Accueil Opinions Cartes blanches

Carte blanche: «La nouvelle formation initiale des enseignants, un projet susceptible de ruiner les universités»

Le projet de réforme de la formation initiale des enseignants, qui exige notamment une collaboration accrue entre universités et hautes écoles, entraînera certaines facultés dans un gouffre.

Carte blanche - Temps de lecture: 10 min

Les recteurs des universités francophones rappellent régulièrement et unanimement à quel point nos universités sont définancées. La question a fait l’objet d’un mémorandum en 2019 et de nouvelles interpellations récentes des recteurs de l’ULB, de Liège et de Louvain, soulignant combien, en comparaison des pays voisins, mais aussi d’autres niveaux d’enseignement, les universités souffrent d’une fragilisation structurelle croissante. Et inévitablement, lorsqu’arrivent les classements internationaux, on constate que si, en moyenne, les universités belges « résistent », en réalité elles progressent en Flandre tandis qu’elles régressent en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Pour expliquer ce phénomène, l’économiste et ancien recteur J.-P. Lambert rappelle, dans un article de novembre 2018, que les universités belges francophones ont un financement inférieur de 30 % à celles de Flandre.

Un enracinement local porteur de rayonnement

Les universités jouent un rôle fondamental dans le développement économique et social d’une région, a fortiori dans une société de la connaissance, où le savoir devient un élément constitutif du progrès des États. On songe au rôle clé que jouent Louvain-la-Neuve, le site de la Plaine à l’ULB, le Biopark à Gosselies, ou le Sart-Tilman dans la création de start-up. Les parcs scientifiques autour des universités sont des lieux d’innovation et des poumons économiques pourvoyeurs de nombreux emplois. On pense au potentiel qu’offrent l’ensemble des réseaux internationaux tissés par les universités et dont bénéficient étudiant.e.s, chercheur.se.s ou professeurs, mais aussi jeunes diplômés. Soulignons encore l’inestimable apport des hôpitaux universitaires durant la crise sanitaire : leur soutien à la population, et aussi leur rôle dans le progrès des connaissances sur la maladie. Enfin, les universités sont des lieux de rayonnement de l’art et de la culture. D’une certaine manière, elles constituent des baromètres de l’état et de l’avenir d’une société. Y investir, c’est investir dans des institutions à hauts effets démultiplicateurs.

Un dossier extrêmement politisé

En dépit de ce définancement structurel, les attentes politiques à l’égard de l’université ne manquent pas. Récemment, le projet de réforme de la formation initiale des enseignants (FIE) est redevenu d’actualité. Il s’agit en théorie de répondre à un vrai besoin, celui d’améliorer la qualité de l’enseignement obligatoire, par un renforcement quantitatif (durée) et qualitatif (acquis d’apprentissage visés) de la formation des enseignants. Ce projet de réforme part du postulat que les carences de l’école obligatoire pourraient être largement comblées par une nouvelle formation des enseignants, allongée d’une année. Nous n’allons pas ici discuter le postulat qui fonde cette réforme. Et nous nous contenterons d’insister sur l’importance de procéder à des comparaisons internationales pour envisager d’autres hypothèses expliquant les faibles performances de l’école belge francophone et pouvoir dès lors agir sur les leviers les plus déterminants. Toutefois, le débat en cours depuis quatre ans, où chacun fait valoir son point de vue sans que jamais un consensus sur les fins et les moyens de cette réforme ne se dégage, est révélateur de la complexité du dossier. Cela résulte notamment de son extrême politisation et des nombreux enjeux. En effet, pour d’aucuns, cette réforme doit permettre également à terme une revalorisation salariale des enseignants de l’obligatoire, et de leur pension ce dont on peut se réjouir.

Un montage complexe

Mais le modèle imaginé avec co-diplomation est d’une complexité administrative extrême et, inévitablement, une majorité du budget sera consommé par la gestion de cette complexité. Le principe de co-diplomation inscrit au cœur de cette réforme prévoit en effet que les étudiants des Hautes Écoles recevront une partie de leur formation à l’université et que les étudiants des universités recevront une partie de leur formation dans une Haute École. Si la collaboration est souhaitable, les modalités imaginées impliquent un montage complexe, nécessitant mobilité accrue et complication organisationnelle. Et en période de crise, plus qu’en toute autre, le contribuable est en droit d’attendre une efficacité renforcée. Or, la co-diplomation envisagée actuellement est en soi une source de complexité intenable à cadre administratif constant. Les équipes facultaires peinent déjà, sans véritable augmentation de personnel, à assumer les décrets récents sans véritable augmentation de personnel…

