des classes moyennes (UCM) n’entend pas laisser peser la responsabilité de l’obligation du port du masque dans les magasins sur les épaules d’indépendants et chefs d’entreprise « déjà lourdement touchés par la crise », réagit-elle vendredi, au lendemain de la décision des autorités de l’imposer dans les commerces. « Les commerçants ne sont pas des agents de police », insiste l’organisation.

Le port du masque sera imposé dès samedi dans les magasins, les centres commerciaux mais aussi les cinémas, les salles de spectacle ou de conférence, les auditoires, les lieux de culte, les musées et les bibliothèques.

Pour l’UCM, il importe qu’on ne demande pas aux chefs d’entreprise en général et aux commerçants en particulier d’être responsables d’une situation qu’ils ne peuvent contrôler de A à Z. « Les commerçants ne sont et ne seront jamais des agents de police. Ils ne peuvent se substituer au rôle d’agents assermentés dont c’est le métier », souligne l’organisation, rappelant les efforts déjà fournis (respect des mesures de distanciation sociale et mise à disposition de gel et masques).

Le risque de fermeture des commerces en cas de non-respect du port du masque est disproportionné, conclut l’UCM, qui appelle dès lors au civisme des clients.

Mise en garde de Comeos

De son côté, Comeos, la fédération du commerce et des services souligne que ce n’est pas aux enseignes de se muer en policiers pour la faire respecter. « La responsabilité incombe au client », souligne-t-elle.

Pour la Fédération du commerce, il est « inacceptable » que le nouveau règlement prévoie que les magasins puissent être sanctionnés si les clients ne portent pas de masque.

« Légalement, nous n’avons pas aujourd’hui la possibilité de refuser l’accès physiquement aux clients qui ne portent pas de masque ou de mettre quelqu’un qui ne porte pas de masque à la porte. La responsabilité du port d’un masque doit toujours incomber au client, et non au commerçant. Nous demandons donc que le gouvernement assure le contrôle du respect de la mesure. Nous ne pouvons pas agir en tant que policiers », commente le CEO de Comeos, Dominique Michel.

Le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) se réjouit de son côté que les magasins ne soient pas les seuls visés par l’obligation, et souligne que celle-ci n’est pas la conséquence d’une situation sanitaire devenue moins sûre au sein des commerces.

Primark et Delhaize pas contents

Si Delhaize se réjouit de la « clarté » apportée par l’obligation de porter les masques buccaux dans les magasins, l’enseigne de supermarchés estime qu’il « n’appartient pas à notre personnel de faire respecter cette obligation », déclare vendredi son porte-parole Roel Dekelver. « Nous avons cinq millions de visites de clients chaque semaine, alors il est très difficile de contrôler tout le monde. »

Le personnel a reçu la directive selon laquelle toute personne doit porter un masque. « Nous n’allons pas refuser l’accès à cette personne, mais nous appellerons la police. En tant qu’employeur, nous sommes responsables de notre personnel, et celui-ci portera effectivement un masque buccal. Nous ne sommes pas responsables des visiteurs, bien que nous appelions bien sûr tout le monde à porter un masque. »

Le porte-parole souligne qu’au début de la crise il y a eu quelques incidents avec des clients. « Nous voulons éviter cela », explique M. Dekelver. « Notre personnel est déjà sous pression, nous ne voulons pas lui mettre une pression supplémentaire en lui demandant de jouer au policier. »

Afin de permettre aux clients qui n’ont pas de masque buccal d’en porter un, les boîtes que Delhaize vend depuis plusieurs semaines seront placées plus près de l’entrée. « Ainsi, tout le monde peut s’adapter », précise-t-il.

À l’entrée des magasins Delhaize, une personne continuera de désinfecter les caddies, mais la chaîne de grands magasins ne prévoit pas d’engager des agents de sécurité supplémentaires pour vérifier l’obligation de porter un masque.

Du côté de la chaîne de vêtements bon marché, la porte-parole de Primark fait remarquer : « On nous demande d’être répressifs par rapport à quelqu’un qui ne porte pas son masque, cela devient plus compliqué à gérer, car nous avons des dizaines de milliers de clients par jour avec seulement quelques gardes de sécurité ».

 
 
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