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Entre l’enclume de la pandémie et les coups de marteau de sa gestion …

Carte blanche - Chef adjoint au service Culture Temps de lecture: 3 min

Les décisions prises le lundi 27 juillet 2020 par le Conseil national de sécurité, réduisant de moitié les jauges de fréquentation du public tolérées en plein air comme en intérieur décidées en juin, additionnant désormais deux mesures contraignantes (la distanciation physique et le port du masque plutôt que d’en laisser le choix) et laissant à l’autonomie communale le soin d’accepter ou d’interdire selon on ne sait quel critère les manifestations, placent le secteur des arts de la scène et de l’événementiel dans une situation extrêmement préoccupante, voire kafkaïenne. Elles plongent les opérateurs qui avaient pris soin de redimensionner leurs festivals ou leurs saisons entières en tenant scrupuleusement compte des directives émises en juin, dans une impasse jamais encore rencontrée. Elles instaurent un régime discriminatoire entre les moyens de transport collectif (train, tram, autocar, autobus, avion) et les salles de spectacles, dont on a peine à comprendre la logique : pourquoi peut-on être assis côte à côte dans un de ces moyens de transport parfois pour plusieurs heures, alors qu’on ne peut l’être sur des gradins en plein air comme en intérieur ?

Elles privilégient l’autonomie communale et sa capacité d’exercer pleinement ses responsabilités, induisant par ricochet des iniquités de traitement et des situations rocambolesques. Elles laissent les opérateurs dans un brouillard complet, dans l’incapacité de mener à bien et d’organiser les missions artistiques et sociales qui leur sont assignées par contratprogramme ou convention, les forçant déjà, pour certains d’entre eux, à l’annulation pure et simple des spectacles prévus en ouverture de saison, avec toutes les conséquences néfastes qui en résultent en premier lieu pour tous les artistes, les techniciennes et techniciens engagé.e.s à durée déterminée (erronément appelé.e.s les prestataires finaux), mais aussi pour les équipes permanentes et toute la chaîne des entreprises impliquées dans l’accompagnement et la logistique des activités artistiques.

Elles réduisent à rien, sans concertation préalable, tous les efforts entrepris depuis le début de la pandémie par tous les acteurs de terrain. Il en est d’une saison artistique comme d’un navire, le temps qui précède l’appareillage ou qui suit l’arrêt des machines est un temps long qui ne se prête pas à l’improvisation, et si nous sommes conscients de l’instabilité de la situation sanitaire et de la difficulté qu’il y a à la gérer, nous estimons que les autorités se doivent de répondre avec clarté et le 25 août 2020 au plus tard, aux deux demandes que nous formulons :

• pouvoir accueillir les spectateurs au départ d’une jauge établie à 60% de la jauge réelle de chaque salle et de 80% pour les salles de moins de 200 places.

• avoir le choix entre imposition du port du masque tout au long de la représentation ou distanciation physique de 1,50 m.

Nous ne prenons pas à la légère la situation sanitaire que nous traversons ; les propositions formulées sont équilibrées (et pour la seconde, déjà pratiquée dans les transports collectifs) et tiennent compte des facteurs sociétaux, budgétaires et artistiques qui déterminent nos activités.

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