À lire aussi Yvon Englert, recteur de l’ULB: «Je suis très inquiet pour le financement futur des universités»

Malgré la durée des débats, les désaccords politiques et pédagogiques sont encore nombreux : cette formation au coût important améliorera-t-elle vraiment le système ? Vise-t-elle avant tout à une revalorisation des personnels ou de certains acteurs au détriment d’autres ? Quel sera l’impact pour l’étudiant d’un système qui l’obligera à « voyager » en permanence entre une Haute École et une Université ? Ce système complexe ne génère-t-il pas automatiquement une bureaucratie étendue ? Pédagogiquement, ne tranche-t-on pas un peu vite sur les subtils équilibres nécessaires entre pédagogie et savoirs disciplinaires ? Comment encadrer autant de stages sans mieux les financer ? Et au final, pourquoi une proposition si complexe alors que des alternatives moins onéreuses et plus simples existent ?

Boîte de Pandore budgétaire ?

Outre les débats sur le fond pédagogique et politique d’un tel projet, la difficulté principale est que l’on avance sans prévision budgétaire stable. Pire, selon certains analystes, ce projet pourrait tout simplement ruiner les finances des universités. Pour d’autres, il pourrait carrément couler les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans son ensemble.

Bien que les discussions soient en cours depuis 4 ans, pas une seule simulation financière rigoureuse n’a pu être proposée aux universités. L’ancien ministre Marcourt, grand artisan du projet, évaluait son coût à 50 millions pour les finances de la FWB. À moyen terme toutefois, en incluant la revalorisation salariale, ce surcoût s’élèverait à 300 millions d’euros. En comparaison, toutes les universités, qui réclament un refinancement depuis des décennies (pour l’ensemble de leurs activités) n’ont obtenu que 50 millions, soit l’équivalent du coût strict de la FIE. Mais pour d’autres experts, le coût pourrait monter jusqu’à 500 millions (selon des économistes de l’UNamur) voire un milliard d’euros (selon le Service d’étude du SEGEC), soit autant que le budget actuel de toutes les universités. Et la source permettant de financer ce budget n’est pas du tout limpide, d’autant que la Fédération Wallonie-Bruxelles n’a pas de capacité à lever l’impôt pour augmenter ses recettes. On est donc face à une véritable boîte noire, potentiellement boîte de Pandore. Suite à ces craintes déjà exprimées, un groupe de travail inter-cabinets a été mis en place en février 2020… Mais aujourd’hui, au moment où les différents établissements doivent se positionner sur le projet, aucun élément financier concret n’a encore été rendu public.

Des finances déjà dans le rouge

Or, les 6 derniers mois ont dégradé une situation économique et budgétaire déjà difficile à la base. La pandémie de coronavirus et ses nombreuses conséquences pour les établissements d’enseignement ont plongé les finances de ceux-ci dans le rouge. L’année académique qui s’annonce ne sera pas non plus une année financièrement favorable au vu des mesures d’adaptation qu’exige la situation sanitaire. Certaines institutions ont déjà dû prendre des mesures difficiles pour se maintenir à flot.

Ainsi, adopter des mesures comme celles de la FIE, sans cadre budgétaire clair et unanime, aura à court terme un impact délétère pour toutes les universités. En effet, à cause des définancements chroniques depuis des décennies, les universités peinent de plus en plus à organiser leur mission. Dans le contexte Covid, la situation s’est aggravée. On comprend dès lors qu’ajouter encore un nouveau projet comme la FIE, gouffre budgétaire potentiel, charrie un péril probable pour l’équilibre financier – déjà précaire – des universités. La suite se devine aisément : incapable de faire face au définancement, les facultés en charge de la formation des enseignants devront puiser de l’argent dans le budget global des universités. Cela signifie que cette situation touchera fortement d’autres facultés moins, voire pas concernées par la réforme, ce qui appauvrira la formation et la recherche dans leur ensemble. En effet, même si les financements ne sont pas à la hauteur, il faudra assumer… Ceci pèsera lourdement sur les autres activités.

Loin d’être un petit projet anodin, et au-delà de son importance pour l’enseignement obligatoire, la FIE engage l’avenir de nos universités. Celles-ci sont dans l’attente d’un refinancement qui semble impossible et l’on voudrait aujourd’hui qu’elles soient partie prenante d’un projet supplémentaire au coût manifestement colossal. Dans ce contexte, il y tout lieu de craindre une dégradation linéaire de l’ensemble des formations, faute de moyens suffisants pour ce projet.

