Décès de Jozef Chovanec à l’aéroport de Charleroi: la policière qui a effectué le salut hitlérien écartée

L’agent qui a effectué le salut hitlérien n’est plus autorisé à effectuer des services opérationnels ou à être en contact avec le public, a décidé mercredi la police fédérale.
L’agent qui a effectué le salut hitlérien n’est plus autorisé à effectuer des services opérationnels ou à être en contact avec le public, a décidé mercredi la police fédérale. - DR

Les faits remontent au 23 février 2018, à l’aéroport de Charleroi. Jozef Chovanec avait posé des difficultés au personnel lors de son embarquement vers Bratislava. Le trentenaire aurait bousculé une hôtesse de l’air, motivant la décision du commandant de bord de refuser de décoller en sa présence. La police fédérale aéroportuaire avait alors été requise pour le maîtriser et le passager s’était rebellé sur le tarmac. Placé en cellule dans les locaux de la police fédérale, il s’était porté des coups violents, obligeant les policiers à intervenir de nouveau pour le maîtriser. Lors de cette opération, l’individu avait fait un arrêt cardiaque et était décédé quelques jours plus tard.

Violences policières ?

Une enquête avait été ouverte pour faire la lumière sur les événements. Les proches de la victime s’étaient constitués partie civile devant un juge d’instruction de Charleroi. Selon Het Laatse Nieuws, la victime aurait subi des violences policières et le comportement de certains des policiers intervenus auprès de la victime poserait problème. « Sur des photos, on voit une policière mimer un salut hitlérien et d’autres policiers rire. Un des policiers se trouvait appuyé sur la victime pendant plusieurs minutes », a détaillé Ann Van de Steen, avocate des proches, qui réclame par ailleurs la désignation d’un nouveau juge d’instruction.

Deux ans après les faits, les proches de la victime se plaignent de la lente progression de l’enquête. Le parquet a confirmé, mercredi, que le dossier est toujours à l’instruction, estimant que l’enquête serait bientôt terminée. D’après les autorités, « les proches de la victime ont sollicité, à deux reprises, des devoirs complémentaires concernant l’audition de plusieurs personnes et une expertise médico-légale. La dernière requête remonte au mois de février dernier. Mais avec la crise du Covid-19, il y a eu un retard. Tous les policiers impliqués dans l’intervention policière ont été auditionnés. »

Comportement inacceptable

Vincent Houssin, du syndicat SLFP, juge « totalement inacceptables et inappropriés » le salut hitlérien et la danse effectués à proximité de l’homme. « Je les condamne fermement et je ne comprends pas non plus quel est le but. » Mais il se montre plus prudent concernant les autres faits. « L’homme est clairement hors de contrôle », ajoute-t-il. « Nous ne connaissons pas suffisamment le dossier pour pouvoir accuser les agents. Il faut donc rester prudent. » Le SLFP et le syndicat SNPS s’étonnent également que ces images resurgissent deux ans plus tard. Par ailleurs, l’agent qui a effectué le salut hitlérien n’est plus autorisé à effectuer des services opérationnels ou à être en contact avec le public, a décidé mercredi la police fédérale.

 
 
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