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Paddock: Vanessa Maes veut redynamiser Francorchamps

A bientôt 44 ans, la patronne de Spa Grand Prix a entrepris une refonte complète de l’organisation de l’épreuve belge. La fille d’André Maes, l’homme qui fut longtemps à la tête du circuit et du Grand Prix, veut rompre avec les habitudes du passé. Le timing est bon : Liberty Media, le puissant promoteur de la F1 à l’échelle mondiale, entend opérer de profonds changements dans cette discipline sclérosée par la (trop) longue omnipotence de Bernie Ecclestone.

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A croire que la trajectoire de Vanessa Maes se dessinait du côté de Francorchamps. « C’était le terrain de jeu favori de toute mon enfance », explique la patronne de Spa Grand Prix, la PME qui gère l’organisation de la manche belge de Formule 1. « Pendant les vacances scolaires, je passais beaucoup de temps ici alors que mon père s’affairait à la gestion du circuit et s’occupait du rendez-vous annuel avec la catégorie-reine. En grandissant, j’ai fait quelques boulots d’étudiante : hôtesse d’accueil, grid girl, vendeuse de programmes… »

Après un graduat en expertise immobilière, la fille d’André Maes a travaillé dans ce secteur avant d’être appelée, un jour, à dresser l’état des lieux du circuit de Francorchamps. « C’était à l’occasion de la création de Spa Grand Prix en 2007. Ma mission ne devait durer qu’une poignée de semaines. »

Elle a succédé à son père en 2018

En réalité, il s’agissait d’un retour à… la Source pour cette jeune femme qui, très vite, s’est occupée du paddock club (un microcosme très chic réservé à quelques spectateurs), des VIP et du protocole pour accueillir les politiques lors de l’événement ardennais diffusé en mondovision. « Je n’avais pourtant pas de plan de carrière », assure-t-elle. « Mais ces différents jobs en amont et pendant le Grand Prix m’ont permis d’avoir une vue d’ensemble sur l’organisation de l’épreuve. »

Des qualités qui ont plu, manifestement, à Melchior Wathelet, le Président du circuit et de Spa Grand Prix. Quand l’heure de la retraite a sonné pour André Maes en 2018, c’est à Vanessa, sa fille, qu’il a confié les clés de Spa Grand Prix, un poste que visait également Nathalie Maillet, la Directrice du circuit. « C’est un honneur de me retrouver à la tête de l’équipe qui promeut l’un des Grands Prix les plus prisés de la saison. Comment ne pas apprécier de travailler dans un écrin aussi exceptionnel que celui de ce circuit ! »

Attention : derrière le sourire et la douceur des propos, Vanessa Maes ne se complaît pas dans la contemplation. Elle est même tout l’opposé comme en témoigne le changement profond de l’équipe qui compose Spa Grand Prix et le départ, notamment, de Sophie Maes, sa sœur. « Je ne ferai aucun commentaire à ce sujet. Je respecte le choix de chacun », poursuit la patronne. « En revanche, je suis ravie de l’efficacité des collaborateurs actuels. Avec cinq personnes engagées à temps plein, nous sommes probablement le plus petit team parmi les promoteurs nationaux. Lors de notre réunion annuelle, en fin de saison, il y a toujours un collègue étranger qui me demande comment on arrive à mettre sur pied cette épreuve avec si peu de personnel alors que chez eux, ils sont des dizaines. »

C’est donc sur un plateau aux dimensions modestes que l’équipe travaille dans un bâtiment historique niché à côté de la Source.

« Nous avons opté pour la formule open space idéale pour que les informations circulent entre nous. Bien sûr, le boulot va crescendo à mesure qu’on se rapproche du Grand Prix dans une année normale. Au fil des semaines, l’équipe se renforce. Les derniers jours, nous sommes au bureau de 5h30 du matin à minuit. Fort heureusement, nous dormons à proximité. »

Une autre approche

« Digne du passé, responsable du futur » : c’est la devise collée au mur du bureau de Vanessa Maes. De cette citation entre George Orwell et Victor Hugo, la dame à la tête de Spa Grand Prix a fait sa philosophie. « S’il y a bien une remarque que je ne supporte pas », explique-t-elle d’emblée, « c’est qu’on me dise : « On a toujours fait comme ça ». »

Une volonté de faire table rase des anciennes habitudes confirmée par d’autres propos : « Non, mon père n’a plus rien à dire », assure notre interlocutrice. « Notre mode de fonctionnement est établi sur deux axes », poursuit-elle. « Tout d’abord, nous accordons la priorité aux entreprises locales. C’est la moindre des choses de les solliciter : nous sommes une entreprise privée qui fonctionne avec des subsides de la Région wallonne. Ensuite, nous voulons rendre la Formule 1 accessible au plus grand nombre. Si le Grand Prix s’était déroulé normalement, une famille avec deux enfants aurait pu assister aux essais le vendredi pour 100 €. Il faut aussi attirer un maximum de jeunes et se rendre à l’évidence : le spectacle fourni par la F1 ne suffit plus. Pour cette édition, par exemple, nous voulions proposer des animations dans l’enceinte du circuit. Ce projet est resté dans les cartons mais ce n’est que partie remise, bien entendu. »

Spa Grand Prix s’inscrit parfaitement dans la philosophie très américaine insufflée par Liberty Media, la multinationale qui a racheté le business juteux de la F1 à Bernie Ecclestone.

Et si la course, ce week-end, se déroule devant des tribunes désespérément vides, Vanessa Maes est confiante pour l’an prochain. « 80 % des spectateurs qui avaient déjà payé leur ticket pour cette édition ont demandé à transformer leur billet pour l’an prochain. Quant aux autres, ils ont été remboursés. Dès vendredi, la billetterie pour l’édition 2021 sera officiellement ouverte. Il y a toujours du mouvement pour les réservations en ligne dès l‘instant où le Grand Prix démarre. Heureusement : c’est notre seule source de revenus. »

 

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