Nations League: Eduardo Camavinga avec les Bleus, il n’est jamais trop tôt

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Il fallait le voir arriver au centre d’entraînement de Clairefontaine, lundi après-midi, le sourire jusqu’aux oreilles derrière son masque chirurgical, la démarche décidée et cette impression tenace que son passage surprise dans le fameux château des Yvelines serait loin d’être le dernier.

Le milieu de terrain n’a pas semblé impressionné devant Hugo Lloris et Olivier Giroud, ni intimidé lorsque le sélectionneur Didier Deschamps a plaisanté sur son fantastique but marqué durant le week-end en club : « la victoire, ça fait plaisir », a dribblé le gamin prodige, préférant insister sur « la sélection ».

Pour couronner l’intégration, le Rennais a appris qu’il porterait durant ce rassemblement le prestigieux N.6, ni plus ni moins celui de Paul Pogba (forfait car positif au Covid-19) qu’il remplace en sélection, qu’il avoue admirer, et dont il occupe aussi la chambre à Clairefontaine.

« Là comme les autres »

On en oublierait presque que le jeune homme n’a pas 18 ans et qu’en cas de première sélection, samedi en Suède ou mardi contre la Croatie, il deviendrait le premier joueur mineur à arborer le maillot bleu depuis la Seconde guerre mondiale…

Mais Deschamps n’en a cure : « Je ne l’ai pas pris en me disant qu’il n’a pas encore 18 ans. Il est là donc il est censé être là comme les autres. Il sera amené à avoir un certain temps de jeu, forcément », a souligné le Basque.

Une promesse rare de la part du sélectionneur qui, un an plus tôt, n’avait pas laissé la moindre minute à son dernier venu, Mattéo Guendouzi.

Il faut croire que le patron des Bleus a été séduit par le phénomène né en Angola et naturalisé français il y a moins d’un an.

« Je connais bien son entraîneur, mon adjoint encore mieux, donc on aura les infos », a-t-il souri au moment de l’annonce de sa liste, faisant référence au coach rennais Julien Stéphan, fils de son adjoint Guy. « C’est peut-être tôt, mais il a un potentiel qui l’amènera à faire partie intégrante de cette équipe tôt ou tard ».

Avec Camavinga, c’est souvent plutôt tôt que tard. « En l’occurrence, à 16 ans et demi ce n’était pas trop tôt (pour la Ligue 1). Il a réussi tout de suite à s’imposer et à confirmer dans la durée », a assuré récemment Julien Stéphan.

« Je suis encore un enfant »

Le sélectionneur des Espoirs Sylvain Ripoll, qui n’a vu la pépite que sur un rassemblement l’an dernier, partage l’analyse d’une ascension « fulgurante, éclair ». « En quelques entraînements, il a conquis tout le monde. Ce qui est bien avec Eduardo, c’est que ça rayonne sur le terrain et ça rayonne dans la vie », admire le Breton auprès de l’AFP, saluant son « humilité » et sa « joie de vivre ».

Dans son premier club de Fougères, on se souvient évidemment aussi d’un gamin toujours « surclassé ».

« Il jouait avec des garçons qui avaient deux ans de plus que lui. Il était un peu plus frêle physiquement mais techniquement, c’était déjà au-dessus, c’était déjà énorme », se rappelle pour l’AFP Christophe Communier, un responsable du club qui a entraîné Camavinga chez les moins de 13 ans. « Il avait un avenir dans le foot, c’était certain. Après, que ça aille aussi vite et aussi haut, on ne pouvait pas parier dessus. Mais il avait déjà quelque chose ».

Ce quelque chose, c’est d’abord une « aisance technique », dixit Deschamps, un côté « percutant, déstabilisant, déroutant », dixit Julien Stéphan. Mais surtout, une « maturité » rare à cet âge, selon le sélectionneur.

Suffisante pour lui offrir ses premières minutes avec le maillot aux deux étoiles ? « Ce serait un rêve », répond Camavinga. « Un rêve de gosse… même si je suis un enfant encore ».

 
 
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