À lire aussi Les recteurs de l’ULB et la VUB au «Soir»: «On est en train de laisser couler les universités»

D’autres composantes à tenir en compte

On l’aura compris, nous devons impérativement garantir des bases financières saines pour tous ces projets indispensables, comme la FIE. C’est pourquoi une réforme de cette ampleur demande le respect d’un principe fondamental avant d’être mise en œuvre : on ne fait pas courir un risque systémique au financement général des universités, voire de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour un projet particulier. Le corollaire est simple : il faut impérativement lier la dimension « projet de réforme » à celle de « pérennité financière ». Ne pas respecter ce principe nous entraînerait dans une spirale budgétaire mortifère, hypothéquant l’avenir du développement wallon et bruxellois. Et il est minuit moins une ! Nous attendons donc des réponses claires, responsables et courageuses de notre gouvernement et de nos élus aux deux questions suivantes : la FWB a-t-elle les moyens de financer cette réforme sans altérer significativement sa situation budgétaire à moyen terme ? Est-il raisonnable de consacrer à la seule FIE des moyens qui manquent déjà pour refinancer les universités dans leur ensemble ? Et ce alors que les alternatives sont possibles ? On a besoin d’une réforme de la formation initiale des enseignants, mais la réforme ne peut se faire qu’avec le support d’un plan budgétaire qui ne pénalise pas les universités. En outre, la réforme est une composante de la réponse aux problèmes de l’enseignement obligatoire, mais elle n’est pas la seule composante. Elle doit être menée conjointement à d’autres améliorations du système qui devraient ainsi engendrer des effets bénéfiques sur le financement des universités.

A lire sur Le Plus : «La révision de la formation des professeurs est une usine à gaz»

*Signataires : Prof. Per Joakim Agrell, Doyen de la Louvain School of Management, UCLouvain ; Prof. Julie Allard, Doyenne de la Faculté de droit et de criminologie, ULB ; Prof. Ph. Baret, Doyen de la Faculté des bioingénieurs, UCLouvain ; Prof. Catherine Behets, Doyenne de la Faculté des sciences de la motricité, UCLouvain ; Prof. George Daube, Doyen de la Faculté de médecine vétérinaire, ULiège ; Prof. Pierre-Olivier De Broux, Doyen de la Faculté de droit, Université Saint-Louis-Bruxelles ; Prof. Gérard Degrez, Doyen de l’École Polytechnique de Bruxelles, ULB ; Prof. Philippe Desmette, Doyen de la Faculté de philosophie, lettres et sciences humaines, Université Saint-Louis-Bruxelles ; Prof. William D’Hoore, Doyen de la Faculté de santé publique, UCLouvain ; Prof. Vincenzo D’Orio, Doyen de la Faculté de médecine, ULiège ; Prof. Dany Etienne, Doyen de la Faculté de traduction et interprétation – Marie Haps, Université Saint-Louis Bruxelles ; Prof. Cédrick Fairon, Doyen de la Faculté de philosophie, arts et lettres, UCLouvain ; Prof. Véronique Feipel, Doyenne de la Faculté des sciences de la motricité, ULB ; Prof. Eric Gaziaux, Doyen de la Faculté de théologie, UCLouvain ; Prof. Louis Gerrekens, Doyen de la Faculté de philosophie et lettres, ULiège ; Prof. Emmanuel Hermans, Doyen de la Faculté de pharmacie et sciences biomédicales, UClouvain ; Prof. Alain Jonas, Doyen élu de l’École polytechnique de Louvain, UCLouvain ; Prof. Xavier Luffin, Doyen de la Faculté de lettres, traduction et communication, ULB ; Prof. Olivier Markowitch, Doyen de la Faculté des sciences, ULB ; Prof. Nicolas Mavroudakis, Doyen de la Faculté de médecine, ULB ; Prof. Pascal Poncin, Doyen de la Faculté des sciences, ULiège ; Prof. Valérie Piette, Doyenne de la Faculté de philosophie et sciences sociales, ULB ; Prof. Geneviève Schamps, Doyenne de la Faculté de droit et de criminologie, UCLouvain ; Prof. Frédéric Schoenaers, Doyen de la Faculté des Sciences Sociales, ULiège ; Prof. Olivier Servais, Doyen de la Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication, UCLouvain ; Prof. Françoise Smets, Doyenne de la Faculté de médecine et médecine dentaire, UCLouvain ; Prof. Robert Sporken, Doyen de la Faculté des sciences, UNamur ; Prof. Bruno Van Pottelsberghe, ex-Doyen Solvay Brussels School of Economics and Management, ULB ; Prof. Eric Van Overtsraeten, Doyen de la Faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme, UCLouvain ; Prof. Michel Verleysen, Doyen de l’École polytechnique de Louvain, UCLouvain ; Prof. Philippe Vergauwen, Doyen Solvay Brussels School of Economics and Management, ULB ; Prof. Enrico Vitale, Doyen de la Faculté des sciences, UCLouvain ; Prof. David Vrydaghs, Doyen de la Faculté de philosophie et lettres, UNamur ; Prof. Xavier Wauthy, Doyen de la Faculté des sciences économiques, sociales, politiques, et de la communication, Université Saint-Louis-Bruxelles.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

