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Carte blanche: «Une réforme de l’État ne se joue pas sur un coin de table»

Il serait justifié que les règles fondamentales de la communauté politique soient délibérées directement par ses membres, affirme John Pitseys (Ecolo) dans une carte blanche

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Temps de lecture: 5 min

Au vu de la crise sanitaire que nous vivons, la résurgence du débat sur la réforme de l’État semble sans doute coupée des problèmes les plus urgents des citoyens. Mais qu’il s’agisse de réformer nos systèmes de soins de santé ou d’assurer la coordination de l’action publique face à la crise, il est difficile de mener des politiques justes et efficaces en se dotant d’institutions injustes et inefficaces.

Quel outil utiliser pour réformer l’outil ? Si la plupart des décisions politiques sont déléguées aux représentants politiques, essentiellement pour des raisons fonctionnelles, la démocratie est avant tout un régime politique fondé sur le partage égal du pouvoir. Dans ce cadre, il serait justifié que les règles fondamentales de la communauté politique soient délibérées directement par ses membres et que les réformes de l’Etat soient donc soumises à la consultation directe de la population belge.

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13 Commentaires

  • Posté par Goussaert Filip, lundi 24 août 2020, 12:59

    Le referendum est généralement pas un bon outil...trop souvent un ras le bol est exprimé, on est contre la proposition du gouvernement. Exemples, brexit, constitution européenne en France et Pays-Bas. Et en effet, la Question Royale, qui était plutôt loin d'un vote linguistique, plutôt un vote politique, suivi de la violence dans la rue....pour ne pas accepter le résultat. C'est donc loin d'une méthode démocratique. ...

  • Posté par Biot Philippe, dimanche 23 août 2020, 15:48

    Dans nos démocraties, le débat se fait au Parlement.....entre personnes élues démocratiquement, et donc entièrement légitimes. Mais pas toutes expertes dans tous les sujets. Il y a des commissions sensées réunir des compétences....de différents partis, donc d'opinions variées. Mais le public ne se sent pas nécessairement concerné, ou intéressé....ou impliqué ou informé. Je partage donc entièrement l'avis et l'inquiétude de l'auteur de la carte mais pas sa solution. Avec le coronavirus, on s'aperçoit que des politiques de haut niveau (élus) prennent l'avis d'experts reconnus (non élus mais choisis et respectés) et aboutissent à des conclusions qui déplaisent à une partie importante de notre population....qui considère d'autres arguments que les arguments sanitaires. Quel que soit le système on ne fait jamais l'unanimité. Comment impliquer les citoyens dans les débats et particulièrement dans les débats institutionnels? Je ne vos pas.

  • Posté par Groupe Ecolo, dimanche 23 août 2020, 16:01

    Je (l'auteur de ce texte donc) n'ai rien contre la représentation politique, puisque j'en fais partie également. Je pense toutefois que certaines décisions ne peuvent plus être purement et simplement laissées aux représentants politiques. Une des raisons exposées dans le texte en est que les processus de négociations ayant menés aux réformes de l'Etat passées se sont avérés assez dysfonctionnels dans l'ensemble: peu rationnels, peu raisonnables, peu délibératifs, peu lisibles. La démocratie ne se résume pas au gouvernement représentatif, qui est lui-même un compromis entre différentes légitimités politiques (légitimitation élitiste, libéralisme politique, assentiment démocratique). De nombreux pays associent démocratie représentative et démocratie directe, sans désastre apparent. ne serait-il pas temps de faire de même ? :)

  • Posté par Biot Philippe, dimanche 23 août 2020, 12:49

    Le parallèle avec la question royale est seulement ébauché. Il me semble que l'auteur de cette carte blanche ne s'y est pas assez intéressé. Je copie/colle sur wallonie.be: ""si 58% des Belges se disent favorables au retour de Léopold III, ils sont 72% de Flamands à avoir dit OUI, contre 58% de Wallons à avoir dit NON. Les Bruxellois, quant à eux, comptent autant de OUI (49,8%) que de NON (50,2%). Lorsque le gouvernement catholique homogène décidera de la fin de l’impossibilité de régner de Léopold III, nombreuses seront les manifestations d’opposition dans le pays wallon et à Bruxelles. Juillet 1950 verra la tension atteindre son paroxysme. Au lendemain de la mort de trois manifestants tués par les balles de la gendarmerie à Grâce-Berleur, Léopold III abdique. Son fils lui succédera un an plus tard, à sa majorité.'" Question "linguistique" et "institutionnelle" faut-il rappeler le caroussel fouronnais et la violence des émeutes? L'expression populaire se marque dans les urnes. Allez voter!

  • Posté par Groupe Ecolo, dimanche 23 août 2020, 16:13

    Merci pour votre remarque. Le parallèle est seulement ébauché en effet, et c'est sans doute volontaire. Manque de place pour la parution. Mais aussi lassitude de voir la Question royale servir d'épouvantail pour la discussion; je (John Pitseys, sorry pour ce "groupe Ecolo" un peu barbare) croise que les épouvantails empêchent de penser. La Question Royale date d'il y a 70 ans maintenant. Mon père n'était pas né. Les partis n'étaient pas les mêmes. Les clivages différaient également. Le contexte - l'après-guerre - n'avait pas grand chose à voir avec le nôtre. L'usage de la violence politique était largement plus accepté. Et les dispositifs de démocratie directe ont sensiblement évolué depuis lors. A supposer que comparaison soit encore raison, je pense que cela ne doit pas suffire à clore la discussion. La démocratie directe est pratiquée dans de nombreux Etats, et elle enrichit la plupart du temps la vie publique des communautés concernées. Elle représente également une traduction claire et honnête de l'idéal démocratique. Enfin, à propos des Fourons... Ce n'est pas la démocratie directe qui fut la cause des carrousels fouronnais, Monsieur Biot, mais au contraire l'instabilité du système parlementaire belge durant les années 80. Précisément. :)

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