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Paddock: «Francorchamps me fascine et me terrorise», avoue Benjamin Biolay

Par le passé, le sport automobile a toujours attiré les vedettes. De Steve McQueen à Jean-Paul Belmondo, en passant par Paul Newman, Jean-Louis Trintignant et… Johnny, ils n’ont pas hésité à coiffer un casque pour goûter à l’adrénaline de la compétition. Benjamin Biolay n’a pas encore franchi ce cap mais il en rêve.

Entretien - Temps de lecture: 6 min

La pochette, le titre éponyme qui rend hommage à Jules Bianchi décédé le 17 juillet 2015 des suites de son accident au GP du Japon huit mois plus tôt, Virtual Safety Car ou encore Interlagos… Les références à la Formule 1 sont nombreuses dans le 9e album de l’artiste français.

Afficher sa passion pour le sport automobile, ce n’est pas très politiquement correct. Vous vous en fichez ?

Mais c’est mon album, c’est typiquement moi ! Aux gens qui me faisaient la remarque que ce n’était pas très écolo, je leur demandais de se taire. Il paraît que le bilan carbone d’un Grand Prix équivaut à une tournée de Madona. Le genre de truc que je ne veux plus entendre.

L’Album s’appelle Grand Prix. Une allusion au très beau film de John Frankenheimer ?

Oui mais pas seulement. Grand Prix, c’est la même chose dans presque toutes les langues. Pour moi, les Grands Prix, c’est un repère temporel, le spectacle du dimanche après-midi. Un Grand Prix, c’est la chose la plus dure, la plus douloureuse, la plus épouvantable. Sauf si on gagne ou qu’on termine sur le podium. C’est une belle métaphore de la vie.

Sur la pochette, on vous voit habillé en pilote, assis sur la roue arrière d’une Matra. Pourquoi cette voiture qui n’est pas de votre génération ?

C’est la monoplace avec laquelle Jean-Pierre Beltoise a remporté le Grand Prix de Monaco de Formule 3 en 1966. Pour moi, Beltoise et Cevert, c’est une des grandes mythologies du sport français. La Matra, je la trouve sublime. On dirait un requin. Je ne voulais pas d’une monoplace moderne bardée de technologie. Ce n’est pas ce que je préfère. La jeune fille qui tient un casque, c’est celui qui a été déposé sur le cercueil de Jean-Pierre Beltoise. En face de moi, en mécano, c’est Julien Beltoise, le fils de Jean-Pierre mais aussi le neveu de François Cevert. La photo a été prise sur le circuit de Haut Saintonge dans les Charentes.

L’homme en feu, à l’arrière-plan, c’est un clin d’œil à la pochette Wish you were here de Pink Floyd ?

Oui mais pas seulement. Le feu, c’est très rock. C’est aussi une allusion à la dangerosité des sports mécaniques. On a tous en tête des images horribles de voitures de courses qui brûlent et le visage marqué de Niki Lauda. Pour la pochette, l’homme-torche est un rallyman de très bon niveau qui est maintenant cascadeur chez Disney. Il adore se foutre en feu.

Gamin, vous rêviez d’être comédien, chanteur ou pilote ?

Je rêvais d’être un super héros. Donc, dans l’absolu, chanteur, pilote ou footballeur. Très vite, j’ai compris que le virus de la musique m’avait mordu. Quand j’étais petit, on m’a donné un violon, pas un kart. C’est souvent ça qui est fondateur. Si on m’avait mis un kart entre les mains, je serais devenu complètement fou. J’aurais tourné toute la journée. Par contre, je suis un pilote de canapé.

C’est vrai que vous dévoriez les BD de Michel Vaillant dans votre enfance ?

Il y avait deux types de BD qui me passionnaient : Michel Vaillant pour les courses de voitures et Eric Castel pour le foot. J’ai toujours été fasciné par le monde de la course dans lequel évolue Michel Vaillant mais aussi par la beauté du design de Jean Graton ; il dessinait des automobiles merveilleusement belles. Au point que certaines ont été plus ou moins copiées. Jean Graton a marqué les esprits. Je me trouvais récemment au Castellet. Dans le hall d’entrée du circuit, il est partout avec des dessins de ses voitures (les Vaillante, ndlr) aux murs et beaucoup de ses expressions. Au circuit Charade qui a accueilli plusieurs fois le Grand Prix de France, un musée regroupe des anciennes monoplaces mais aussi des Vaillante. Ça dépasse l’imaginaire, il fait partie du monde du sport automobile.

Vous vous dites pilote sur canapé. Qui vous impressionne quand vous regardez un Grand Prix à la télé ?

J’ai longtemps été fan de Vettel et je le suis toujours mais avec le temps, c’est Hamilton qui m’impressionne le plus. Chaque année, c’est pareil. C’est un marathonien, Lewis. Dans une saison normale, il arrive souvent avec des points de retard à la trêve estivale puis ça redémarre et il aligne tout le monde.

Et puis il a un côté rock star…

C’est vrai qu’il a changé. Je le trouvais un peu fade avant. Au tout début, il était rock star, notamment de par sa relation avec une vedette de la pop (Nicole Scherzinger, chanteuse des Pussycat Dolls, ndlr). Après cette rupture, je le trouvais un peu fade, un peu renfrogné. Pendant la parade, il s’isolait dans un coin avec ses écouteurs. Puis il s’est révélé. Evidemment, j’ai beaucoup de passion pour Max Verstappen et Charles Leclerc. Leurs duels s’annoncent prometteurs à l’avenir.

Sans oublier Pierre Gasly et Esteban Ocon, j’imagine…

Oui. Esteban, c’est un garçon qui a beaucoup de talent, beaucoup de mérite. Il vient d’une famille peu favorisée. Ses parents ont tout mis dans sa carrière. Il a eu la malchance de tomber sur des équipiers qui débarquaient avec des millions de dollars. Ce qui lui a fait perdre son baquet. Par contre, il a une faim énorme. Il doit avoir fait 9000 heures de simulateur pour Mercedes. Il mérite son volant chez Renault. Il a la rage. Bon, on sait que cette saison est très particulière mais il est assuré de poursuivre sa collaboration avec Renault l’an prochain. C’est très chouette pour lui.

Vous roulez dans une voiture de sport, un modèle vintage ou les deux ?

Pour l’instant, j’ai un vieux Land Rover. En fait, cette voiture me sert aussi de loge. Quand je suis sur un tournage, je m’y repose, je me détends avec ma guitare. Mais je ne m’interdis pas de m’acheter, un jour, un belle voiture de course. Je voudrais économiser pour une monoplace. Je la laisserais sur un circuit auprès de spécialistes chargés de son entretien.

Ça vous arrive de rouler sur circuit ?

Oui. Raison pour laquelle je suis prudent sur la route. Je préfère assouvir ma passion de la vitesse dans un endroit sécurisé prévu pour ça.

Vous seriez tenté de piloter sur Francorchamps ?

Ah ça ! Mais je serais terrorisé par le Raidillon. Une succession de virages terribles où on ne voit pas la piste pendant un instant. Cette angoisse du Raidillon, j’ai compris pourquoi elle était si forte avec l’accident qui a coûté la vie à Anthoine Hubert l’an passé lors de la course en F2. Mais c’est sûr, j’aimerais connaître les sensations du plus beau circuit du monde. Je pourrais aussi grimper à bord d’un bolide piloté par un pilote expérimenté. J’ai déjà fait ça au Castellet dans une biplace, ça va très vite et on se sent en sécurité.

Ça vous plairait de donner le départ des 24 Heures de Francorchamps le 24 octobre ?

J’adorerais, je serais ravi.

 

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