Strade Bianche: Van Aert préfère la poussière à la boue! (vidéos)

Strade Bianche: Van Aert préfère la poussière à la boue! (vidéos)
AFP

Le 1er août 2019, Wout Van Aert souffrait sur un lit d’hôpital, le corps en compote, sans savoir s’il pourrait jamais, un jour, retrouver le plaisir de la victoire. Pour ce surdoué, éclectique, capable de gagner un cross évidemment, mais également un sprint ou un chrono (il est le champion de Belgique de la spécialité) cette situation était déchirante, comme l’avait été l’action fatale d’une barrière de sécurité dans le chrono du Tour à Pau. Brillant vainqueur d’une étape d’anthologie à Albi, le Flamand avait sans doute découvert, avec certitude cette fois, qu’il avait autre chose dans les pattes qu’un avenir dans les labourés.

La fatalité le condamna pourtant à espérer, à souffrir, à reprendre le chemin de la clinique car les premiers soins avaient été mal prodigués au point que les reins avaient été atteints. Sa reconstruction fut longue, très longue et le seul moyen pour lui de retrouver la bicyclette en compétition fut… le cyclo-cross, en décembre, devant des supporters tellement ravis de le voir, même si van der Poel, son rival de toujours, ne lui laissa strictement rien sur les labourés, sinon la certitude que son corps avait retrouvé la mobilité nécessaire à la pratique de sa profession.

Huit mois après ce cross de Loenhout, dans des conditions climatiques caniculaires, poussiéreuses et asphyxiantes, Wout Van Aert a réalisé un authentique exploit en étant acteur à tous les échelons d’une course rapidement décidée. Et sans van der Poel, tétanisé comme d’autres favoris, soit sur crevaison, soit par la chaleur, soit par soif.

À 50 kilomètres de l’arrivée, il restait au bas mot 8 coureurs capables de l’emporter, dont nos compatriotes Van Aert et Van Avermaet. Accompagné du redoutable Fuglsang, du champion d’Italie Formolo, de Bettiol, vainqueur du Tour des Flandres mais aussi de Schachmann, autoritaire lauréat de la dernière épreuve World Tour disputée jusque-là, Paris-Nice, Van Aert a déposé ses derniers compagnons d’échappée à 13 kilomètres du but.

« Aucun ne m’effrayait plus qu’un autre dans l’échappée mais, après deux tentatives ratées ces dernières années (deux fois troisième en 2018 et 2019 !), je ne voulais plus laisser passer ma chance », confia-t-il. « Je connais parfaitement le parcours de cette course dont je suis tombé amoureux en 2018. J’ai donc saisi ma chance à fond et cela a fonctionné. Je suis très heureux. Je ne vais pas commencer à comparer avec ma victoire à Albi au Tour, c’est très différent ici. Les Strade Bianche, c’est une classique de renom, même si elle est plus jeune que les autres. Il suffit de regarder le palmarès. »

Sur la Piazza del Campo de Sienne, Van Aert a fait retentir la Brabançonne. Le public belge, très nombreux dans les zones où il était admis a pu communier avec lui, certes à distance, dans un magnifique moment de partage. Quel week-end pour le cyclisme belge !

 
 
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