Pas de café de qualité sans durabilité !

Plus de 2 milliards de tasses de café sont consommées chaque jour dans le monde. Mais savez-vous que les caféiers sont menacés d’extinction d’ici 2080 ? Pour ne pas en arriver là, des programmes d’action pour limiter les conséquences du dérèglement climatique et améliorer la situation des caféiculteurs sont mis en place.

Selon une étude britannique publiée l’an dernier, 60 % des 124 variétés de café sauvage seraient amenées à disparaître. En cause, notamment, la déforestation et les dérèglements climatiques. Mais la production de café elle-même a des répercussions sur le réchauffement de la planète. Produire du café de manière durable, dans le respect de la biodiversité et des communautés de caféiculteurs, n’est donc plus une option si nous souhaitons encore déguster à l’avenir un petit noir de qualité. Car oui, qualité et durabilité sont intimement liées.

Protéger et redynamiser la culture du café

Sur le terrain, des actions sont mises en œuvre. Cela passe, par exemple, par de l’assistance technique, des formations. Pour mettre en place une gestion raisonnée des ressources en eau, des méthodes de culture respectueuses de l’environnement, des « nurserie » de caféiers dont les pousses sont ensuite vendues à des prix très bas aux membres d’une même communauté de caféiculteurs… C’est en tout cas l’un des axes du Programme AAA lancé par Nespresso et Rainforest Alliance depuis 2003. « Combiner l’expertise de Nespresso en matière de café à nos connaissances en matière de durabilité et des meilleures pratiques agricoles assure la production d’un café exceptionnel tout en protégeant la biodiversité, insiste l’ONG. Nous nous appuyons sur 39 critères de durabilité établis avec le Sustainable Agriculture Network, couvrant des domaines aussi variés que l'utilisation optimale de la ressource en eau, la biodiversité ou le traitement équitable des ouvriers. » Rien qu’en 2019, près de 400 agronomes du Programme ont visité 170.000 fermes afin de leur dispenser des formations.

La culture du café s’en trouve redynamisée à tel point que dans certaines régions, comme en Ouganda, dans la province de Caqueta en Colombie ou encore au Zimbabwe, des productions qui avaient disparu, à cause de catastrophes environnementales, des difficultés économiques ou des conflits, ont pu être relancées.

Pérenniser les activités des caféiculteurs

Si les connaissances sont cruciales, les moyens le sont tout autant. Sauvegarder la sécurité financière et sociale des producteurs est l’un des autres objectifs durables du Programme AAA. Ainsi, outre des primes offertes aux caféiculteurs, le prix d’achat du café proposé est 30 à 40% supérieur au prix standard du marché. Une « assurance récolte » compense les pertes éventuelles liées aux catastrophes naturelles. Un fonds de pension destiné aux caféiculteurs a également été mis sur pied en Colombie avec l’aide de Fairtrade International, et ce dès 2013 ; 1.500 cultivateurs y sont affiliés. « Ces démarches sont cruciales pour pérenniser leurs activités, assurer des revenus sur le long terme mais aussi susciter de nouvelles vocations », note l’association qui œuvre pour faciliter la consommation équitable au Nord dans le but de permettre le développement durable des producteurs marginalisés du Sud.

Plus le niveau de vie des fermiers augmente, plus ils investissent dans l’amélioration de la qualité du café, et plus la qualité du café augmente, plus leur niveau de vie augmente. Tout cela avec un impact écologique positif, puisqu’avec une meilleure approche agronomique et un objectif qualitatif plutôt que quantitatif, ils participent à la revitalisation des sols et à la préservation de la biodiversité. » De quoi assurer l’avenir de l’arôme de notre prochain café…

La Une Le fil info Partager
Sommaire