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Patrick Chappatte: «De plus en plus, on applique le principe de précaution à l’humour et aux opinions»

En marge du procès « Charlie Hebdo », le dessinateur de presse suisse Patrick Chappatte constate un recul de la liberté d’expression. Elle recule aussi en Belgique, nous dit Pierre Kroll, le dessinateur du « Soir ».

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P atrick Chappatte est né le 22 février 1967 à Karachi, au Pakistan, d’un père suisse et d’une mère libanaise. Il dessine pour l’hebdomadaire allemand Der Spiegel ainsi que pour le quotidien Le Temps et l’édition du dimanche du Neue Zürcher Zeitung en Suisse. Il contribue également au Canard enchaîné en France et au Boston Globe aux Etats-Unis. Il a travaillé pendant plus de vingt ans pour The New York Times, jusqu’en 2019. Ses dessins sont repris dans de nombreux médias internationaux, tel que Courrier international.

Les dessinateurs de « Charlie Hebdo » estiment que la liberté d’expression a reculé depuis cinq ans. Vous aussi ?

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11 Commentaires

  • Posté par Marlier Jacques, jeudi 17 septembre 2020, 13:26

    C'est vrai que c'est triste de ne pas pouvoir se moquer de tout. Ceci dit, il n'est probablement pas idiot de se poser quand même des questions sur la façon dont on se plaisante. Je me souviens que quand j'étais gosse, je me suis un jour longuement moqué de mon meilleur ami (un véritable "frère"), longuement mais gentiment selon mes critères. Eh bien! Il est arrivé un moment où il m'a demandé (gentiment!) d'arrêter, parce qu'il ne parvenait plus à le supporter. Souvenez-vous du sketch de Roland Magdane, où il dit que les premières fois qu'on lui a envoyé un faux cadeau lors de son service militaire, <<il a beaucoup ri>>... mais que cela lui est devenu de plus en plus difficile par la suite... Ceci dit, il ne faut évidemment pas s'étonner que l'extrême gauche soit aussi intolérante que l'extrême droite. Pensez à la Chine, à l'URSS, etc, etc!

  • Posté par Deckers Björn, lundi 14 septembre 2020, 14:35

    Très bon article, qui doit faire réfléchir. Cela dit, pour rebondir sur le commentaire de Marcel Legarou, il n'y a rien de nouveau ni "d'orwelien" dans cette époque. Toute époque a vécu des changements, des évolutions, la considération pour l'humain n'a pas cessé d'évoluer à travers les siècles. Et à chaque époque, les changements provoquent des résistances. Pour prendre une séquence courte que la plupart de nous ont connu. On ne tolérerait plus les sketch de Michel Leeb. Certains le regrettent, de moins en moins ouvertement et c'est déjà un signe. Dans un demi siècle, tout le monde partagera que ces sketch étaient de mauvais goût. On ne comprendra même plus qu'on aie pu en rire. Et c'est de même aujourd'hui par exemple avec la récente polémique sur le mot "nègre". Pour ce qui me concerne, je ne le trouve pas moche ce mot, , je le trouve même beau et je souhaiterais qu'il puisse définir cette différence physique sans sous entendre une distinction et une inégalité de race mais ce n'est bien sur pas la réalité. Dans la bouche d'un blanc, parler d'un "nègre" signifie toujours parler de quelqu'un qui serait "inférieur". C'est pourquoi le terme même doit être condamné. Alors évidemment, pour les hommes blancs, cela nous passe au-dessus de la tête. Rien n'a changé en fait juste les minorité ne se taisent plus et revendiquent leur part d'équité. Il ne peut plus y avoir de place pour le racisme, le sexisme, l'homophobie. Trump représente la résistance pathétique du mâle blanc hétérosexuel mais son agressivité ne trompe personne, c'est l'agressivité des losers. Qu'il remporte un second mandat et mette l'Amérique à feu et à sang n'y change rien sur le temps long, il a déjà perdu.

  • Posté par Kempeneers Raymond, dimanche 13 septembre 2020, 21:11

    La satire et l'humour sont indispensables à l'éducation, ils nous obligent à réfléchir et à nous contrôler, plus facilement encore quand ils nous font en rire. Si les médias du monde, au moins du monde démocratique, se mettaient d'accord pour éditer tous simultanément les humoristes en danger pour envoyer des messages qui dénoncent nos travers, le monde entier serait bien obligé d'y prêter attention et les opposants en perdraient leur pouvoir terroriste ciblé sur quelques-uns . Mais Kroll a raison de préciser que le respect d'autrui progresse, heureusement, et que l'humour grossier et injurieux ne fait plus recette, les humoristes doivent en tenir compte. Les dessins montrant l'islam terroriste étaient eux une critique saine et non injurieuse, et c'est bien le rôle important des humoristes, nous devons les aider à poursuivre en les lisant et les défendant.

  • Posté par BINAME Robert, samedi 12 septembre 2020, 15:12

    Le politiquement correct que certains veulent nous imposer est un retour à la censure d antan et celle des regimes totalitaires et religieux. Nous ne devons pas accepter ce diktat que des personnes arriérées veulent nous forcer à accepter. Il en va du maintien de nos valeurs démocratiques occidentales.

  • Posté par Legarou Marcel, dimanche 13 septembre 2020, 21:11

    C'est beaucoup plus profond et vicieux que ça. La gauche comme la droite utilisent maintenant le levier de l'opprobre dans les medias (élargis à internet ) comme une forme de manipulation des masses. On proscrit des mots ( nègres par ex. ) en espérant proscrire à terme toute pensée raciste. La démarche, en soit, en dit long du mépris qu'elle sous tend. Pire, on se sert d'une proscription sélective des mots/concepts pour discréditer l'adversaire sans autre considération plus louable: l'accusation de racisme ou d'antisémitisme ou de quoi que ce soit, est récupérée/utilisée à seule fin de nuire à son opposant et de confisquer le débat à son seul profit. Qu'importe le vrai, l'essentiel est qu'on y croie assez longtemps pour avoir la force d'un fait avéré et dangereux pour l'adversaire. Quant au sens critique des masses on peut douter qu'il survive à ce siècle. Orwélien isn't it ?

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