L’argent, un motif d’inquiétude voire un «tabou» pour les jeunes

L’argent, un motif d’inquiétude voire un «tabou» pour les jeunes
Patrick Gueneau

L’argent est un motif d’inquiétude pour de nombreux jeunes qui en ont, en outre, une connaissance insuffisante, selon une enquête menée par Febelfin en collaboration avec le cabinet d’analyse Indiville auprès de 2.000 jeunes âgés de 15 à 30 ans.

Ainsi, 41 % des jeunes belges interrogés sont parfois très inquiets quant à leur situation financière, contre 16 % qui ne s’inquiètent jamais d’un manque d’argent.

Plus d’un sondé sur trois (36 %) a régulièrement peur de voir sa carte de banque être refusée dans un magasin et la même proportion craint régulièrement de ne pas avoir assez d’argent pour nourrir sa famille.

Les jeunes admettent eux-mêmes en savoir trop peu sur les questions d’argent. Ils sont 47 % à ne pas savoir comment gérer un budget et 74 % ne sait pas que les banques transforment l’épargne en crédits.

On observe une corrélation élevée entre la culture financière, l’intérêt pour la question et les problèmes d’argent. « Ceux qui comprennent moins bien leur situation financière s’occupent moins volontiers des questions d’argent et ont plus souvent des problèmes d’argent. Ces personnes se trouvent prises dans un cercle vicieux », constate Febelfin, la fédération du secteur financier belge.

Des parents réticents à parler d’argent

Lorsqu’ils ont des questions d’argent, 70 % des jeunes s’adressent en premier lieu à leurs parents. Mais ces derniers n’aiment guère parler d’argent avec leurs enfants. « En 2020, il est encore tabou de dire combien on gagne, combien on dépense ou la somme présente sur son carnet d’épargne. Les parents sont encore moins réticents à parler de sexe que d’argent avec leurs enfants. Il est donc difficile pour les jeunes d’apprendre à gérer leur argent et d’acquérir une culture financière », poursuit Febelfin, pour qui « le plus grand tabou en 2020 n’est pas le sexe, mais l’argent. »

Tout en soulignant l’important d’éduquer aux questions financières dès l’école, Febelfin lance ce mercredi une campagne dans laquelle des influenceurs néerlandophones et francophones partagent des témoignages « francs et familiers » sur la gestion de l’argent (« money confessions »), via leurs stories Instagram.

Febelfin compte également faire connaître la nouvelle plateforme « financesetmoi.be » sur laquelle les jeunes peuvent trouver diverses informations sur les questions d’argent.

 
 
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