Sven Mary plaide pour Stéphane Pauwels: «Cet homme n’a pas sa place en prison»

Sven Mary plaide pour Stéphane Pauwels: «Cet homme n’a pas sa place en prison»
Belga

Me Sven Mary plaide pour Stéphane Pauwels, vendredi matin devant le tribunal correctionnel de Charleroi délocalisé à Mons. Stéphane Pauwels encourt une peine de quatre ans comme co-auteur d’un vol avec violence à Lasne, six mois de prison pour détention de produits stupéfiants et 10 mois pour une tentative d’entrave à l’instruction. Il est en aveux de détention de cocaïne mais pas du reste.

Le 6 mars 2017, trois hommes armés ont fait irruption dans la maison de Frédéric G. à Lasne en pensant y trouver le pépiniériste. Mais il était absent. Par contre, son comptable, Frédéric L. s’y trouvait. Ce dernier a été molesté et ligoté par les malfrats qui recherchaient aussi de l’argent.

Quelques semaines plus tard, Stéphane Pauwels, animateur de RTL TVI, était interpellé et conduit chez le juge d’instruction.

Pour le ministère public, l’affaire est simple : Stéphane Pauwels et sa compagne, soucieux de régler le compte de Frédéric G. qui harcelait la jeune femme, a demandé à Jamal E. de constituer une équipe, qui devait se rémunérer avec le butin.

La défense de Stéphane Pauwels a une autre version des faits et Me Mary a dressé une ligne du temps.

Tout débute durant l’année 2016, année cruciale dans la vie de Stéphane Pauwels qui se sépare de sa compagne et vit très mal cette rupture. Il découvre alors le monde de la nuit et rencontre de nouvelles personnes, dont Jamal Ennif, soupçonné d’avoir joué l’intermédiaire entre Stéphane Pauwels et les braqueurs.

Au début de l’été, Noëlle Colassin s’évade de chez Frédéric G. Ce dernier n’accepte pas cette rupture et commence à harceler la jeune femme qui n’en peut plus. Elle rencontre Stéphane Pauwels et souhaite qu’il la protège du harceleur. Une fiche d’information est rédigée à la police car la jeune femme en a marre d’être harcelée mais rien ne se passe.

L’avocat poursuit en racontant, qu’à la fin du mois d’octobre 2016, le harcèlement bat son plein mais la prise de cocaïne aussi. Selon Me Mary, Jamal Ennif était très fier d’être l’ami de Stéphane Pauwels et il roulait des mécaniques, lui proposant de régler ses problèmes car Stéphane Pauwels est excédé et il échange des messages virulents avec l’ex-compagnon de Noëlle, avec des menaces. Mais ce n’étaient que des mots « d’une grande bouche », dit Me Mary.

Le 22 octobre 2016, Stéphane Pauwels présente Noëlle Colassin, dit Vanessa, à Jamal Ennif. Stéphane Pauwels n’en pouvait plus et il a demandé à Ennif d’aller parler à Frédéric G. et, si ce dernier n’entendait rien, de lui donner une claque ; « mais pas pour commettre un vol ou une séquestration », insiste Me Mary.

La situation se calme en novembre, après une rencontre entre Jamal Ennif et Frédéric G., le premier déclarant au second qu’il connaît « des grosses têtes ».

Le 28 décembre 2016, Frédéric G. reçoit des menaces de mort par téléphone, c’est Ennif au bout du fil.

Le 14 janvier 2017, Jamal Ennif, qui avait besoin d’argent, propose le coup à Lufu Kabongo.

Le 6 mars 2017, trois hommes entrent dans la maison de Frédéric G. et molestent son comptable qui porte le même prénom. « Stéphane Pauwels n’avait aucun intérêt à commanditer un vol, il gagnait bien sa vie ! », déclare l’avocat qui plaide l’acquittement si la prévention de vol avec violence devrait être requalifiée en coups et blessures, avec préméditation. « Et si le but était de cogner Frédéric G., pourquoi s’en prendre à l’autre ? Les auteurs savaient très bien qu’il ne s’agissait pas de Frédéric G. car Ennif avait une photo de lui et Lufu en a parlé dans sa déclaration, avant de se rétracter. En plus, sa voiture n’était pas là ».

Le jour même, Jamal Ennif part au Maroc mais, avant de partir, il fait un crochet par Colfontaine, dans le Borinage, région d’origine de Farid Hakimi. Il a répondu qu’il était allé acheter… des chaussettes ! « Et sur base des déclarations de cet homme que vous allez vous forger votre conviction pour condamner Stéphane Pauwels ? »

Me Mary ajoute que les acteurs du grand banditisme utilisent plusieurs téléphones pour brouiller les pistes. Pauwels et Colassin n’ont jamais usé de tels artifices. « Stéphane Pauwels a un casier judiciaire vierge et il n’a pas la personnalité d’organiser tout ça. Dans la première affaire de corruption au sein du foot belge, il était manager à La Louvière et il fut l’un des premiers à dénoncer les faits, ce n’est pas un homme malhonnête ».

L’acquittement a été plaidé. A titre subsidiaire, une suspension du prononcé de la condamnation a été plaidée en faveur de celui « qui a vécu l’orage de sa vie ». « Il a tout perdu à cause de son procès. Il ne lui reste plus que 4 personnes sur qui compter, dont sa fille et sa nouvelle compagne avec qui il a retrouvé une vie saine. Cet homme n’a pas sa place en prison. »

 
 
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