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Tensions entre la Grèce et la Turquie: Erdogan s’en prend aux dirigeants grecs et français

« Cupides et incompétents », c’est la manière dont le président Recep Tyyip Erdogan a qualifié les dirigeants français et grecs ce dimanche.

Temps de lecture: 3 min

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié dimanche de « cupides et incompétents » les dirigeants de la France et de la Grèce, dans un contexte de vives tensions entre Ankara, Athènes et Paris en Méditerranée orientale.

Ces déclarations virulentes interviennent alors que la Turquie célèbre dimanche le Jour de la victoire, une fête nationale marquant la mise en déroute des forces grecques par l’armée de Mustafa Kemal Atatürk, en 1922, lors de la guerre d’indépendance turque.

Un siècle plus tard, Ankara et Athènes, qui se disputent le partage des immenses ressources gazières en Méditerranée, font rouler les tambours de guerre, multipliant les manoeuvres navales sous les yeux d’une Europe préoccupée.

« Le peuple grec accepte-t-il ce qui risque de lui arriver à cause de ses dirigeants cupides et incompétents ? », a lancé M. Erdogan lors d’un discours à Ankara. « Le peuple français sait-il le prix qu’il devra payer à cause de ses dirigeants cupides et incompétents ? », a-t-il ajouté.

Ces propos reflètent la volatilité de la situation en Méditerranée, après trois semaines d’une escalade déclenchée le 10 août par le déploiement d’un navire de recherche sismique turc dans des eaux revendiquées par Athènes.

« Lorsqu’il s’agit de combattre, nous n’hésitons pas à donner des martyrs (…) La question est la suivante : ceux qui s’érigent contre nous en Méditerranée et (au Proche-Orient) sont-ils prêts aux mêmes sacrifices ? », a déclaré M. Erdogan.

« A nos ennemis, nous disons ‘chiche !’», a-t-il poursuivi.

Les tensions entre Ankara et Athènes sont notamment cristallisées autour de la petite île grecque de Kastellorizo, située à deux kilomètres au large des côtes turques.

La Grèce soutient que le droit d’exploiter les ressources naturelles autour de cette île lui appartient, ce que la Turquie refuse.

La publication par la presse d’images montrant des militaires grecs arrivant à Kastellorizo ces derniers jours a suscité la colère d’Ankara.

« Ces provocations ne serviront en rien les intérêts de la Grèce. Si la Grèce continue de faire monter les tensions dans la région, c’est elle qui sera perdante », a déclaré dimanche le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, dans un communiqué.

« Ligne rouge »

Ankara, qui se montre inflexible face aux menaces de sanctions européennes, a par ailleurs annoncé samedi de nouvelles manoeuvres militaires au nord de l’île de Chypre.

À lire aussi Les Européens sur le fil face à la situation en Méditerranée

 

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12 Commentaires

  • Posté par Lahure Annie, samedi 12 septembre 2020, 21:03

    De quoi Macron s'occupe-t-il ? De respect des réglementations internationales, de la démocratie en Turquie ??? Que nenni, on a compris, il vient de vendre 18 Rafales à la Grèce ! Si Erdogan lui avait acheté plus de matos, on verrait Macron jouer les médiateurs. Pour mieux comprendre ce problème Grèce -Turquie, regardez un peu la carte des eaux territoriales de la Grèce, calculées à partir du chapelet de petites îles grecques à une demi-heure de nage des côtes turques : les eaux "territoriales" grecques s'étendent jusqu'aux plages turques ! Selon cette logique, les Grecs devraient avoir le devoir moral d'une grande civilisation digne de ce nom d'accueillir les migrants qui partent à la nage des plages turques en question, puisqu'ils sont entrés dans leurs eaux territoriales dès leurs premières brasses ... Mais non, ils les repoussent sans pitié. Là, aucune responsabilité de la Grèce, dit l'UE, c'est bien sûr la faute aux Turcs qui doivent surveiller leurs plages, à défaut de pouvoir naviguer à l'aise pour contrôler leurs côtes. Et aidons donc financièrement les Grecs pour empêcher toute intrusion... etc. Cool, les Grecs ! Comme d'habitude, le beurre, l'argent du beurre et le c... de la crémière (ça, c'est l'UE, c'est nous) Erdogan, lui, il n'a rien à perdre car cela fait fait belle lurette que l'UE ne tient pas ses engagements envers la Turquie. Donc bonne chance à la Grèce !

  • Posté par Loïck Desmars, lundi 31 août 2020, 17:11

    De pire en pire ce petit Erdogan

  • Posté par Peeters P, lundi 31 août 2020, 13:22

    N'est ce pas aussi à L'OTAN d'intervenir dans ce conflit et de remettre les pendules à l'heure? La Grèce et la Turquie sont tous les deux membres de l'OTAN depuis 1952.

  • Posté par Delpierre Bernard, lundi 31 août 2020, 10:26

    Il sait d'expérience qu'au delà de la phraséologie bravache dont la France est coutumière depuis 1936, elle va se coucher comme les autres Etats européens d'autant plus vite que l'Allemagne qui a toujours entretenu des rapports plus qu'ambigus avec les génocidaires turcs (avant 1914 et après) a sur son territoire des millions de ressortissants non assimilés et d'ailleurs non assimilables.

  • Posté par LIENARD NORBERT, lundi 31 août 2020, 9:33

    L Europe va t elle se montrer à la hauteur de ce qu elle nous coûte pour une fois?

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