14 Commentaires

  • Posté par Christian Radoux, mercredi 16 septembre 2020, 16:21

    Marie Jaspers, ce que vous craignez existe déjà : il suffit, après des études au ras des pâquerettes, de suivre les carabistouilles des "psycho-pédagogues" pour se voir très officiellement attribuer un titre "universitaire". Il faut se rappeler l'histoire. Après la saignée de l'épouvantable boucherie de 40/45, on devait former d'urgence de jeunes professeurs. Les régents étaient à l'époque souvent excellents. En début du secondaire, j'ai bénéficié de cours remarquables par plusieurs d'entre eux. Puis la situation a dégénéré comme vous le décrivez. C'est essentiellement devenu un champ de relégation pour ceux qui échouaient. Avec, au début, une importante nuance : les études étaient moins longues, moins coûteuses; le monde universitaire était lointain et effrayant pour les milieux populaires (quand on a parlé à mes parents de l'U.Lg., c'était à peu près comme aller sur la lune). Puis, ce fut une débâcle très rapide : les charlataneries des prétendues "sciences" de l'éducation ont remplacé le déjà devenu bien pauvre approfondissement des matières qu'on allait enseigner plus tard. Je me borne à ce que je connais bien, i.e. les mathématiques. C'est très simple : en régendat, on n'en apprenait plus *rien*. Le changement d'appellation et les fariboles des psycho-pédagogues ne sont qu'une escroquerie. Et elle sera massive : suivre un tel parcours, puis obtenir un salaire majoré, c'est - on le comprend - fort tentant.

  • Posté par Jaspers Marie, samedi 19 septembre 2020, 1:24

    Je partage votre avis à 100 % car j'ai connu comme vous le nivellement par le bas de l'enseignement obligatoire et par suite celui des HEP qui souffrent du niveau de recrutement : selon le rapport McKinsey, 50 % des candidats instituteurs et 32 % des régents sortent du qualifiant.Pour 50 %, ce n'est pas un premier choix, mais une inscription après avoir raté un, deux, voire trois fois dans une autre orientation du supérieur. Certes, le qualifiant a un rôle important à jouer dans la société mais il est sur le plan technique : il n'a pas pour vocation de préparer aux études d'enseignants.Les études dans les HEP ont augmenté de deux ans pour les instituteurs et d'un an pour les régents et jamais on a vu en quoi des années supplémentaires avaient pu améliorer ces formations.Et actuellement, on en veut quatre! Mais pour faire quoi???Rien que pour satisfaire une veille revendication des syndicats : le même salaire pour tous les enseignants!Pourquoi dans le monde enseignant, le niveau des études supérieurs ne serait-il pas pris en considération comme dans tous les autres domaines de la société???De manière évidente, un allongement ne pouvait pas être le cas, vu que le problème était le niveau de recrutement! Il est utopique d'imaginer que l'on peut améliorer celui-ci en allongeant les études!Deux années étaient bien suffisantes, comme dans les années 1960 où l'on formait de meilleurs régents qui de plus étaient habilité à enseigner trois matières. Le master en éducation pour la majorité des HEP n'apporte qu'un..... barème 501! Cette formation est de la poudre aux yeux, une des supercheries qui avec les passerelles a diminué le niveau des diplômes universitaires. Comment des gens de niveau secondaire, car les HEP le sont, seraient-ils capables de VRAIS cours de niveau universitaire? On sait ce que sont ces cours au rabais, ils sont faciles à lire pour toute personne ayant le CESS. Il est difficile de comprendre la raison de l'acceptation de ces arnaques par les universités! La VRAIE formation universitaire se fait dans les bacs.

