Coronavirus - AB InBev: aucune agressivité de la part des grévistes (syndicat) (2)

La production sur le site liégeois est à l'arrêt depuis une semaine et le climat se détériore de jour en jour. Après l'échec de la réunion de conciliation mardi, la direction a dénoncé mercredi soir une "atmosphère agressive, du sabotage et des menaces" dans le chef des grévistes affiliés à la FGTB. Dans ce contexte, elle a ajouté ne pas avoir d'autre choix "que de faire exécuter les astreintes" à l'égard des personnes qui bloquent le fonctionnement de la brasserie.

"A part le fait de faire grève, qui est un droit, je ne vois pas en quoi il y a de l'agressivité ou du sabotage. Les remorques qui bloquaient l'accès aux camions ont été enlevées depuis un moment déjà et nous n'empêchons personne d'entrer, ni camions ni travailleurs. Nous ne bloquons ni entrées ni sorties, il y a juste un piquet", assure José Borego. "Depuis ces derniers jours, la police est présente jour et nuit, même en civil. S'il y avait de l'agressivité de notre part, la police réagirait".

Le représentant syndical affirme même que l'agressivité et les menaces proviennent plutôt de la direction. "On envoie des SMS jour et nuit aux travailleurs pour les inciter à aller travailler, on leur dit que le piquet est levé. On pratique des menaces sur les saisonniers en leur faisant craindre de ne pas être repris. Le directeur en personne m'a interdit d'aller parler à qui que ce soit, me précisant que si je veux communiquer des informations, je n'ai qu'à passer par les organes officiels afin de demander une assemblée du personnel. Et il a ajouté qu'il y est opposé."

En outre, le délégué syndical dénonce un manquement dans la procédure. "Hier, certains travailleurs ont reçu chez eux l'ordonnance du tribunal alors que l'huissier ne l'a jamais montrée au piquet et n'y a pas relevé d'identités. C'est tout simplement illégal", relève-t-il.

Les salariés des usines flamandes de Louvain et Hoegaarden ont été appelés par des responsables syndicaux à observer un arrêt de travail jeudi, afin de marquer leur solidarité avec le site de Jupille où un foyer de coronavirus a été détecté.

De son côté, la direction affirme disposer de rapports de l'huissier sur place qui démontrent "une atmosphère agressive sur le site, du sabotage et un contexte dangereux dans lequel le syndicat a même rassemblé au piquet de grève un collègue qui est mis en quarantaine". Le brasseur a annoncé son intention de solliciter une enquête externe impliquant l'Inspection du contrôle du bien-être au travail afin de "sortir de l'impasse".

 
 
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