Premier vol commercial direct entre Israël et les Emirats (photos)

Une délégation israélo-américaine emmenée par le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, s’est envolée lundi de Tel-Aviv en direction d’Abou Dhabi à bord du «premier vol commercial direct» entre l’Etat hébreu et les Emirats arabes unis, nouveaux partenaires affichés du Moyen-Orient.

«C’est un vol historique et nous espérons qu’il soit aussi le début d’un périple encore plus historique pour le Moyen-Orient et au-delà», a déclaré M. Kushner sur le tarmac de l’aéroport Ben Gourion, décoré de drapeaux américains et israéliens et rythmé d’une musique aux sonorités orientales.

Le Boeing 737 a quitté le sol israélien vers 11h22, a constaté une équipe de l’AFP, et doit arriver dans l’après-midi à Abou Dhabi. Après un survol inédit de l’espace aérien saoudien, selon les données du site spécialisé FlightRadar24.

Normalisation des relations

Les Emirats arabes unis et Israël ont annoncé le 13 août un accord pour normaliser leurs relations, officieuses depuis des années, les Emirats devenant ainsi le premier pays du Golfe à changer le statut de sa relation avec Israël, et le troisième du monde arabe, après l’Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994.

Contrairement à ces deux pays, les Emirats n’ont jamais mené de guerre contre Israël. Et contrairement à ces deux pays, les analystes israéliens se plaisent à évoquer des relations «chaudes» avec des échanges commerciaux à la clé et pas seulement une paix «froide» tissée de coordination sécuritaire sans grands investissements.

Depuis l’annonce de l’accord parrainé par les Etats-Unis, Israël et les Emirats ont multiplié les échanges téléphoniques entre ministres et Abou Dhabi a abrogé ce week-end une loi vieille de 48 ans sur le boycott d’Israël.

Nouvelle étape marquante: le premier vol commercial direct, effectué lundi par le transporteur israélien El AL, menacé d’ailleurs de faillite depuis la pandémie de nouveau coronavirus.

Au printemps, un vol cargo officiel du transporteur émirati Etihad s’était posé à l’aéroport Ben Gourion avec du matériel pour aider les Palestiniens à affronter la pandémie. La direction palestinienne, qui fustige aujourd’hui les fiançailles Israël/Emirats, avait refusé cette aide affirmant qu’elle avait été coordonnée avec l’Etat hébreu et non avec eux.

Outre Jared Kushner, côté américain, le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien et le responsable du dossier iranien Brian Hook voyagent sur le vol LY971 --reprenant le code téléphonique international des Emirats-- de la compagnie EL AL, au cockpit décoré des mots «peace, salam et shalom».

Le ciel saoudien

Côté israélien, une vingtaine de hauts fonctionnaires et proches du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont eu leur ticket pour le Golfe, incluant Meir Ben Shabbat, chef du Conseil de la sécurité nationale.

Israël et les Emirats sont séparés par l’Arabie saoudite, pays avec lequel Israël n’a pas de relations officielles, ce qui n’a toutefois pas empêché le vol d’El AL d’entrer lundi dans l’espace aérien saoudien, selon FlightRadar24.

 
 
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