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Précarité: les sans-abri sont une proie de choix pour le Covid-19

Une étude menée à l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles sur une dizaine de sans-abri démontre que ceux-ci ont plus de risques d’être hospitalisés que le reste de la population.

Temps de lecture: 2 min

Les sans-abri, vraisemblablement parce qu’ils sont exposés à une plus forte promiscuité que le reste de la population, ont davantage de risques d’être hospitalisés suite à une contamination Covid-19, selon une étude menée entre le 3 mars et le 26 mai dernier par six chercheurs du CHU Saint-Pierre, à Bruxelles, et de l’ULB. Leur travail vient d’être publié sur le site de la revue «Clinical Microbiology and Infection».

Plus précisément, les chercheurs se sont penchés sur le profil des patients de l’hôpital Saint-Pierre souffrant de Covid-19 : 238 malades, dont 14 sans-abri. Relevant que Saint-Pierre prodigue des soins à un bassin de 122.808 personnes d’une part, que le dernier recensement – effectué en novembre 2018 par le Centre d’appui La Stara – fait état de 2151 hommes et femmes sans-abri vivant à Bruxelles d’autre part, les chercheurs en déduisent que les seconds ont trois fois plus de risques d’être hospitalisés suite à une infection Covid-19 que les premiers.

« Les sans-abri sont, de manière plus générale, plus exposés aux maladies contagieuses, que ce soit le coronavirus, la grippe, la tuberculose », précise Nicolas Dauby, spécialiste des maladies infectieuses au CHU Saint-Pierre et co-auteur de cette étude. Un autre travail, mené en janvier 2019 aussi à l’hôpital Saint-Pierre avec la collaboration du Dr Dauby, avait démontré que les sans-abri sont beaucoup plus exposés au streptocoque, une autre maladie infectieuse, que le reste de la population. Une fragilité qui s’explique pour grande partie par la promiscuité dans les abris de jour et de nuit ainsi que par l’accès parfois difficile à des installations sanitaires dignes de ce nom. « Mais notre travail démontre aussi que notre système de santé fonctionne bien car les sans-abri sont médicalement bien suivis », reprend le Dr Dauby. « Ça démontre aussi que cette population doit bien être prise en compte lors des campagnes de dépistage et de vaccination. »

Bien que l’effectif de sans-abri (14 personnes) soit très faible, les chercheurs relèvent que ceux-ci présentent le même taux de comorbidités (diabète, hypertension, troubles cardiovasculaires) que les autres patients atteints du Covid-19.

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