Procès de Charlie Hebdo: les explications brouillonnes du principal accusé

Procès de Charlie Hebdo: les explications brouillonnes du principal accusé
Belga

Depuis une semaine, Ali Riza Polat promettait de «tout balancer». «Je suis dans une cour d’assises pour complicité pour deux enculés que je ne connais même pas», a lancé devant la cour d’assises spéciale de Paris Ali Riza Polat, en référence aux frères Chérif et Saïd Kouachi, auteurs de l’attaque contre Charlie Hebdo.

Insultes et coups de sang

«J’ai pas cherché des armes pour tuer des gens (...) Je cherchais des armes pour mes braquages et on vient me chercher pour cette affaire-là», a poursuivi l’accusé, lors d’un monologue ponctué d’insultes et de coups de sang.

Proche du tueur de l’Hyper Cacher Amédy Coulibaly, Ali Riza Polat est le seul des onze accusés présents au procès des attentats de janvier 2015 à répondre de «complicité» de crimes terroristes, passible de la perpétuité. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir servi de «bras droit» à Amédy Coulibaly et d’avoir joué un rôle central dans les préparatifs des attaques de l’Hyper Cacher et de Montrouge, mais aussi celle de Charlie Hebdo.

Une mise en cause que Polat a de nouveau contestée mardi: «il y a trois-quatre mois, je suis tombé sur un document, qui m’a fait comprendre beaucoup de choses», a-t-il indiqué, en exhibant un PV d’audition issu du dossier d’instruction. Lors de cette audition, un témoin aurait évoqué sous X son implication dans la préparation des attentats. Un témoignage contesté par Polat, qui l’attribue à un «indicateur» de la police, impliqué dans l’assassinat d’un «petit de la cité».

22 pages d’aveux

«Ces gens-là, ils ont assassiné quelqu’un d’une balle dans la tête», s’est emporté Polat, précisant avoir «tout balancé» voilà quatre mois au «parquet de Paris». «J’ai fait 22 pages d’aveux!», a-t-il ajouté.

Présent à la barre, un ancien responsable de la Sous-direction anti-terroriste (Sdat) a assuré qu’Ali Riza Polat avait été identifié grâce à des éléments fournis par l’un de ses co-accusés, et non sur la base de ce témoignage anonyme, bien plus tardif.

L’avocat général a reconnu de son côté l’existence d’une enquête, mais a écarté tout lien avec le procès Charlie. «Il s’agit de deux affaires différentes qui à mon sens n’ont pas grand chose à voir», même si «les investigations qui sont en cours nous éclaireront», a-t-il conclu.

 
 
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