Procès Hakimi-Pauwels: le calvaire décrit par les victimes

Procès Hakimi-Pauwels: le calvaire décrit par les victimes
Belga

Les avocats des parties civiles ont raconté le calvaire vécu par les victimes lors de home-jackings qui ont eu lieu dans le Hainaut et le Brabant wallon, entre 2015 et 2017. Une vingtaine de personnes sont poursuivies.

Fernando, Anna et leur fils âgé de 15 ans au moment des faits, ont été tirés de leur sommeil, le 23 février 2017 vers 3h du matin, par trois hommes cagoulés et lourdement armés qui ont prétendu être de la police. Les armes ont été pointées vers les victimes, à bout touchant, et le père de famille a été obligé de jouer à la roulette russe avec une arme chargée. Le traumatisme est très important pour les victimes et notamment pour l’adolescent.

Agression à main armée

Selon la victime, un véhicule l’avait suivi quand il était sorti du café exploité par un autre fils. Ce véhicule a été retrouvé calciné la nuit des faits et il avait fait l’objet d’un vol à Havré, la nuit du 5 au 6 février. Les noms de Farid Hakimi et de Marwan Hammouda ont été cités, lesquels auraient utilisé ce véhicule pour une agression à main armée qui s’est déroulée la nuit du 9 au 10 février, avec le même mode opératoire.

Les armes, utilisées lors des deux agressions, ont été retrouvées dans un hangar appartenant à Rachid Toto, a indiqué l’avocat.

Laurent, Martine et Suzanne ont vécu le même enfer à Jemappes. Laurent était le patron de la discothèque l’Happy Jack à Maisières. En rentrant de son travail, sa mère âgée de 60 ans, sa grand-mère âgée de 88 ans et lui ont été violemment agressés chez eux.

Selon leur avocate, tous les éléments convergent vers trois auteurs: Farid Hakimi, Pascal Faedda et Mohamed Benaouane. Les deux femmes ont expliqué au tribunal qu’elles ont été frappées et tirées par les cheveux par trois hommes. «On a entendu des coups de fusil à l’étage où se trouvait mon fils. On se demandait ce qui se passait», raconte Martine.

« La maison de nos rêves est devenue la maison du cauchemar»

Laurent regrette avoir été frappé dans le dos par des clients de son établissement. «On m’a tiré dessus, j’ai eu le temps de fuir. La maison de nos rêves est devenue la maison du cauchemar», a-t-il déclaré.

Tonino tenait quant à lui un restaurant italien à Cuesmes et sponsorisait Farid Hakimi dans ses combats de boxe. La nuit du 18 au 19 avril 2017, vers une heure, il est rentré chez lui à Ghlin et a vu deux hommes se ruer sur la voiture, une Porsche. Un troisième lui a mis un pistolet sur la tempe. Ils ont réclamé l’auto et les clés de la maison, dans laquelle il a été trainé.

«Vous avez volé mon intimité »

Le restaurateur a été ligoté et a donné la recette du restaurant. Couché face contre terre, il a été roué de coups par trois hommes identifiés comme étant Farid Hakima, Pascal Faedda et Lufu Kabongo. Son épouse et sa fille, âgée de 17 ans, ont subi le même sort. Tonino est décédé d’une crise cardiaque le 20 mars dernier. Selon son avocate, il attendait la vérité judiciaire. Les trois suspects nient en bloc et plaident l’irrecevabilité des poursuites en raison de l’inculpation du chef d’enquête pour violation du secret professionnel. «Vous avez volé mon intimité, retourné ma maison», a déclaré la fille des victimes, très émue.

Lundi matin, le président a procédé à l’instruction d’audience. Les prévenus contestent, dans l’ensemble, les faits les plus graves. Lundi après-midi, le tribunal écoute les plaidoiries des parties civiles. Le substitut du procureur fédéral, Julien Moinil, présentera son réquisitoire mardi matin.

 
 
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