Les grandes entreprises belges se montrent optimistes mais prudentes (PwC) (2)

Trente pour cent des entreprises prévoient cependant de réduire leur budget: de manière importante dans 13% des cas et de façon modérée pour 17%. Les 35% de responsables financiers restants indiquent "envisager différents scénarios en fonction du développement du virus".

Un cinquième des entreprises signalent que les banques sont plus réticentes à leur accorder un crédit. Et trois directeurs financiers sondés sur 10 doutent que les mesures de soutien du gouvernement envers les entreprises se montrent efficaces.

Afin de rétablir ou d'améliorer leur chiffre d'affaires, 39% des directeurs financiers ont choisi de commercialiser de nouveaux produits et services ou d'améliorer ceux qui existent. "Un constat qui souligne l'importance de l'innovation pendant cette phase de reprise", relève PwC. Les changements se concentreront ensuite dans les canaux de distribution (13%) et dans les fusions, acquisitions ou joint-ventures (13%).

"Les entreprises qui tireront leur épingle du jeu sont surtout celles qui adaptent leurs modèles d'entreprise, écoutent leurs clients, ajustent leurs offres et innovent", analyse Peter Vermeire, associé chez PwC Belgique.

Plus d'un quart des directeurs financiers interrogés (26%) estiment que le ralentissement économique constitue le risque principal en 2021. Vingt-deux pour cent indiquent qu'une éventuelle prochaine vague de Covid-19 est la principale menace. Treize pour cent craignent une réglementation changeante et 9% une baisse de confiance de la part des consommateurs.

Les responsables financiers indiquent cependant que les talents dont ils disposent (30%) et leurs investissements technologiques pour faire face à la crise (26%) profiteront, à terme, à leur entreprise. À l'avenir, la plupart d'entre elles envisagent d'exploiter le potentiel de la numérisation (65%). D'autres veulent profiter de l'amélioration de leurs activités (61%) ou de leur productivité (52%) en 2021.

"Bien que de nombreuses entreprises aient réussi à surmonter le premier choc de la crise, nous ne pourrons évaluer pleinement la situation économique que dans un an", juge Nancy De Beule, elle aussi associée chez PwC Belgique. Les entreprises devront faire face à moyen terme aux effets indirects de la crise: la réduction des dépenses de consommation par exemple, mais aussi le fait que certains clients ne pourront pas payer leurs factures, ce qui aura un effet boule de neige.

"Les entreprises qui ont bénéficié d'un report de paiement dans le cadre des mesures Covid-19 et qui ont sollicité au maximum leurs lignes de crédit devront tôt ou tard respecter leurs obligations de paiement. L'impact économique devrait donc continuer à se faire sentir longtemps", conclut-elle, avant de nuancer: l'enquête montre aussi que la situation offre des opportunités aux entreprises.

 
 
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