Session du Parlement européen annulée à Strasbourg: la France veut des compensations

Session du Parlement européen annulée à Strasbourg: la France veut des compensations
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Alors que la session qui devait s’ouvrir lundi dans la capitale alsacienne a été déplacée à Bruxelles en raison de l’épidémie de coronavirus, le secrétaire d’Etat a fait part de sa détermination à « combattre pour un retour rapide des sessions plénières à Strasbourg comme il se doit, à travailler ensemble à des compensations et à projeter Strasbourg comme capitale européenne dans les mois et les années à venir ».

« Différentes pistes très concrètes »

Concernant les compensations possibles, « nous explorons différentes pistes très concrètes (…) pour que sans ambiguïté l’Union européenne marque son attachement à sa présence à Strasbourg », a expliqué Clément Beaune lors d’un point presse, à l’issue d’une réunion avec la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier, la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, des députés et des représentants des collectivités locales.

Sans entrer dans les détails, il a évoqué la possibilité pour certains travaux de la Conférence sur l’avenir de l’Europe qui doit débuter prochainement, de se tenir à Strasbourg ainsi que des discussions sur des « pistes comme la durée, le nombre » des sessions plénières du Parlement européen.

Selon les traités européens, l’institution a son siège à Strasbourg, où se tiennent habituellement douze sessions plénières de trois jours et demi par an. Mais le reste du temps, les eurodéputés travaillent à Bruxelles, ce qui est source de débats depuis des années. Tout changement de traité nécessiterait cependant l’aval de l’ensemble des Etats membres.

Coût financier et écologique

Les nombreux partisans d’un siège unique, qui serait établi à Bruxelles, dénoncent régulièrement le coût financier et écologique de cette transhumance mensuelle d’environ 2.500 personnes, et le fait que l’immense complexe strasbourgeois ne soit utilisé que quatre jours par mois.

Alors que d’importants travaux de rénovation sont nécessaires dans le bâtiment du Parlement européen à Bruxelles, le siège de Strasbourg « n’est pas seulement une obligation juridique inscrite dans les traités, (…) ce n’est pas seulement une bataille défensive et c’est encore moins une survivance du passé », a insisté Clément Beaune.

Interrogée à l’issue de la conférence de presse du secrétaire d’Etat, la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a souhaité que la prochaine session plénière, prévue du 5 au 8 octobre, ait bien lieu dans sa ville, ce qui serait une première depuis février. « On doit aller encore plus loin dans le renforcement de la dimension européenne » de Strasbourg, a-t-elle affirmé.

Réaffirmer le rôle européen de Strasbourg

« Réaffirmer le rôle européen de Strasbourg ne peut pas se limiter à de grands discours ! Des actes importants et tangibles, concrets et déterminants, doivent être engagés au plus vite par le Président de la République, chef de l’Etat », a critiqué, dans une motion adoptée à l’unanimité, la commission permanente du Conseil départemental du Bas-Rhin, réclamant « une réunion d’urgence » auprès d’Emmanuel Macron.

« La situation sanitaire n’est pas meilleure en Belgique qu’en France et les députés circulent déjà dans leurs circonscriptions à travers toute l’Europe », a argumenté dans une tribune Frédéric Bierry, président du conseil départemental, fustigeant « une manœuvre des opposants à Strasbourg qui cherchent à profiter de la situation pour installer durablement le siège du Parlement Européen à Bruxelles ».

 
 
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