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«Un bien piètre spectacle »: revue de presse européenne sur le sommet marathon de l’UE

Après trois jours et une nuit entière de négociation, les leaders européens se retrouveront à 16h, pour tenter de s’entendre sur le plan de relance post Covid-19 ainsi que sur le prochain budget de l’UE.

Temps de lecture: 3 min

Alors que le sommet était officiellement prévu pour durer deux jours, vendredi et samedi, les discussions se sont poursuivies à Bruxelles, dans la nuit de dimanche à lundi, pour tenter de trouver un accord sur un plan de relance européen post-coronavirus. Les négociations ont été suspendues aux aurores, après une nuit de consultations. Elles reprendront lundi à 16 heures. Ce n’était plus arrivé depuis l’an 2000 et un sommet européen à Nice, d’anthologie. Pour Le Soir, c’est « un véritable marathon ».

Après des heures de discussions qui n’ont pas permis de faire plier les Pays-Bas et leurs alliés « frugaux » (Danemark, Suède, Autriche et Finlande), tous très réservés sur ce plan défendu notamment par la France et l’Allemagne. La chancelière allemande, Angela Merkel, n’a pas écarté le risque d’un échec dans les négociations, remarque le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Pour le quotidien allemand libéral conservateur « il y a du mouvement au sommet spécial, mais il est déjà clair que la réunion a laissé de profondes blessures et que les forces de l’UE changent. C’est bien plus que la crise du coronavirus. »

Ces discussions entre les Vingt-Sept, plusieurs fois repoussées, ont repris autour d’un dîner dimanche soir vers 20h30. Pour Le Monde. « L’issue du sommet, le plus long des dirigeants de l’UE depuis celui de Nice en 2000 sur une révision des traités dans le cadre de l’élargissement à l’est (quatre jours et quatre nuits), reste très incertaine, l’unanimité nécessaire des vingt-sept Etats membres rendant un accord particulièrement difficile. »

Parmi les points de blocage, la répartition des 750 milliards d’euros dégagés (par l’emprunt) pour faire face à la récession provoquée par le coronavirus. Le Irish Times signale que l’économie continentale pourrait en effet se contracter de 8,3 % en 2020.

Les pays dits « frugaux » veulent des prêts plutôt que des dons accordés aux pays les plus touchés, l’Espagne et Italie en particulier. Au cours du sommet, Berlin et Paris ont accepté de baisser la part des dons de 500 à 400 milliards d’euros et d’augmenter la part des prêts de 250 à 350 milliards. Insuffisant pour les « frugaux » menés par Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais et qui ne veulent pas voir les subventions dépasser les 350 milliards.

« Un résumé un peu simple mais assez précis consiste à dire que les pays frugaux ont dynamité tous les ponts, l’un après l’autre », estime El Mundo. « Ils n’acceptent pas les propositions de consensus (…) et ont poussé la pression à son maximum », poursuit le titre espagnol.

Macron tape du poing sur la table

Au cours du dîner, le président français, Emmanuel Macron aurait tapé du poing sur la table pour dénoncer la mauvaise volonté des États dits « frugaux ». Pour le Figaro, « les leaders de l’UE auront donné un bien piètre spectacle ce week-end ».

En Italie, La Stampa s’étonne devant « un affrontement jamais vu et un bras de fer tendu ». La publication transalpine de centre-droit résumé le problème des fonds de relance, « 50 milliards divisent l’Europe. Les frugaux insistent avec leurs « réductions pour nous et moins d’aide ».

Face à cette situation de blocage, le Guardian met en garde, l’absence d’accord pourrait «  ternir le prestige de l’UE et soulever des questions sur sa capacité à agir en période de crise ». Le quotidien britannique de centre gauche conclut que même si les discussions aboutissent, « ce sommet amer a exposé la défiance toxique entre certains leaders ».

 

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7 Commentaires

  • Posté par Folino Antonello, mardi 21 juillet 2020, 17:01

    Oui, surement Michel. Il y en à UN qui es déjà sorti. Eux se réjouissent! Et NOUS...Non peut-être.

  • Posté par Folino Antonello, mardi 21 juillet 2020, 2:02

    Pareille pour moi David. Comment ne pas être d'accord avec Didier. Sinistre personnage ce Rutte, comme tout bon Hollandais radin, tout pour moi et rien pour les autres, mais premier a demander de l'aide quand il en as besoin. Il a une vision très réductrice de la solidarité européenne et veux surement faire parler de lui. Les politiques passent, les peuple reste. A mon avis il connait pas la leçon.

  • Posté par Tanghe Michel, mardi 21 juillet 2020, 12:47

    Il n'y a pas de "peuple" européen, juste 3 ou 4 groupes ethniques chapeautés par Washington...

  • Posté par Andre Georges-marc, lundi 20 juillet 2020, 14:49

    "Un bien piètre spectacle" ? Quand sortirons-nous du dictât des médias qui, s'ils font partie intégrante de la démocratie, ne font pour autant pas partie des élus et trop souvent nous assènent, contrairement à ce que leur déontologie devrait leur dicter, des messages tendancieux. Que les dirigeants européens discutent, négocient, argumentent et finalement fassent des compromis, quoi de plus normal. En quoi cela pourrait-il générer un piètre spectacle ? Les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres, mais il faut accepter de faire des concessions pour autant que celles-ci ne portent pas préjudice aux plus faibles (Etats, régions, individus). Malheureusement, les commentaires des médias traduisent plus l'impatience de leurs journalistes qui passent des heures et des nuits, et qui sont bien payés pour le faire, à attendre des compromis dont ils devront uniquement assumer la diffusion/publication. Que chacun reste à sa place, y compris les médias, et la cité (notre pays, l'Europe) sera mieux gérée.

  • Posté par Frippiat Yves-Marie, mardi 21 juillet 2020, 16:37

    Je souscris largement. Sous réserve de l'avant-dernière phrase, inutilement polémique, je trouve. Mais sur le fond, sur cette maladie de dénigrement de l'UE, tout à fait d'accord avec vous. Dans quel monde pourrait-on voir des décisions aussi complexes et lourdes d'enjeux se prendre en deux coups de cuiller à pot? Même dans une famille unie, des décisions unanimes à 27 seraient laborieuses. L'honnêteté intellectuelle et la bonne foi commandent de se réjouir de ce qui a pu être réalisé, quand bien même ce ne serait pas parfait.

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