  • Posté par Jaspers Marie, mercredi 16 septembre 2020, 1:42

    Une telle réforme engendrera , immanquablement, un nivellement par le bas des études universitaires de FWB .Il faut être réaliste , vrai , honnête et avoir le courage de le dire : les élèves du secondaire qui choisissent les études universitaires sont ,en général, les meilleurs du DS, ceux qui cherchent un enseignement de haut niveau intellectuel qui leur permettra de découvrir un monde toujours plus profond, toujours plus complexe, les ingénieurs, les médecins, etc tandis que ceux qui initialement choisissent les HEP, le font parce qu'ils aiment de s'occuper d'enfants tout en détestant la grammaire et les maths pour les instituteurs (ils ne seront que des coachs, le mot que l'on retrouve partout!) ou "aiment enseigner" pour les quelques -uns qui optent pour le régendat mais sans être capables de faire des études universitaires. En outre, il est fondamental de rappeler les informations fournies en 2012 par le rapport McKinsey sur l'enseignement en FWB. 50 % des candidats instituteurs sortent du qualifiant, ils sont 32 % pour les régents.Il n'y a aucun jugement de valeur, ce sont des faits vérifiables! Si le qualifiant a un rôle essentiel a jouer dans notre société, il n'a pas pour vocation de préparer à des études d'enseignants de cours de base comme le français et les maths.Les deux formations sont équivalentes diront certains! Equivalentes pour quoi??? Certainement pas pour le français.En effet, il y a une vingtaine d'années, la ministre M-D Simonet a demandé au CEF (Centre de la Formation et de l'Education) une étude du français, langue de l'enseignement.Celle-ci a donné lieu à un AVIS qui est sur le site du ministère.C'est une étude très longue, très rigoureuse, très complète dont je ne vais relevé qu'un chapitre qui nous intéresse ici : la comparaison des connaissances et compétences pour tous les aspects de la maîtrise de la langue entre les élèves du général et ceux du qualifiant est sans appel : un gouffre les sépare!!! En outre, toujours selon McKinsey, pour 50 % des étudiants des HEP, ce n'est pas un premier choix mais un 2°, voire un 3°!Ils ont échoué à l'université et/ou dans le supérieur non-universitaire.Ainsi, la réforme regrouperait des étudiants qui n'ont rien en commun, ce serait une souffrance pour les uns comme pour les autres. En outre, cette réforme donnerait un titre universitaire à des élèves qui y préalablement échoué et à des élèves issus du qualifiant! C'est violent : ils sont chassés par une porte et rentrent par une autre! Les universités se ridiculisent en se désavouant!

  • Posté par THIRY PHILIPPE, jeudi 17 septembre 2020, 21:30

    Dont je ne vais relevé... euh !!! on parle dans cet article de la maîtrise du français.

