Avant son déplacement dans le Wisconsin, Trump compare le policier qui a tiré sur Jacob Blake à un golfeur qui rate son coup

Avant son déplacement dans le Wisconsin, Trump compare le policier qui a tiré sur Jacob Blake à un golfeur qui rate son coup
Photo News

Donald Trump va se rendre mardi dans l’État du Wisconsin, où il est accusé par son adversaire, le démocrate Joe Biden, d’avoir « attisé » les braises des tensions raciales et sociétales qui ont suivi les graves blessures d’un Afro-Américain, Jacob Blake, par les tirs d’un policier blanc.

Dans la ville de Kenosha, où un policier a tiré sept fois à bout pourtant dans le dos de Jacob Blake, déclenchant une nouvelle vague de protestations, le président républicain devrait rendre hommage aux forces de l’ordre et répéter son discours sécuritaire inflexible.

En conférence de presse, le président Donald Trump a comparé le policier du Wisconsin qui a tiré sept fois dans le dos d’un homme noir non armé à un golfeur qui « s’étouffe » en ratant un putt (un coup exécuté sur ou très proche du green au golf) facile. Dans la pratique du golf, on parle d’ « étouffement » a sujet d’un mauvais tir causé par l’incapacité du golfeur à gérer la pression du moment.

« Tirer sur le gars, tirer sur le gars dans le dos plusieurs fois, je veux dire, vous n’auriez pas pu faire quelque chose de différent ? Tu n’aurais pas pu le combattre ? Je veux dire, en attendant, il aurait pu chercher une arme et il y a un gros truc là. Mais ils s’étouffent. Comme dans un tournoi de golf, ils manquent un putt d’un mètre. »

« Vous pourriez être policier pendant 15 ans et tout d’un coup vous êtes confronté, vous avez un quart de seconde pour prendre une décision. Si vous ne prenez pas de décision et que vous vous trompez, vous êtes mort. Les gens s’étouffent dans ces circonstances et ils prennent une mauvaise décision » a-t-il continué.

« Nous devons redonner à nos policiers leur dignité, du respect », a-t-il plaidé lundi lors d’une conférence de presse. « Parfois il y a de mauvais policiers », « mais d’autres fois ils prennent seulement de mauvaises décisions », « ils craquent », a-t-il ajouté, en semblant relativiser, sinon excuser, les bavures.

Donald Trump a également confirmé qu’il ne rencontrerait pas la famille de Jacob Blake, expliquant qu’il avait refusé d’avoir à faire à leurs avocats. « J’ai parlé avec le pasteur de la famille », « un homme magnifique », s’est-il borné à dire. Et à ceux qui redoutent que sa visite mette de l’huile sur le feu, il a répondu : « Cela peut aussi apporter de l’enthousiasme », « de l’amour et du respect pour notre pays ».

Jacob Blake Sr, le père de l’homme grièvement blessé, a démenti les propos du président : « Nous n’avons pas de pasteur de famille », a-t-il dit sur CNN. « Je ne sais pas à qui il a parlé, ça m’est égal ».

Le père a également assuré que sa famille avait reçu des menaces et qu’elle avait dû changer d’hôtel. « Nous ne voulons pas que leur logement soit connu parce que nous voyons des choses tordues se passer à Kenosha, et le pire peut être que cette famille souffre davantage de violence physique avec ce qu’elle endure déjà », a dit l’avocat de la famille, Ben Crump.

« Ils reçoivent des appels avec des menaces dans leurs chambres d’hôtel. Nous devons nous protéger contre cela, car ce n’est pas acceptable », a ajouté l’avocat sur CNN. Deux manifestants antiracistes ont été tués par un militant pro-Trump la semaine dernière lors d’affrontements dans cette ville du Wisconsin.

 
 
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