Ligue des Nations: la France, sans Kylian Mbappé, enchaîne contre la Croatie (4-2)

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Sourcils froncés pour Hugo Lloris, Olivier Giroud se prenant la tête dans les mains depuis le banc... Voilà deux images qui ont longtemps résumé la soirée vécue par les quelques dizaines de personnes autorisées à entrer dans le Stade de France — pandémie oblige -, et les quelques millions d’autres devant leur téléviseur.

Au lieu du spectacle espéré pour ce «remake» de la finale du Mondial, qui a d’ailleurs fini par accoucher du même score final, ceux-ci eurent d’abord droit au naufrage défensif des champions du monde.

Mais ils ont ensuite été touchés par un savoureux vent d’enthousiasme, symbolisé par Camavinga, devenu le premier joueur mineur à obtenir une sélection en Bleu depuis plus de 100 ans à son entrée en jeu (63e), et Upamecano, buteur plein de rage pour sa deuxième sélection, après une prestation longtemps alarmante en défense (65e).

Un scénario pareil s’explique sans doute un peu par la pandémie de Covid-19, responsable à la fois d’un manque de préparation physique assez criant, du huis clos, et de l’absence de Kylian Mbappé, testé positif lundi et rentré à la maison dans la foulée, non sans avoir enlacé certains partenaires pendant l’entraînement de veille de match.

La défense a sombré

Pendant la première demi-heure, c’est comme si les Bleus avaient semblé inhibés par cette triste nouvelle: l’intensité n’était pas suffisante pour rivaliser avec les Croates, sonnés trois jours plus tôt au Portugal (4-1) et absolument pas venus jusqu’en France pour plaisanter.

Upamecano avait commencé en Suède samedi (victoire 1-0) par un tacle assassin et un carton jaune en deux minutes, il a cette fois démarré son match par trois duels de la tête perdus et une perte de balle très dangereuse (14e).

Quant à Lucas Hernandez, en manque de temps de jeu au Bayern et titularisé dans l’axe gauche mardi, il s’est vu rappeler les règles de distanciation physique par un crochet superbe du... défenseur Dejan Lovren, auteur d’un but logique dès la 16e minute d’une frappe sèche du pied gauche.

Ce France-Croatie a eu autre chose en commun avec celui de la deuxième étoile sur le maillot: les Bleus ont rejoint les vestiaires en menant 2-1, tout en étant très loin du compte.

Deux buts en un tir cadré en 45 minutes à Moscou, deux buts en deux tirs cadrés en 45 minutes à Saint-Denis, le parallèle est bluffant et le sélectionneur croate Zlatko Dalic doit vraiment se demander d’où vient ce mauvais sort qui s’acharne sur sa sélection face aux Bleus.

Griezmann s’est réveillé

Deschamps répondra sûrement qu’il s’agit là plutôt de talent et d’orgueil.

Le talent, d’abord, sur cette magnifique combinaison à quatre amenant le premier but des Bleus, conclu par Antoine Griezmann après un mouvement superbe de Wissam Ben Yedder et Anthony Martial (43e).

L’orgueil, ensuite, de ce même Martial, pour aller s’arracher sur un centre de Ben Yedder et contraindre le gardien Dominik Livakovic à marquer contre son camp (45e+1).

Ces trois minutes auront redonné confiance à Griezmann, dans le doute en club et qui restait sur un penalty raté en Suède, le troisième de suite avec les Bleus. Et elles auront relancé Martial, lui le déçu du Mondial-2018, plus apparu en sélection depuis le printemps ayant précédé l’épopée en Russie.

Autre point positif, Olivier Giroud a encore marqué, sur penalty (77e), son 40e but en Bleu pour sa 99e sélection, ce qui le place à une unité de Michel Platini...

Ces deux victoires après près de dix mois sans match vont offrir aux Bleus un duel au sommet le 11 octobre contre le Portugal, l’épouvantail du groupe de Ligue des nations lui aussi deux fois vainqueur en septembre, dont mardi en Suède (2-0). Avec Camavinga ?

 
 
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