Arnaud Bodart avant Standard – Bala Town en Europa League: «On doit être plus costaud sur le plan mental»

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Sans jamais le dire ni le montrer, Arnaud Bodart avait pesté, la saison dernière, lorsque Michel Preud’homme avait pris la décision d’aligner le gardien serbe Vanja Milinkovic-Savic durant la campagne d’Europa, avant de modifier ses plans à mi-parcours de la phase de poules. « Enchaîner beaucoup de matches en étant jeune, ce n’est pas évident », dit-il aujourd’hui. « La gestion, à ce niveau-là, a été très bonne. Je voulais bien sûr commencer ces matches (NDLR : contre Guimaraes, à Arsenal et à Francfort) mais après réflexion et discussion, il était clair que pour moi, c’était la meilleure des choses. On sait à quel point les matches européens sont complexes. Il ne faut jamais vouloir être pressé. Tout vient à point à qui sait attendre. J’ai appris que la patience était l’une des grandes vertus du football ».

Ce jeudi, dans un stade de Sclessin désespérément désert, Arnaud Bodart disputera le 4e match européen de sa jeune carrière. Aux yeux de Philippe Montanier, le débat n’existait pas : son vice-capitaine part comme nº1 autant en championnat que sur la scène européenne. Pas question donc de récompenser la parfaite mentalité affichée par Laurent Henkinet. « Ce qu’on veut, c’est passer ces trois tours pour se hisser dans la phase de groupes », assure Bodart, qui n’entend pas sous-estimer l’équipe de Bala Town. « Sur un match sec comme ça, sur 90 minutes ou un peu plus, tout est possible et c’est ce qui fait la beauté du sport. Eux vont monter sur le terrain avec beaucoup d’envie et de rage. On doit donc être plus costaud sur le plan mental. Ce sera à nous de répondre présent et d’être encore plus motivés qu’eux… »

Colin Caton (Bala Town): «Faire honneur à nos supporters restés à la maison»

Par Philippe Gerday

D.R.
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Petite bourgade d’un peu plus de 2.000 habitants, Bala compte un club en Premier League galloise depuis 2009 et ses principaux faits d’armes sont le gain de la Coupe nationale en 2017 et quelques présences aux tours préliminaires de l’Europa League avec, cette fois, une qualification historique pour le deuxième tour. Un homme a tout vécu avec ce club : Colin Caton a pris le club en charge alors qu’il vivotait en… troisième division. C’était il y a 18 ans et l’histoire d’amour continue pour ce Guy Roux gallois dont le parcours a commencé comme un service rendu à un ami.

« Depuis deux ans, le directeur du club Nigel Aykroyd me demandait de prendre en charge la direction sportive du club », se souvient-il. « Face à cette demande, je lui avais recommandé d’autres coaches. Il est revenu constamment à la charge disant qu’il ne trouvait pas de candidat idéal. Puisque nous étions des amis, j’ai fini par céder jusqu’à ce qu’il trouve quelqu’un d’autre… et je suis toujours là (rires), toujours en train de poursuivre les objectifs en compagnie d’un bon comité et des bons joueurs à notre disposition. »

« Un rêve devenu réalité »

Un job que Colin Caton ne se voit plus lâcher de sitôt alors qu’il a contribué, au sens propre comme au figuré, à la construction d’un club qui jouait sur un terrain sans barrière de séparation, sur une pelouse qui ressemblait à un terrain vague. Le chemin qui menait au terrain n’était pas asphalté, il a fallu récupérer des sièges à Shrewsbury pour doter le « stade » Maes Tegid d’une tribune assise… « Oui, je suis là depuis 18 ans, participant à la transformation du club avec une injection financière à une petite échelle. J’ai toujours cette motivation de réaliser de grandes choses avec ce club. Nous venons d’une petite communauté agricole qui a gagné des matches loin de ses frontières. C’est un rêve devenu réalité, qui a permis aussi d’obtenir des récompenses financières. De tas de défis nous attendent encore : donner une belle opposition face au Standard, continuer à titiller les équipes pros de notre championnat qui sont TNS et Connah, franchir le pas du semi-professionnalisme et lutter avec les grands. »

Abonné aux éliminations au premier tour préliminaire au point d’y voir une malédiction, Colin Caton devient très émotionnel quand on évoque l’exploit sur le terrain de Valletta pour gagner le droit d’affronter le Standard. « Incroyable ! Accrocher ce premier succès en déplacement européen était magnifique, surtout dans le contexte du Covid et des restrictions (déplacements, matches amicaux, joueurs qui ont un job à plein temps dans le civil…) A titre individuel et pour le club, ce résultat va nous marquer pour de nombreuses années. Nous avons été submergés par l’émotion, une sensation inégalée. Dommage que peu de gens aient pu faire le déplacement. Nous ne pouvions faire la fête qu’avec quelques-uns. »

« Le Standard est un club immense »

Même si Colin Caton évoque l’AC Milan comme un de ses rêves les plus fous, il est comblé par le tirage. « Le Standard est un club immense. C’était une des plus grosses équipes que nous pouvions tirer. C’est réellement un plaisir de venir ici, jamais les joueurs n’ont pu jouer dans une si grande enceinte. L’inversion du tirage n’est pas vraiment une déception. Nous aurions dû disputer cette rencontre dans le sud du pays de Galles, soit 4 heures de route pour rejoindre Cardiff. Trouver du temps libre pour voyager en Europe n’est pas simple quand vous n’êtes pas pro. Jusqu’à la dernière minute, je risque d’être confronté à des joueurs qui ne peuvent se libérer. »

Colin Caton n’a qu’un souhait ce jeudi soir : que ses joueurs ne soient pas crispés par l’enjeu. « Nos renforts estivaux ont apporté de la force, de l’expérience avec quelques anciens pros pour aider les plus jeunes. Cela aurait été fantastique de voir nos fans à Liège. Nous affrontons un grand nom dans un stade réputé. Nous voulons donner une bonne image de nous parce que, même si nos fans ne sont pas là, beaucoup vont regarder le match à la télévision. C’est important d’être concentré sur notre tâche et ne pas être tétanisés. »

 
 
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