Procès Hakimi-Pauwels: ce qu’il faut retenir de la première journée

Procès Hakimi-Pauwels: ce qu’il faut retenir de la première journée
Belga

L’ancien animateur de RTL Stéphane Pauwels et son ex-compagne Vanessa Colassin « ont donné leur feu vert pour mettre une correction à Frédéric G. », ont déclaré lundi les victimes de l’agression de Lasne devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Ayant l’impression qu’on faisait leur procès, les victimes ont quitté la salle d’audience.

« Dans l’esprit de mes clients, il n’y a pas de doute. Tout était diaboliquement orchestré », a conclu l’avocat. Des dommages de plusieurs milliers d’euros ont été réclamés. Frédéric G. n’a plus osé dormir chez lui durant un an.

« Mes clients ont eu l’impression ce matin qu’on faisait leur procès », a commenté Me Amrani. Les deux hommes ont préféré quitter la salle d’audience.

« Le calvaire vécu par les victimes »

Autre moment marquant de cette première journée, les avocats des parties civiles ont raconté le calvaire vécu par les victimes lors de home-jackings qui ont eu lieu dans le Hainaut et le Brabant wallon, entre 2015 et 2017. Une vingtaine de personnes sont poursuivies.

Traumatisme

Fernando, Anna et leur fils âgé de 15 ans au moment des faits, ont été tirés de leur sommeil, le 23 février 2017 vers 3h du matin, par trois hommes cagoulés et lourdement armés qui ont prétendu être de la police. Les armes ont été pointées vers les victimes, à bout touchant, et le père de famille a été obligé de jouer à la roulette russe avec une arme chargée. Le traumatisme est très important pour les victimes et notamment pour l’adolescent.

Agression à main armée Selon la victime, un véhicule l’avait suivi quand il était sorti du café exploité par un autre fils. Ce véhicule a été retrouvé calciné la nuit des faits et il avait fait l’objet d’un vol à Havré, la nuit du 5 au 6 février. Les noms de Farid Hakimi et de Marwan Hammouda ont été cités, lesquels auraient utilisé ce véhicule pour une agression à main armée qui s’est déroulée la nuit du 9 au 10 février, avec le même mode opératoire.

Laurent, Martine et Suzanne ont vécu le même enfer à Jemappes. Laurent était le patron de la discothèque l’Happy Jack à Maisières. En rentrant de son travail, sa mère âgée de 60 ans, sa grand-mère âgée de 88 ans et lui ont été violemment agressés chez eux.

Selon leur avocate, tous les éléments convergent vers trois auteurs : Farid Hakimi, Pascal Faedda et Mohamed Benaouane. Les deux femmes ont expliqué au tribunal qu’elles ont été frappées et tirées par les cheveux par trois hommes. « On a entendu des coups de fusil à l’étage où se trouvait mon fils. On se demandait ce qui se passait », raconte Martine.

« La maison de nos rêves est devenue la maison du cauchemar »

Laurent regrette avoir été frappé dans le dos par des clients de son établissement. « On m’a tiré dessus, j’ai eu le temps de fuir. La maison de nos rêves est devenue la maison du cauchemar », a-t-il déclaré.

Tonino tenait quant à lui un restaurant italien à Cuesmes et sponsorisait Farid Hakimi dans ses combats de boxe. La nuit du 18 au 19 avril 2017, vers une heure, il est rentré chez lui à Ghlin et a vu deux hommes se ruer sur la voiture, une Porsche. Un troisième lui a mis un pistolet sur la tempe. Ils ont réclamé l’auto et les clés de la maison, dans laquelle il a été traîné.

Le restaurateur a été ligoté et a donné la recette du restaurant. Couché face contre terre, il a été roué de coups par trois hommes identifiés comme étant Farid Hakima, Pascal Faedda et Lufu Kabongo. Son épouse et sa fille, âgée de 17 ans, ont subi le même sort. Tonino est décédé d’une crise cardiaque le 20 mars dernier. Selon son avocate, il attendait la vérité judiciaire. Les trois suspects nient en bloc et plaident l’irrecevabilité des poursuites en raison de l’inculpation du chef d’enquête pour violation du secret professionnel. « Vous avez volé mon intimité, retourné ma maison », a déclaré la fille des victimes, très émue.

La descente aux enfers de Stéphane Pauwels

Stéphane Pauwels a pris la parole en cette première journée de procès, il a parlé de sa descente aux enfers, mais il a nié sa participation dans un home-invasion à Lasne.

L’ancien animateur télé, habillé de noir et de bleu, parfois la larme à l’œil, reconnaît ainsi la prise de cocaïne entre septembre 2016 et juin 2018, avant d’estimer qu’il ne pensait pas que la violence prendrait un tel tour dans l’affaire qu’on lui reproche : « Je vivais alors avec Vanessa qui se plaignait sans cesse du harcèlement que son ancien compagnon lui faisait subir. Si je vivais encore à Mouscron, d’où je viens, j’aurais pu parler à un commissaire du coin pour régler le problème. Ici à Braine-l’Alleud, je ne connaissais personne. On a juste eu une main courante. Alors oui, quand Ennif m’a dit qu’il pouvait aller lui faire comprendre qu’il devait arrêter, j’ai juste dit qu’il fallait qu’il arrête de faire chier. J’assume, mais je ne pensais pas que cela irait si loin. » Et faute assumée encore quand deux amis lui feront comprendre qu’ils connaissaient un frère de Farid Hakimi et qu’ils pouvaient lui demander de dire que la famille ne le connaissait pas : « Mais je n’ai jamais donné 5.000 euros pour cela. » Et d’affirmer que le chef d’enquête voulait qu’il charge Farid Hakimi en prétextant qu’il le faisait chanter.

Demain, mardi, le substitut du procureur fédéral, Julien Moinil, présentera son réquisitoire.

 
 
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