Négociations fédérales: le MR pointé du doigt, Ecolo invité à la table

Le MR et son président Bouchez sont ciblés, mais personne ne nous parle d’exclusive à leur égard à ce stade. © Pierre-Yves Thienpont
Le MR et son président Bouchez sont ciblés, mais personne ne nous parle d’exclusive à leur égard à ce stade. © Pierre-Yves Thienpont

Oserait-on encore l’écrire, quatorze mois après les élections ? Les négociations en vue de la formation d’un gouvernement fédéral devraient connaître une énième semaine cruciale. Les préformateurs Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA) doivent faire rapport au Roi ce samedi 8 août. Et donc tenter d’associer d’ici là, pour obtenir une majorité, au moins un autre partenaire aux cinq partis prêts à négocier que sont le PS, la N-VA, le CD&V, le SP.A et le CDH, qui ne disposent que de 70 sièges sur 150 à la Chambre. Dès vendredi toutefois, le président de la N-VA cadrait cet élargissement potentiel, en lançant : «Personne n’est encore partisan du MR au gouvernement.» Autrement dit : le seul parti francophone s’étant allié jusqu’ici à la N-VA est exclu par le même parti nationaliste. Mais les autres partis sont-ils vraiment sur la même longueur d’ondes ?

On ne trouve personne pour le dire aussi nettement que De Wever ou pour formuler une exclusive. Mais en coulisses, plusieurs s’irritent de l’attitude des libéraux, singulièrement de la publication de leur note de revendications la semaine dernière, parallèlement au travail des préformateurs. « Il y a un souci avec les libéraux », admet-on à bonnes sources. D’autant, argumente-t-on, qu’ils veulent accentuer la dégressivité des allocations de chômage et plafonner la norme de croissance des soins de santé, « au moment où le corona fait de nouveaux chômeurs et où l’on ne peut couper dans les soins de santé. Impossible ! » Sans parler de la réticence bleue à accepter une nouvelle réforme de l’Etat.

Voilà pour le fond – sachant que le coup de sang de Bart De Wever visait aussi à mettre la pression sur les libéraux, singulièrement le VLD qu’il espère déscotcher du MR.

« Le problème aujourd’hui, ce n’est pas le MR mais Georges-Louis Bouchez »,

Mais sur la forme aussi, on s’inquiète, en visant le président du MR Georges-Louis Bouchez personnellement : « Le problème aujourd’hui, ce n’est pas le MR mais Georges-Louis Bouchez », ose même un négociateur. « Il est insaisissable. Et obnubilé par la presse. Il y a un déficit de confiance à son égard. » « D’autant qu’il est l’auteur de fuites, ce qui ne crée pas un climat de confiance », abonde-t-on ailleurs. L’impression partagée étant que les libéraux voudraient faire avorter la tentative de Magnette et De Wever, comme le craint aussi le président du CDH dans l’interview ci-contre. « On n’a pas le sentiment qu’ils sont de bonne volonté, mais plutôt qu’ils s’accrochent au gouvernement Wilmès », nous glisse-t-on.

Les libéraux renvoient évidemment la balle dans le camp opposé, jugeant que ces attaques masquent plutôt des dissensions (notamment institutionnelles) entre socialistes et nationalistes. Quoi qu’il en soit, les verts aussi sont interpellés par le club des cinq : « Ecolo devrait gérer sa victoire électorale et assumer de prendre des risques », entend-on. « Pour le moment, les verts sont au balcon. » Mais ils en descendront au moins temporairement : ce mardi, ils ont en effet été invités à un rendez-vous avec les préformateurs, donc avec la N-VA aussi. Qu’Ecolo avait refusé de rencontrer précédemment.

Sans avancée avec les verts ou les bleus pour la fin de semaine, certains prédisent la fin de l’aventure PS-N-VA…

Retrouvez l’entretien de Maxime Prévot sur Le Soir+: «Pas de veto mais on ne comprend plus l’attitude du MR»

 
 
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