Coronavirus - Une entreprise saine avant la crise sur six risque aujourd'hui la faillite (2)

Il est indéniable, selon l'analyse, que les mesures prises tant par les gouvernements régionaux que par le fédéral ont porté leurs fruits, à court terme. En date du 8 septembre, 25% des entreprises étaient en difficultés financières (risque de faillite ou besoin urgent de liquidités), indépendamment de leur santé financière d'avant-crise. Sans les mesures, les projections tablent sur 43% d'entreprises dans de telles conditions à l'heure d'aujourd'hui.

Cependant, environ 66.000 entreprises qualifiées de saines en mars se trouvent désormais confrontées à d'importants problèmes de liquidités. "Si rien n'est fait aujourd'hui, le crise de liquidité pourrait se transformer en crise de solvabilité", pointent les deux organisations.

C'est sur ces 66.000 entreprises qu'il faut concentrer les efforts actuels, estime l'économiste en chef de la FEB Edward Roosens. Plusieurs options sont suggérées aux décideurs politiques: un recentrage et un renforcement de la déduction des intérêts notionnels pour les entreprises de moins de 50 employés (les plus touchées), un renforcement du tax-shelter pour les scale-ups et start-ups ainsi, enfin, qu'une mobilisation de l'épargne publique et privée pour les renflouer par des mécanismes d'incitation. "Ces entreprises ont un besoin en liquidités d'environ 83 milliards, tandis que les liquidités des entreprises toujours saines sont estimées à 1.113 milliards", relève Eric van den Broele de Graydon. "Il serait donc bon de développer des mécanismes de solidarité volontaire qui stimuleraient ces entreprises à aider celles qui se voient mises en difficulté par la situation actuelle."

Ces recommandations sont à plus long terme que les mesures déjà prises, relève-t-on. Elles visent à permettre aux entreprises de renforcer leur solvabilité pour regagner une capacité d'emprunt. Mais "pour faire repartir les entreprises, il faut que l'économie tourne et qu'elles puissent travailler", ajoute-t-on, en ciblant singulièrement l'horeca, la culture et le secteur événementiel privés de chiffre d'affaires. Il est urgent que les préformateurs mettent un plan de relance économique sur la table des négociations, alerte à nouveau l'administrateur délégué de la FEB Pieter Timmermans. "Si on ne règle pas les problèmes actuels, il n'y aura plus de quoi financer" à l'avenir, rappelle-t-il.

 
 
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