Ursula von der Leyen propose à l’UE de réduire d’au moins 55% ses émissions de gaz à effet de serre pour 2030

Ursula von der Leyen prononce son premier discours sur l’état de l’Union
Ursula von der Leyen prononce son premier discours sur l’état de l’Union - AFP

Ursula von der Leyen, première femme à la tête de la Commission, a prononcé ce mercredi matin son premier discours sur l’état de l’Union, un exercice imposé à tous les présidents de l’exécutif et qui permet de mieux cerner leur personnalité.

Les soins de santé

La présidente de la Commission a commencé son discours en français en rendant hommage au personnel de soins de santé. Elle a ensuite enchaîné en allemand. « Notre priorité absolue est de sortir de tout cela et aider les gens qui en ont besoin », a-t-elle expliqué en relatant les difficultés que l’Europe traverse avec la pandémie de coronavirus. « Nous devons faire en sorte que notre nouveau programme ‘L’UE pour la santé’ résiste à l’épreuve du temps (…) Nous créerons une agence de recherche et de développement biomédicaux avancés au niveau européen, comme cela existe aux États-Unis », a-t-elle affirmé devant le Parlement européen. Nous devons créer une Union européenne de la santé plus forte ».

Le travail

La présidente a enchaîné ensuite sur l’économie.« La dignité du travail doit être sacrée (…) Tout le monde doit avoir un salaire minimum », a-t-elle déclaré avec fermeté. « Le salaire minimum fonctionne. Il est temps que le travail paie ».

Ursula von der Leyen a appelé aussi à avoir une union économique et européenne plus forte, de renforcer le rôle international de l’euro.

Le climat

Ursula von der Leyen propose un objectif ambitieux pour l’Europe. Les pays européens doivent réduire ses émissions de CO2 de 40 à 55 % d’ici 2030, une étape intermédiaire pour atteindre la neutralité carbone en 2050. « Nous devons être en première ligne, nous devons y arriver ».

L’objectif 2050 est une des pierres angulaires du « Green Deal » ou pacte vert européen, ambition centrale de l’exécutif européen dirigé par l’Allemande depuis l’an dernier.

La Commission avait précédemment indiqué qu’il faudrait revoir à la hausse l’objectif intermédiaire de 2030, actuellement fixé à -40 % par rapport aux niveaux de 1990. On savait que l’exécutif visait une fourchette de -50 % à -55 %. Ursula von der Leyen a confirmé mercredi face aux eurodéputés qu’elle mettra -55 % sur la table.

Il s’agit d’un « objectif ambitieux, réalisable et bénéfique pour l’Europe », a assuré Ursula von der Leyen. « Les émissions ont déjà baissé de 25 % depuis 1990, tandis que notre économie a connu une croissance de plus de 60 %. Et maintenant, nous avons davantage de technologie, d’expertise, etc. ».

Les eurodéputés de la commission Environnement ont quant à eux récemment plaidé pour intégrer un objectif 2030 de -60 % dans la « loi climat » européenne, tandis que les principales organisations de défense de l’environnement arguent qu’il faut scientifiquement au moins -65 % pour avoir des chances de respecter l’accord de Paris.

La Turquie

Ursula von der Leyen, a mis en garde la Turquie contre toute tentative d’« intimidation » de ses voisins dans le conflit gazier qui l’oppose à la Grèce en Méditerranée orientale.

« La Turquie est un voisin important et le sera toujours. Mais si nous sommes géographiquement proches, la distance entre nous semble ne cesser de croître », a-t-elle déclaré. « Oui, la Turquie se situe dans une région qui connaît des troubles. Et oui, elle reçoit des millions de réfugiés, pour l’accueil desquels nous versons une aide financière considérable. Mais rien de tout cela ne justifie les tentatives d’intimidation de ses voisins », a ajouté la dirigeante allemande.

« Nos États membres, Chypre et la Grèce, pourront toujours compter sur une solidarité totale de l’Europe pour protéger leurs droits légitimes en matière de souveraineté », a promis Ursula von der Leyen.

« La désescalade en Méditerranée orientale est dans notre intérêt mutuel », a-t-elle poursuivi. « Il n’y a qu’une voie à suivre : se garder d’agir unilatéralement et reprendre les pourparlers en toute bonne foi, car c’est la voie qui mène vers la stabilité et les solutions durables. »

Le brexit

Sur le Brexit et l’accord de retrait, von der Leyen a averti que l’accord scellant le départ du Royaume-Uni de l’UE, signé en janvier, ne pouvait pas être modifié unilatéralement.

« Il est impossible de le modifier unilatéralement, de l’ignorer ou de cesser d’en appliquer les dispositions. C’est une question de droit, de confiance et de bonne foi », a-t-elle affirmé.

Les migrants

« Sauvez des vies n’est pas optionnel », a déclaré la présidente de la Commission en citant notamment Moria, ce camp de réfugiés sur l’île grecque de Lesbos ravagé par un incendie.

LGBTQ

Les « zones sans LGBTQ » décrétées dans un certain nombre de villes polonaises sont des « zones sans humanité » qui « n’ont pas leur place » dans l’UE, a déclaré la présidente de la Commission, proposant également de renforcer les droits des couples homoparentaux dans l’Union.

« La Commission proposera bientôt une stratégie visant à renforcer les droits des LGBTQI (personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes). Je plaiderai en faveur de la reconnaissance mutuelle des relations familiales dans l’UE : si vous êtes parent dans un pays, vous êtes parent dans tous les pays », a-t-elle indiqué lors de son discours-programme sur l’état de l’Union devant le Parlement européen.

Le racisme

Ursula von der Leyen a annoncé son intention de présenter « un plan d’action » contre le racisme et les « crimes de haine, qu’ils se fondent sur la race, la religion, le genre ou la sexualité ».

« Il est temps à présent de construire une Union véritablement antiraciste – en condamnant le racisme, mais aussi en agissant », a-t-elle déclaré lors de son discours-programme annuel sur l’État de l’Union devant le Parlement européen.

Parmi les évolutions attendues, elle a promis de renforcer les « lois en matière d’égalité raciale là où des lacunes subsistent », mais aussi d’utiliser le budget de l’UE « pour lutter contre la discrimination dans des domaines tels que l’emploi, le logement ou les soins de santé ».

« Nous deviendrons plus sévères en matière d’application de la législation en cas de retard de mise en oeuvre », a averti la dirigeante allemande.

Elle a également assuré que l’UE améliorerait « l’éducation et les connaissances sur les causes historiques et culturelles du racisme », et s’attaquerait « aux préjugés inconscients, qu’ils soient le fait des citoyens, des institutions, voire des algorithmes ».

« En outre, la Commission désignera son tout premier coordinateur en matière de lutte contre le racisme afin d’accorder à cette question une attention prioritaire », a-t-elle aussi annoncé.

 
 
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