Accueil Société

Le concepteur de l’application belge de contact tracing déjà mis en doute

Des références clients ont été retirées de son site, notamment Pizza Hut qui a fait retirer son logo n’ayant jamais collaboré directement avec l’entreprise. Cette dernière avait déjà posé question auprès des experts en technologie.

Temps de lecture: 3 min

Devside, le développeur désigné de l’application belge de contact tracing, est déjà mis en doute. Des références clients ont été retirées de son site. Pizza Hut a notamment fait enlever son logo parce qu’elle n’a pas collaboré directement avec DevSide, affirme mardi soir VRT NWS. Les autorités politiques maintiennent néanmoins leur confiance en la société.

Les experts en technologie se sont déjà posé des questions lorsqu’il s’est avéré que DevSide a été choisie pour développer l’application belge de coronatracing. L’entreprise est petite et peu connue. Il apparaît désormais que le site de DevSide mentionnait des références clients qui n’avaient pas lieu d’y être. Selon VRT NWS, les logos de Pizza Hut et Belfius ont ainsi disparu.

« Nous n’avons jamais travaillé directement avec DevSide », a fait savoir un porte-parole de Pizza Hut à la chaîne publique flamande. La chaîne de restaurants de pizzas a demandé à DevSide de supprimer son logo de son site.

Personne n’était disponible chez DevSide pour commenter cette information.

Du côté des politiques, le ministre compétent Wouter Beke renvoie vers le responsable informatique Frank Robben, lequel n’approuve pas ce que DevSide a fait mais assure que ce n’est pas sur base de cela qu’on doit juger mais bien sur base de l’offre de fond. « Les offres ont été évaluées par un jury composé de professeurs qualifiés », insiste-t-il. Il n’y avait que deux candidats pour développer l’application, et DevSide était apparemment dix fois moins cher que son concurrent. L’autre candidat, un consortium créé autour du groupe allemand SAP, était également moins flexible. Selon Frank Robben, le développement de l’application, qui devrait être prête en septembre, se déroule bien jusqu’ici.

Les Belges peuvent être certains que l’application sera sûre, estime M. Robben. Le développement est supervisé par les meilleurs scientifiques et une entreprise réputée examinera l’application pour la sécurité. Le code complet de l’application sera rendu public avant le lancement. Aucune donnée ne sera stockée chez DevSide, c’est pris en charge par l’institut Sciensano. Et toutes ces données seront anonymes, souligne encore Frank Robben.

L’application belge corona avertira les utilisateurs s’ils ont été en contact avec une personne infectée. La valeur ajoutée de l’application réside dans le fait qu’un lien sera fait entre des personnes qui ne se connaissent pas. Ce sera le cas, par exemple, de navetteurs assis les uns à côté des autres dans un bus. L’application belge fonctionnera via Bluetooth, et non sur base de données GPS. Le gouvernement ne pourra donc pas savoir où quelqu’un a été infecté.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

15 Commentaires

  • Posté par Vanleeuw Philippe, mercredi 29 juillet 2020, 11:45

    Plusieurs pays ont utilisé ce genre d'app. Mais vu le peu de personnes qui y adhère l'efficacité du traçage a peu - voir aucun - impacte sur le contrôle de la pandémie.

  • Posté par Smyers Jean-pierre, mercredi 29 juillet 2020, 11:16

    Sans vouloir chercher la petite bête, c'est une mission fédérale attribuée à un ministre relevant non pas du gouvernement national, mais du gouvernement flamand, le "ministre compétent Wouter Beke"? Il y a pourtant, au Fédéral, le Ministre Debacker ("on en fait assez pour le moment" + "ce sera fait la semaine prochaine") dont cela semble correspondre aux attributions (Ministre de l'Agenda numérique, [...] de la Protection de la vie privée [...]). Il y a la Ministre "dramaqueen" (Ministre [...] de la Santé publique [...]). Il y a aussi l'ineffable "m'as-tu bien remarqué?" De Crem (Ministre de la Sécurité et de l'Intérieur [...]). Au fil du temps, MM. Goffin et Geens avaient aussi hérité de parcelles de dossier apparemment en dehors de leurs domaines de compétences. Alors, que vient faire ici M. Beke? Pourquoi pas Jan Jambon (e.a. la numérisation), Hilde Crevits (e.a. innovation technologique et recherche fondamentale, stratégique et à but décisionnel) ? On met de toute façon tout francophone hors jeux. Les flamands sont tellement plus efficaces.

  • Posté par Spilman Marie-Anne , mercredi 29 juillet 2020, 10:39

    Au vu de l'appétence sans limites du Sieur Robben pour les données, il est de bon droit de s'interroger sur cette nième addition de système de contrôle des données publiques placés sous son autorité. Quelle confiance peut-on légitimement attendre d'un personnage trop souvent juge et partie dans la détention aux données confidentielles? La Belgique est-elle à ce point pauvre de ressources compétentes pour devoir accepter cette nouvelle centralisation abusive d'un seul individu sur les systèmes d'information? Soit la confiance dans ce nouveau système est totale et pleinement garantie par des tiers indépendants, soit il rejoindra la longue liste des grands travaux inutiles. Constant Depièreux

  • Posté par De Villers Léopold, mercredi 29 juillet 2020, 10:27

    Je suppose qu'il y avait un cahier des charges. Je ne connais pas la société choisie mais par contre, je connais très bien la société SAP et je ne suis pas étonné qu'il ne soit pas très flexible SAP ayant une structure très lourde et très très cher. Je me permets ce commentaire car j'ai été responsable informatique pour l'Europe de l'ouest d'un groupe Allemand qui à utilisé SAP pour diverses applications pendant près de 10 ans.

  • Posté par Raspe Eric, mercredi 29 juillet 2020, 10:31

    Plusieurs de mes employeurs ont utilisés des systèmes SAP pour la gestion des commandes. A chaque fois, c'était la galère : des usines à gaz très chères.

Plus de commentaires

Aussi en Société

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Geeko Voir les articles de Geeko