De 100 à 200 euros: la Wallonie va doubler les amendes pour les déchets sauvages

Le nouveau tarif pour un masque abandonné 
sur la voie publique sera compris entre 100 
et 200 euros.
Le nouveau tarif pour un masque abandonné sur la voie publique sera compris entre 100 et 200 euros. - Hans Lucas .

Il en coûtera bientôt plus cher aux crasseux qui, en Wallonie, abandonnent leurs mégots, canettes ou chewing-gum. Le gouvernement wallon a approuvé un projet visant à doubler le montant des amendes – de 100 à 200 euros. Et – air du temps oblige – il a étendu aux masques buccaux (jetables ou non) et aux gants la liste des déchets concernés par la répression.

Doublement aussi pour les amendes en cas d’abandon d’un emballage (y compris les bouteilles plastiques ou en verre), d’un sac-poubelle, d’un bidon d’huile usagée, de récipient, de déchets inertes et de déchets d’amiante. Le tarif passe ici de 150 à 300 euros. Entrée en vigueur espérée de la mesure : début 2021.

Depuis le début de la crise du coronavirus, ont montré des sondages en mars et en mai, plus de quatre communes wallonnes sur dix ont constaté une augmentation « moyenne à importante » des dépôts clandestins de déchets. Confrontés à la fermeture temporaire des recyparcs, certains négligents ont préféré se débarrasser de leurs déchets en les abandonnant n’importe où. Selon l’enquête menée par l’ASBL Be Wapp, les dépôts clandestins étaient majoritairement composés de déchets encombrants, d’ordures ménagères brutes et de déchets verts, et localisés principalement dans les zones boisées, les zones agricoles ainsi que, dans et autour des points d’apport volontaire tels que les bulles à verre et à textile.

Mais la traque et la répression vont se durcir. Outre l’augmentation des amendes et afin d’aider les communes à mettre la main sur les délinquants, la Wallonie va proposer une aide de maximum 25.000 euros aux communes désireuses d’acquérir et d’utiliser des caméras de surveillance. Budget total de l’appel à projet : 1,8 million d’euros. De quoi financer au minimum 72 communes.

Bon an mal an, 18.000 tonnes de déchets sauvages sont ramassées chaque année par les services communaux wallons, l’équivalent de 5 kilos par habitant et par an. Et c’est sans compter ce qui reste dans la nature… Outre les dégâts causés aux sols, à l’eau et à la biodiversité, « la gestion des déchets sauvages représente un coût annuel de 70 millions d’euros pour les communes, soit 20 euros par citoyen, affirme la ministre de l’Environnement Céline Tellier (Ecolo).

Une étude préliminaire sur la composition des déchets abandonnés en Wallonie montre que les mégots et les déchets de cigarette constituent environ 15 % (en poids) et 35 % (en nombre) des déchets identifiés. Les canettes représentent environ 10 % (en poids) et 5 % (en nombre) des déchets sauvages collectés.

On estime qu’un masque chirurgical qui contient du polypropylène non recyclable peut mettre 25 ans à se dégrader dans l’environnement. Le temps de décomposition d’un chewing-gum est de cinq ans, celui d’un mégot au moins douze ans. Contenant des milliers de substances toxiques, un seul mégot peut polluer 500 lires d’eau. Une canette met quant à elle de 200 à 500 ans pour se dégrader.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous