Les 4 moyens de lutte contre le coronavirus

Les 4 moyens de lutte contre le coronavirus

Lors de la conférence de presse hebdomadaire du Centre de crise, le virologue Yves Van Laethem a rappelé les 4 moyens de lutte qui existent aujourd’hui face à l’épidémie de coronavirus.

1

Les gestes barrières

C’est le « package » que chacun respecte depuis plusieurs mois et devra encore respecter pendant un certain temps. C’est la distanciation sociale, le port du masque quand celle-ci n’est pas possible et la désinfection des mains.

2

Le traitement

Pour traiter la maladie, il faut « un médicament efficace, bien toléré et, si possible, peu coûteux ». À l’heure actuelle, aucun médicament ne remplit ce critère.

3

L’immunité de groupe

Le but est d’atteindre une immunité de groupe suffisante pour protéger les plus faibles. « Cette immunité a été estimée à entre 60 et 75 % des gens, qui auraient développé des anticorps contre le virus », explique Van Laethem. Mais, comme il le rappelle, aucun pays, même ceux qui ont testé cette approche, n’ont développé une telle immunité. En Occident, la ville suédoise de Stockholm n’atteint que les 20 % ; « Si on veut obtenir cette immunité de groupe, on risque de payer un prix lourd en hospitalisations, voire en décès ».

4

Le vaccin

C’est sans doute le point le plus important. Pour l’instant, aucun vaccin n’a encore été validé contre le Covid-19, alors qu’il s’agit du moyen le plus sûr d’atteindre une immunité personnelle et collective.

Comment fonctionne le vaccin contre le Covid ?

Les scientifiques ont créé des vaccins à partir d’un antigène du coronavirus, à savoir une protéine qui dépasse la structure en couronne du virus. Cette protéine est fondamentale puisque c’est celle qui permet au virus d’entrer dans nos cellules. Si le virus ne peut plus entrer dans l’organisme, il ne peut plus y faire de dégâts. Le but du vaccin est de permettre à notre système immunitaire d’apprendre à lutter contre ces protéines, et contre l’entièreté du virus qui se trouve derrière. L’organisme peut réagir de deux manières : d’une part, en développant les anticorps, à savoir des protéines qui vont bloquer le virus, et d’autre part, d’entraîner certaines de nos globules blancs (les « gendarmes » de l’organisme) à tuer les cellules infectées pour que le virus ne se développe pas.

Où en est la recherche du vaccin contre le Covid ?

Les vaccins actuellement testés suivent la succession des différentes phases comme tous les autres vaccins. La première phase consiste à injecter à quelques dizaines de personnes le vaccin. On cherche alors la bonne dose et on vérifie qu’il n’y a pas d’effets secondaires flagrants. Durant la seconde phase, le vaccin est injecté à quelques centaines de personnes pour avoir une meilleure idée de sa tolérance et de son effet. Mais c’est la troisième phase est fondamentale. C’est elle qui permet de voir si les sujets qui reçoivent le vaccin sont réellement protégés contre le vaccin. Ces études se font sur des dizaines de milliers de personnes. Pour ce qui est du coronavirus, on estime que les études en cours pour les différents vaccins vont couvrir entre 30.000 et 90.000 personnes.

Les études en cours d’un des vaccins, l’AstraZeneca, ont été arrêtées ce mercredi « à cause d’un effet secondaire, non compréhensible pour l’instant, survenu chez un des volontaires au Royaume-Uni », a expliqué Yves Van Laethem. Pas de panique, selon lui. Au contraire. « Cela souligne tout le sérieux des études qui sont menées. Il existe un comité indépendant qui n’a aucun lien avec la firme en question qui les études, et le développement des effets secondaires. C’est ce comité qui a donné l’alerte et prit la décision d’interrompre les études de l’AstraZeneca. Cela se passe tous les jours avec un tas de vaccin, sauf, que d’habitude, ce n’est pas relayé dans la presse ». Une banale procédure donc.

À quand le vaccin en Belgique ? Et pour qui ?

Selon Yves Van Laethem, la Belgique devrait avoir un vaccin pour le printemps 2021, dans le courant du mois de mars. Il n’y aura pas de vaccin pour tout le monde puisque le pays recevra dans un premier temps un million et demi de doses. Les groupes cibles prioritaires ont été établis par le Conseil supérieur de la Santé. Le premier groupe qui sera vacciné est le plus exposé au virus et le plus nécessaire dans le cas d’une extension de l’épidémie, à savoir le personnel médical, paramédical et des soins de santé afin de leur permettre de lutter contre la pandémie.

Suivront les personnes les plus fragiles, à savoir les plus de 65 ans, tout particulièrement s’ils ont des pathologies sous-jacentes, suivies des personnes entre 45 et 65 ans si elles ont des pathologies, à savoir le diabète, l’obésité, l’hypertension, les pathologies chroniques. D’autres groupes pourront être développés au fur et à mesure.

 
 
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