«L’heure est au choix»: le PS et Ecolo insistent pour un vote sur l’IVG dès cette semaine

«L’heure est au choix»: le PS et Ecolo insistent pour un vote sur l’IVG dès cette semaine

Le texte de loi dépénalisant totalement l’avortement « doit » passer au vote à la Chambre cette semaine, a réitéré le PS lundi à l’issue d’un bureau de parti. Les socialistes, auteurs de la proposition initiale autour de l’IVG, devenue un des symboles du blocage fédéral, évoquent amèrement une « flibuste parlementaire », des « manœuvres dilatoires », qui « doivent cesser ».

Sans surprise, le parti répète via communiqué son point de vue à cet égard : le débat a lieu depuis de longs mois, des experts ont été entendus, la commission compétente a fait son boulot, le Conseil d’Etat a plusieurs fois rendu un avis qui n’est pas de nature à freiner l’avancée du texte. Autrement dit, il n’y a pas de raison d’encore faire trainer le vote via l’introduction d’amendements et un nouveau renvoi au Conseil d’Etat, pour empêcher ce débat de pourrir des négociations déjà pénibles en vue de la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale.

« Un droit ne peut être monnayé »,

« Le droit des femmes à disposer de leur corps ne peut faire l’objet de marchandages. Il n’est pas acceptable non plus de malmener la démocratie et les institutions de notre pays. Un droit ne peut être monnayé », lancent les socialistes francophones via un bref communiqué. Ils évoquent un « dangereux précédent » d’utilisation dysfonctionnelle des institutions du pays, et insistent : le texte proposé « ne vise pas à encourager le recours à une IVG mais consacre cette liberté », il vise donc à respecter « les convictions de chacun et chacune ».

Le texte, qui assouplit les conditions autour de l’IVG (notamment le délai dans lequel elle est autorisée) et dépénalise totalement cet acte pour la patiente et le médecin, cristallise les tensions entre potentiels partenaires au sein d’un futur gouvernement. Le CD&V, puis la N-VA, ont clairement fait savoir ces derniers jours qu’il s’agissait pour eux d’une affaire de gouvernement, et qu’ils ne pourraient envisager une coalition avec les partis qui voteraient en faveur du texte à la Chambre.

Parmi les autres partis, les avis sont partagés. Si le vote a lieu, les libéraux veulent laisser leurs députés le libre choix. La proposition est co-signée par des députés socialistes, libéraux, écologistes, DéFI et PTB, mais dans les rangs verts, le député Stefaan Van Hecke a laissé entendre lundi que tous n’étaient pas forcément en faveur du texte en l’état.

Ecolo demande également le vote jeudi

Cependant, les Verts francophones refusent que ce texte soit au centre d’un « marchandage politique » qui s’apparente à leurs yeux à une « instrumentalisation du droit des femmes ».

« Depuis le début dans ce dossier, nous avons oeuvré au niveau parlementaire pour un débat le plus serein possible, en argumentant sur le fond, en nous mettant à l’écoute des praticiens de terrain et des experts. Une large majorité démocratique est prête à voter ce texte qui constituerait un progrès essentiel en matière de droit des femmes. Le Conseil d’État a, une nouvelle fois rendu un avis. Il est temps de laisser le Parlement s’exprimer », a souligné lundi la députée Sarah Schlitz.

« Il ne fait pour nous aucun doute que ce texte doit pouvoir être soumis au vote jeudi. Nous refusons également que ce vote continue d’être instrumentalisé par des partis conservateurs qui bafouent les droits des femmes au profit d’un marchandage politique dans le cadre des actuelles tentatives pour former un gouvernement. Notre démocratie, et surtout les femmes, encore trop souvent victimes d’inégalités et de discriminations, qui ont également été les plus touchées par la crise du Coronavirus méritent mieux que ce qu’il se passe maintenant depuis de trop nombreuses semaines », a souligné la députée.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous