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L’idée d’imposer la réussite de la première année de bac en 2 ans sème le trouble dans l’arc-en-ciel

Dans la majorité socialiste et écologiste, la volonté de la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny suscite tantôt l’étonnement, voire l’agacement...

Temps de lecture: 2 min

La volonté de la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) d’imposer aux étudiants de réussir leur première année dans l’enseignement supérieur en deux ans maximum suscite l’étonnement, voire l’agacement, au sein de ses partenaires de majorité socialiste et écologiste.

« Il n’y a pas de texte, il n’y a pas eu de concertation avec les acteurs, il n’y a pas de décision, et donc pas d’accord a fortiori », grinçait-on mardi dans l’arc-en-ciel. « C’est un peu surprenant comme sortie. C’est une drôle de méthode en tout cas… ».

Lundi, dans l’Avenir et les pages du Soir , la ministre Glatigny faisait sa rentrée politique en détaillant les premiers contours de la réforme du décret paysage qu’elle compte soumettre au gouvernement le mois prochain déjà.

L’une des nouvelles dispositions prévoit que l’étudiant aura à l’avenir l’obligation de réussir sa première année en deux ans maximum, sous peine de voir se fermer les portes de la formation entamée (ce qui ne l’empêchera pas d’en entamer une autre).

La Fédération des étudiants francophones (FEF) avait immédiatement dénoncé une mesure qui allait « renforcer les inégalités », les jeunes issus de milieux défavorisés ayant plus de difficultés à réussir dans l’enseignement supérieur.

Dans la majorité, la sortie a aussi surpris.

« Nous avons pris connaissance de la proposition de la ministre dans la presse. C’est assez surprenant », disait mardi une autre source dans la majorité. « C’est clairement une sortie en solo (de la ministre Glatigny). »

À lire aussi Enseignement supérieur: deux ans pour réussir sa première année, cinq ou six ans pour son baccalauréat

« Les constats (sur les effets du décret paysage, ndlr) sont partagés, c’est clair. Mais sur les solutions, il faut encore discuter. On verra avec attention quand on aura le texte. On l’examinera dans sa globalité, notamment sur les mesures d’accompagnement et d’aide à la réussite ».

Sur Twitter, le député Manu Disabato (Ecolo) laisse aussi transparaître son malaise.

« Cette sortie ne permet pas de prendre en compte d’autres volets importants de la réforme dont l’aide à la réussite. Permettre à tous les étudiants – dont les plus défavorisés — de mieux réussir leurs études doit être l’objectif final de la réforme », insiste-t-il.

Il a déjà prévu de demander des clarifications à la ministre Glatigny la semaine prochaine en commission du Parlement.

À lire aussi «La révision de la formation des professeurs est une usine à gaz»

 

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8 Commentaires

  • Posté par Frippiat Yves-Marie, mardi 15 septembre 2020, 21:06

    Que l'objectif ultime d'un système d'enseignement démocratique soit d'aider tous les étudiants à réussir, à commencer par les moins favorisés, ça ne souffre pas la discussion. Mais qu'une part, sans doute non négligeable, des échecs à répétition soit d'abord imputable aux intéressés eux-mêmes, comment le nier sans mauvaise foi? Au lieu de polémiquer, qu'on s'applique donc à agir sur les deux aspects du problème.

  • Posté par Naeije Robert, mardi 15 septembre 2020, 19:27

    Ce decret « paysage » est un echec. Il faut tout simplement le retirer.

  • Posté par Lekeu Claudine, mardi 15 septembre 2020, 12:25

    Très bonne décision. C’était déjà le cas autrefois : recommencer une seule fois son année ou changer d’orientation. Personne n’y trouvait à redire, cela évitait le gaspillage et les auditoires encombrés. Un étudiant motivé réussira en un ou deux ans quitte à passer ses vacances à se préparer à ces études exigeantes. Mais beaucoup d’étudiants n’ont pas leur place à l’université. Ils ne sont pas prêts à faire les efforts indispensables et le choix de la faculté est parfois fait sans conviction. Voyez le nombre de jeunes sortant d’Humanités et qui n’ont encore aucune idée de ce qu’ils entreprendront en septembre.

  • Posté par Chalet Alain, mardi 15 septembre 2020, 11:59

    Les démagos laxistes ne sont pas d'accord, c'est évident: ils préfèrent encourager la paresse, le gaspillage et la gabegie généralisée. Et ils appellent cela le "progressisme" et la "justice sociale".

  • Posté par Christian Radoux, mardi 15 septembre 2020, 12:33

    Ben oui : ils vont à la pêche électorale "conseillés"par les mercenaires et p... de la "psycho-pédagogie"; vous savez, ces charlatans qui imposent d´enseigner selon leurs délires des matières qu'ils auraient été bien incapables d'étudier. L'imposture du siècle ! Comme cela les politicards se parent des oripeaux de la "science" pour nous asséner leurs décrets aux noms folkloriques et leurs "pactes". Des virtuoses de la novlangue ! Mme Glatigny aura bien du mérite si elle parvient à nettoyer un peu ce b...

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