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Influenceuses: les businesswomen des réseaux sociaux

Leur métier est d’inspirer, dénicher et créer les nouvelles tendances via leur page Instagram. Mais leurs rémunérations dépendent souvent de leur notoriété. Comment est-il possible d’en vivre ?

Temps de lecture: 3 min

Influenceuses, blogueuses, ou instragrameuses se sont multipliées ces dernières années sur la toile et la Belgique ne fait pas exception. Alors qu’à première vue, celles-ci mènent une vie de rêve ponctuée de cadeaux, de voyages et de rencontres, une réalité plus complexe se cache derrière leur quotidien.

Claire Marnette, connue pour son blog milkywaysblueyes, fait partie de celles qui se sont particulièrement démarquées ces dernières années. L’influenceuse originaire de la province de Liège a débuté en 2013 en publiant des photos, vidéos et tutos de mode et de voyages. Sept ans plus tard, son compte Instagram totalise plus de 175.000 abonnés. Aujourd’hui, elle réussit à vivre de sa passion qui est devenue un véritable business. Dans un article publié sur son site en 2017, elle s’indigne des clichés sur les blogueuses. « Mes journées, je les commence tous les jours à 7h du matin. Si je dois les commencer aussi tôt, c’est parce qu’elles vont être très remplies et qu’avant 22h, je n’aurai pas de répit. » Tournages, shootings et voyages dans le cadre de partenariats avec des marques sont fréquents. Mais la plupart du temps, Claire travaille chez elle et doit savoir gérer son entreprise, la relation avec les marques, les réponses aux mails et sur les réseaux sociaux. À 25 ans, elle doit être polyvalente et maîtriser les logiciels de retouches de photos et de montages vidéo tout en prenant le rôle quotidien d’une community manager et de conseillère en mode.

Mais peu d’influenceuses peuvent réellement en vivre. En Belgique, elles sont seulement une dizaine. « Notre métier a une place considérable dans le milieu publicitaire. Mais souvent, les rémunérations sont décuplées en fonction du nombre de followers. Une majorité combine leur blog avec des études ou un autre métier. »

Influenceuse, une appellation péjorative ?

Marie Conscience, 23 ans, est une jeune diplômée en relations publiques et publie des photos sur son compte Instagram consciencethriftshop depuis près de deux ans. Son but : conscientiser sa communauté sur l’importance de consommer de façon durable et éthique. « Je voulais montrer qu’on peut être stylé en s’habillant avec des vêtements de seconde main. Au travers de ma page, on peut trouver mes looks, mes bonnes adresses de friperies et les marques durables que je recommande. » Avec ses 2.300 abonnés, Marie a aussi partagé ses looks faits maison durant le confinement. « J’ai commencé à coudre en réutilisant mes anciens vêtements. Ça a eu beaucoup de succès. » La jeune femme collabore avec des marques belges écoresponsables et reçoit leurs produits et des goodies. Cette « rémunération » ne lui permet pas de vivre de son activité. « Pour cela, il faudrait des partenariats payés, de façon plus régulière que ce que je fais actuellement. Pour le moment, je ne veux pas en faire mon métier principal, mais que cela fasse tout de même partie de ma vie. »

Le terme d’influenceuse fait débat car il est parfois perçu de manière négative. « Il est associé au monde de l’achat et de la consommation, comme si on était uniquement là pour te faire acheter » explique Marie Conscience. « En tant que slowfashion lover, je veux justement que les gens achètent moins ou mieux. Je me sens influenceuse quand mes abonnés me questionnent, s’intéressent à mes contenus et me remercient de les avoir conseillés. Là, je me dis que j’ai rempli ma mission. »

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