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Grave chute de Remco Evenepoel au Tour de Lombardie: un champion rebondit toujours

Un champion, touché dans son intégrité physique, atteint moralement alors que tout lui était promis rebondit toujours.

Commentaire - Temps de lecture: 3 min

Cher Remco Evenepoel,

Ce message, nous aurions aimé l’adresser à Bjorg Lambrecht, à Antoine Demoitié, à Michael Goolaerts, à tant d’autres fauchés sur le tarmac d’une course cycliste. Cette lettre, à l’inverse d’eux, vous pourrez la lire dans le désarroi de vos souffrances physiques mais surtout morales car le toit du monde vous tendait les bras. « The sky is the limit » comme on dit aujourd’hui dans le langage branché universel.

Votre séjour impromptu entre ciel et terre, plus rapide encore qu’une étoile filante dans cette descente de Sormano plus adaptée à un parc d’attractions qu’à la course vous a ramené en une micro-seconde à la dure réalité de l’inconcevable. On peut donc être battu par la malchance, une crevaison, un ennui mécanique, une chute, aviez-vous répété en préfaçant ce Tour de Lombardie.

Eddy Merckx, à qui la presse mondiale vous compare déjà sans considérer que les époques ont changé et qu’elles sont incompatibles avec les performances antérieures, a également connu la frayeur de sa vie, un jour de septembre 1969 sur le vélodrome de Blois. Son guide de derny, Fernand Wambst y succomba. Eddy en restera marqué pour l’éternité malgré le palmarès orgiaque qu’il s’est construit ensuite.

Voilà où nous venions en venir, cher Remco. Un champion, touché dans son intégrité physique, atteint moralement alors que tout lui était promis rebondit toujours. Et puisqu’on vous compare à Eddy, pourquoi n’en feriez-vous pas autant ? On ne doute pas une seconde de la réponse.

À 20 ans, on répare plus rapidement un moteur. Et même plus vieux. Regardez votre ami Philippe Gilbert, passé au-dessus d’un muret exactement comme vous samedi, lors d’une étape du Tour. Dans le Portet-d’Aspet, cet horrible col qui coûta la vie à Fabio Casartelli. C’était en juillet 2018 et en avril de l’année suivante, votre aîné de 18 ans remportait Paris-Roubaix.

C’est moralement qu’il est plus difficile de se reconstruire, de revenir, d’épater. Vous êtes entouré d’une famille formidable, d’une « meute de loups » où on ne laisse tomber personne, surtout un louveteau. Vous êtes surtout animé, car c’est votre personnalité, d’un caractère qui vous permet de vaincre les autres. Bassin en compote ou pas, vous ne perdrez jamais cette faculté, cette évidente maîtrise d’un sport pourtant soumis aux impondérables.

On vous reverra donc plus fort dans quelques mois. D’où cette interrogation fascinante, même si tout le monde est effondré à l’idée de ne plus vous voir rouler cette année : que pourrait être en 2021 un Remco Evenepoel plus fort qu’en 2020 ? Un vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, un champion olympique, deux de vos obsessions. À très vite, donc !

 

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