Port du masque obligatoire à Bruxelles: «C’est un peu tirer au canon sur une mouche»

Port du masque obligatoire à Bruxelles: «C’est un peu tirer au canon sur une mouche»

Jeudi dernier, dans le cadre d’une réunion entre le ministre-président, il avait été convenu par les 19 bourgmestres et la haute fonctionnaire de l’arrondissement de Bruxelles, que le port du masque généralisé à l’ensemble de la Région bruxelloise serait décrétée une fois franchi le seuil d’incidence de 50 cas pour 100.000 habitants.

Ce seuil a été franchi ce mercredi matin. À partir de ce jeudi, les Bruxellois devront porter le masque sur l’ensemble du territoire de la capitale. Si cette décision avait été prévenue, elle est toutefois critiquée par les experts.

Pour l’épidémiologiste de l’UAntwerp, Pierre Van Damme, les autorités ont trop tardé à agir. « On aurait dû décider cela 48 heures plus tôt, on voyait déjà la courbe remonter », a-t-il déclaré auprès du Het Laatste Nieuws. L’épidémiologiste estime que Bruxelles connaît la même situation qu’Anvers avec deux semaines de retard. « Certains quartiers, où le niveau socio-économique est plus bas, sont davantage touchés », a-t-il constaté. C’est pourquoi Pierre Van Damme est d’avis qu’il faille une sensibilisation particulière dans chaque quartier. « Il est essentiel de ne pas se rassembler pour vaincre l’épidémie, rappelle Pierre Van Damme

Son de cloche totalement différent du côté du professeur en santé publique Yves Coppieters à l’ULB, c’est une mesure « trop forte » par rapport à la situation. « Jusqu’à présent, le port du masque était obligatoire dans les rues commerçantes et quartiers urbains et cela me semblait tout à fait proportionné », a expliqué l’épidémiologiste à 7 sur 7. « L’élargir davantage, ça n’a de sens que pour stimuler ceux qui ne le portaient pas à le faire désormais. Mais c’est une mesure trop généralisée. » Yves Coppieters reconnaît que cela facilitera la communication et le contrôle, mais l’obligation du port du masque est pour lui « un principe de précaution trop fort ».

Jean-Luc Gala, professeur à l’UCLouvain, n’aurait clairement pas pris cette décision radicale : « C’est un peu tirer au canon sur une mouche. La mesure a le mérite d’être claire, certes, mais si vous ne pouvez pas associer à la mesure une justification scientifique qui emporte l’adhésion de la population, cela ne suffit pas. »

 
 
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