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Liban: malgré la démission du gouvernement, la colère ne retombe pas à Beyrouth

Six jours après la terrible explosion qui a ravagé Beyrouth, les Libanais en veulent plus que jamais à leurs dirigeants. La classe politique est ébranlée, le Premier ministre Hassan Diad a annoncé sa démission lundi soir.

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La colère ne retombe pas à Beyrouth. Quelques minutes après l’annonce de la démission du Premier ministre Hassan Diab, des milliers de Libanais rassemblés au centre-ville de Beyrouth ont repris les manifestations.

« Le gouvernement, c’est un début, mais on veut beaucoup plus que ça. Les politiciens sont tous corrompus, c’est eux qui nous ont menés à ce drame. Ils doivent prendre leurs responsabilités et partir, partir ! Ils sont en train de nous tuer ! », dit Rola, une étudiante de 21 ans venue avec un drapeau libanais et un casque de vélo pour se protéger des jets de pierre.

Si le départ du Premier ministre ne calme pas la rue, c’est que cela arrive souvent au Liban. La chute du gouvernement fait entrer le pays dans une nouvelle phase de paralysie politique où les ministres sortants se contentent d’expédier les affaires courantes mais la classe politique reste en place.

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1 Commentaire

  • Posté par Lambert Guy, mardi 11 août 2020, 9:31

    Hassan Diab, chef du gouvernement affirme : « La machine de corruption est plus forte que l’Etat ». Cela démontre que l'Etat a abandonné son pouvoir régalien. L'Etat libanais a choisi de ne pas construire une administration forte, équipée, organisée et mise à l'abri des "tentations". Pourquoi? Comment expliquer cela? Elie Naccache, citoyen libanais l'explique: « ... Ils (Les politiques) ne nous donnent pas d’eau ni d’électricité, les écoles publiques sont abandonnées, les hôpitaux publics aussi. » Depuis des dizaines d'années, l'Etat libanais applique une politique ultra-libérale. Tout est privatisé, les services publics sont réduits au minimum (et même moins puisqu'on voit que ceux existant ne fonctionnent pas). L'alibi de la corruption ne peut être avancé comme principale cause du drame libanais car si telle était la motivation première des politiques, ils auraient justement organisé un système public développé leur permettant de toucher pots-de-vin, détournements de marchés publics, copinages dans l'octroi des marchés. Ce qui a tué le Liban, c'est bien l'ultra-libéralisme. Tant que les politiques et les médias ne reconnaitront pas ce fait, un nouveau Liban moins privatisé, plus social, disposant d'une administration efficace, avec des écoles publiques gratuites de qualité et des entreprises versant l'impôt dû, ce nouveau Liban ne pourra pas voir le jour. Le fond du problème n'est pas la corruption. Cette corruption n'est que le résultat de l'abandon de l'Etat.

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