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«Le peuple du Bélarus a le droit de décider de son avenir»: Charles Michel convoque un sommet extraordinaire

Le président du Conseil européen convoque un sommet extraordinaire par vidéoconférence mercredi sur la situation au Bélarus.

Temps de lecture: 3 min

Charles Michel, président du Conseil européen, a convoqué pour mercredi 12h une réunion extraordinaire, par vidéoconférence, des chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept sur la situation au Bélarus, a-t-il annoncé lundi via Twitter.

« Le peuple du Bélarus a le droit de décider de son avenir et d’élire librement son dirigeant. Les violences contre les manifestants sont inacceptables », a-t-il commenté.

La situation au Bélarus évolue rapidement ces derniers jours et le président du Conseil la suit de près, en contact permanent avec ses collègues du Conseil, selon son entourage. L’Union a l’intention d’envoyer un message important de solidarité envers la population de ce pays, dont le gouvernement est soutenu par la Russie.

Les employés de plusieurs usines de Minsk ont manifesté lundi à l’appel de l’opposition bélarusse, qui a annoncé une grève générale dans la continuité de la gigantesque manifestation de la veille pour pousser le président Loukachenko au départ. La candidate d’opposition à l’élection présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, s’est pour sa part dite prête à « assumer ses responsabilités » et gouverner le pays dans une vidéo enregistrée en Lituanie, où elle est réfugiée.

Au pouvoir depuis 1994

Un immense défilé réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes, considéré comme le plus grand rassemblement d’opposition de l’histoire du Bélarus, avait été organisé dimanche à Minsk pour exiger le départ du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994.

La victoire électorale de ce dictateur, le 9 août dernier, a été perçue comme largement truquée, alors que la mobilisation en faveur de son inattendue rivale, Svetlana Tikhanovskaïa, a enflammé le pays.

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L’Allemagne, qui assure la présidence de l’Union européenne, a menacé ce lundi d’étendre les sanctions déjà décidées contre des responsables du Bélarus, après les violences contre les manifestants.

« Nous voyons aussi la possibilité d’étendre les sanctions à d’autres responsables » du pays, a déclaré à la presse Steffen Seifert, porte-parole d’Angela Merkel, en plaidant pour que l’Organisation pour la sécurité et la coopération (OSCE) soit chargée d’une mission de médiation visant à vérifier les résultats du scrutin.

De son côté, le Royaume-Uni a dit refuser les résultats de l’élection du 9 août et vouloir « sanctionner les responsables » de la répression des manifestations. Il a lui aussi réclamé une enquête indépendante de l’OSCE.

Toujours sous le coup d’un embargo

L’Union européenne avait décidé vendredi de sanctionner la répression au Bélarus. Une liste de personnes accusées d’avoir organisé et procédé à la répression au Bélarus va être établie et elle sera soumise pour approbation aux Etats membres. Le Bélarus est toujours sous le coup d’un embargo sur les ventes d’armes et de matériel pouvant être utilisé pour la répression. Quatre personnes sont déjà interdites de séjour dans l’UE et leurs avoirs ont été gelés depuis 2016. Les nouveaux noms s’ajouteront à cette liste.

Au Parlement européen, cinq des plus grands groupes politiques (PPE, S&D, Renew, Verts/ALE et CRE) ont uni leurs voix ce lundi pour réclamer de nouvelles élections et condamner les violences contre les manifestants.

« Les élections présidentielles du 9 août n’ont été ni libres ni honnêtes. Des rapports crédibles vont dans le sens d’une victoire de Svetlana Tikhanovskaya. C’est pourquoi nous ne reconnaissons pas Alexandre Loukachenko en tant que président réélu et le considérons comme persona non grata dans l’Union européenne », ont affirmé ces formations paneuropéennes.

 

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9 Commentaires

  • Posté par Lombard Fernande, mardi 18 août 2020, 12:13

    La Biélorussie a près de 1.000 kms de frontière commune avec la Russie. Et cette particularité intéresse l'OTAN au plus haut point. C'est l'organisation américaine qui décidera LA solution ...

  • Posté par Stoob Spyridon, lundi 17 août 2020, 18:06

    Mr Michel occupez vous d'abord de Union Européenne. La Turquie menace 2 membres de UE et que faites vous? Ou sont les mesures contres les turcs? C'est vrai qu'il est plus facile de s'en prendre a la Biélorussie. Un peu de courage svp.

  • Posté par Coppens Jean-pierre , lundi 17 août 2020, 19:35

    Ce n’est pas si simple, à mon avis. L’Italie, membre de l’UE et de l’OTAN, et la Turquie ont des intérêts convergents en Libye. L’ENI compagnie nationale italienne, exploite des gisements de pétrole en Tripolitaine, défendue par les Turcs contre le maréchal Haftar. Et je ne connais pas la position de l’Allemagne, avec son million d’immigrés turcs.

  • Posté par Delpierre Bernard, lundi 17 août 2020, 17:40

    La Bielorussie ne fait partie de la CE et pas davantage de l'Otan,par contre la Turquie, membre de l'Otan qui ouvertement brave le droit maritime au détriment de la Grèce ne reçoit d'admonestation que de la France., le conseil européen reste muet, c'est étrange non. Quant à l'Otan, il vaut mieux ne pas évoquer son passéisme total...

  • Posté par Stoob Spyridon, lundi 17 août 2020, 18:19

    L'Otan est une organisation qui aurait du être dissoute après la fin du pacte de Varsovie, mais continu a exister pour servir les intérêts du complexe militaro-industriel américain (surtout). Et par tous les moyens on veut nous persuader que la Russie est notre ennemi (on met en doute même son vaccin contre le covid). Et ne venez me parler de la Crimée car il y a des précédents (Kosovo, Chypre du Nord) mais surtout l'actualité de l'agressivité turque en Méditerranée ou en Libye. Quelles mesures contre la Turquie? Rien

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