«Groenewegen ne doit pas être lynché sur la place publique», un ancien coureur critique l’attitude de Patrick Lefevere

Dylan Groenewegen
Dylan Groenewegen - Photo News

Des critiques virulentes qui sont venues d’un peu partout et que l’ancien sprinteur français Romain Feillu ne partage pas complètement. « Groenewegen ne doit pas être lynché sur la place publique. Bien d’autres facteurs sont à prendre en compte pour expliquer cette issue malheureuse », a-t-il déclaré dans un entretien avec le site spécialisé Cyclismactu.net.

« Ce que doit vivre Groenewegen depuis l’accident, c’est la pire des sanctions. Il donnerait sa carrière entière pour sauver la vie de Fabio Jakobsen, c’est sûr. De toute façon, sa vie est ruinée par la culpabilité. Il ne peut que se sentir coupable, il n’a pas besoin qu’on l’enfonce. Quand je vois les propos de Patrick Lefevere, je me demande ce qu’il veut… Il y a déjà Jakobsen qui est entre la vie et la mort et il veut que l’autre se donne la mort de culpabilité ?! Ce n’était pas un acte réfléchi de la part de Groenewegen. »

S’il éprouve de la compassion pour Groenewegen, l’ancien maillot jaune pour un jour du Tour de France 2008 ne nie pas les responsabilités du coureur Jumbo-Visma. « C’est incontestable qu’il ait fait une erreur. Il change déjà de ligne de façon assez progressive et sur la fin, il sent qu’il va être dépassé – car un sprinteur a une très bonne vue et sent quand un coureur recommence à monter au pédalier – et il serre sur la droite. Mais c’était déjà trop tard car Jakobsen était déjà engagé et avec une bonne différence de vitesse. Groenewegen aurait dû rouvrir la porte et se laisser doubler, mais il ne l’a pas fait… Il a fait une erreur d’appréciation mais ce que je sais, pour en avoir discuté avec plein d’autres sprinteurs, c’est qu’on n’ouvre pas une porte. »

L’écart de Groenewegen n’est d’ailleurs pas le seul facteur qui a rendu la chute de Jakobsen si dangereuse. « Groenewegen est beaucoup plus jugé pour les conséquences de son geste que pour son geste en lui-même. Mais ce n’est pas le seul coupable, il y a d’autres choses à souligner. Je me demande d’ailleurs comment les barrières ont pû se détacher comme ça, mais elles ne devaient pas être attachées les unes aux autres. Il y a beaucoup d’autres questions à se poser plutôt que de sanctionner le coureur et dire qu’il est le seul responsable. »

Et d’ajouter : « On a vu des choses beaucoup plus graves de la part de plein de coureurs qui peuvent le critiquer aujourd’hui, et notamment des coureurs de Patrick Lefevere. Je me souviens de la première étape du Tour de France 2007 à Canterbury. Je remontais Tom Boonen sur la gauche et il m’a tassé… C’était aussi très, très dangereux. Si je ne freinais pas et si je forçais le passage, je tombais aussi à une vitesse folle ! »

 
 
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