  • Posté par Jaspers Marie, mardi 15 septembre 2020, 13:56

    Refaire toute l'historique en un seul commentaire serait "imbuvable" tellement les "idées" de J-C Marcourt sont "tordues" et témoignent de son ignorance totale du fonctionnement de notre enseignement.Je vais commencer par faire des rappels de constats du Rapport McKinsey en 2012. Ils concernent la différence de niveaux entre les deux formations ainsi les motivations des étudiants qui s'inscrivent en HEP.Il note que 1) 50 % des candidats instituteurs sortent du qualifiant.Ils sont 32 % pour le régendat. Je n'ai aucun mépris vis-à-vis de cette formation qui met sur le marché de l'emploi des personnes dont la société a grandement besoin mais je conteste sa capacité à former des étudiants pour les HEP. Pourquoi? Tout d'abord parce qu'un rapport du CEF (centre de la formation et de l'éducation) de 2010 titré : "Le français, langue de l'enseignement" commandé par la ministre M-D Simonet mettait en évidence une différence abyssale entre le niveau de maîtrise de la langue par les élèves du secondaire général d'une part et ceux du technique de transition et qualifiant d'autre part.Je n'invente rien, cet avis est sur le site du ministère et n'importe qui peut en prendre connaissance.2)50 % des candidats aux HEP ont échoué une, deux, voire trois fois dans d'autre orientations du supérieur et leur choix HEP est par suite, au mieux , un second choix! Alors que le métier d'enseignant est, en principe, un métier à vocation.3) La formation dispensée par le qualifiant est plus pratique et les cours généraux n'ont pas les exigences théoriques pour une formation d'enseignants, hormis ceux des cours pratiques.Ainsi, pour les HEP, il y a d'abord un problème de niveau de recrutement! En outre, il y a un grave problème de méconnaissance du français, langue de l'enseignement! Que peut-on comprendre en quoi que ce soit si l'on ne maîtrise pas la langue??? "ON PENSE PAR L'INTERMEDIAIRE DU LANGAGE", Natacha Polony, René Chiche, J-P Brighelli, etc.La maîtrise du langage Indépendamment du rapport McKinsey, déjà dans les années 1990, les profs de français de la HEP Charlemagne avaient fait un test de maîtrise basique du français, à l'entrée.Les résultats avaient été catastrophiques : plus de 90 % d'échecs pour les bases grammaticales, de syntaxe, de conjugaison, de compréhension de texte, d'orthographe.La HEP Charlemagne avait, alors, sollicité le professeur J-M Defays (ULiège) spécialiste en formation du français pour assurer une formation intensive pendant UN AN.A la fin de l'année, le test a été re-proposé et les résultats ont été similaires.Comme la formation onéreuse n'avait produit aucun résultat, elle n'a pas été reconduite! Cette expérience n'a rien d'étonnant car il est utopique de croire que l'on peut récupérer 12 ans d'absence de formation en UN AN! Et 30 ans plus tard, la proposition du ministre Marcourt pour pallier au fléau de manque de maîtrise de la langue de l'enseignement par les étudiants des HEP est de faire un test à l'entrée avec des remédiations pouvant s'étaler sur 1, 2 ou 3 ans mais sans évaluation certificative à la fin!!!On hallucine!!!Croit-il encore "au Père Noël"??? Le 23/02/2020, LE SOIR, publie un article dans lequel il exprime l'opposition de la FEF au fait que ceux qui échoueraient au test de français en fin de 1° année, juin/ septembre devraient recommencer leur année quels que soient leurs résultats dans les autres matières.Pour moi, c'est une reconnaissance implicite de la non maîtrise du français après formation intensive de 1 an.Je me pose une autre question : "Que vaut la réussite dans les autres cours qui sont exprimés en français???".La non maîtrise de la langue de l'enseignement conditionne celle de la COMPREHENSION des autres matières.Je le vis au quotidien au cours des remédiation de maths et de physique dans le DS.Il m'est impossible de croire à une revalorisation du métier d'enseignant en ajoutant une année au cursus sans avoir pris en compte la vraie raison du faible niveaux des instituteurs et régents qui est : LE NIVEAU DE RECRUTEMENT.Et cela, le ministre Marcourt l'a admis lors de la séance d'information sur le Pacte, organisée à l'Athénée de Liège 1 fin juin 2018.J'ai la vidéo.Mais il ne l'a pas prise en considération.En conclusion de ce commentaire : la majorité des étudiants des HEP ont échoué une ou deux fois à l'université ou dans une autre voie du supérieur. Comment imaginer qu'ils aient une partie de formation commune dès les bacs, avec des étudiants qui sont d'un niveau qu'ils n'ont pu atteindre? Quels cours pourraient être communs? Même les cours de pédagogie ne seraient pas perçus de manière identique : difficiles pour les HEP, et très simple pour les universitaires qui ont des capacités de compréhension, d'assimilation bien supérieures! La difficulté pour les uns pour lesquels le politique prévoie une année de plus et l'ennui , voire le dégoût, des universitaires pour le simplisme!!!Actuellement, les étudiants universitaires qui ont fait un master en sciences ou en maths et qui passent l'agrégation à l'université sont déjà dégoûtés par les cours de psycho-pédagogie qu'ils trouvent d'un niveau informels qu'ils pourraient LIRE chez eux! UNE PRESENCE à ces cours très simples ne se justifie pas! Quand sera-t-il quand ils seront en plus regroupés avec des régents et auront des cours niveau HEP! Le niveau des HEP est le niveau secondaire amélioré mais le niveau secondaire tout de même! Il est utopique de croire que l'on peut UNIFORMISER des formations avec des étudiants de niveau aussi différents! Il n'y a aucun complexe de quoi que ce soit mais une acceptation des différences RECLAMEE A CORPS ET A CRIS EN TOUT! dans notre société SAUF POUR L'ECOLE! C'est cette idéologie qui la tue!

Plus de commentaires

Aussi en Cartes blanches

Carte blanche La psychologie face au défi climatique

Des universitaires et des associations professionnelles expriment leur conviction quant à l’importance d’inclure des spécialistes des sciences psychologiques et du comportement afin d’aider dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une