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Sortie du nucléaire: la difficile confirmation d’une décision vielle de dix-sept ans

La loi qui prévoit l’extinction des centrales date de… 2003. Mais il faudra remplacer le nucléaire sans compromettre la sécurité d’approvisionnement. Ce n’est pas encore gagné.

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Journaliste au service Economie Temps de lecture: 2 min

Sortir du nucléaire ? Ça fait… dix-sept ans que c’est décidé ! Depuis la loi du 31 janvier 2003 « sur la sortie progressive de l’énergie nucléaire à des fins de production industrielle d’électricité ». Oui mais voilà, nombreux sont ceux qui n’y croiront que quand ils le verront. En 2013 et 2015, cette loi avait déjà été amendée pour prolonger la durée de vie des réacteurs de Doel 1 et 2 et de Tihange 1. Mais le calendrier d’extinction du feu nucléaire est bien connu : il commence en octobre 2022 (Doel 3) et se termine en décembre 2025 (Doel 2). Alors pourquoi le gouvernement Vivaldi doit-il redire ce que tout le monde est censé savoir ?

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2 Commentaires

  • Posté par Weissenberg André, vendredi 25 septembre 2020, 21:12

    On vise juste en affirmant qu'il existe une foultitude de secteurs dans lesquels rien n'a été fait depuis (plus de) 20 ans pour réduire drastiquement la consommation d'énergie et les émissions. C'est le cas notamment du parc immobilier des particuliers. C'est ainsi que la construction neuve passera seulement l'année prochaine aux normes BEN/QZEN ... Par contre, pour ce qui est de l'autre argument écologiste à l'emporte pièce qu'il faudrait "consommer autrement" (voire favoriser la "décroissance"), c'est illusoire. C'est là un des délires écologistes les plus flagrants à base idéologique. Même si on mettait du LED partout et que nos frigos seraient demain tous A10+, la demande en énergie continuerait de croître structurellement pour une série de raisons: multiplication des foyers, et au sein de ces derniers, multiplication des objets connectés ou consommant de l'électricité en permanence, influence de la dématérialisation et du monde numérique, électrification des moyens de déplacement ... etc. Que les énergies renouvelables soient à même de rencontrer ces besoins et cette demande (croissants !) en permanence - en termes de capacité - est tout simplement un mensonge grotesque, tout comme il est grotesque d'affirmer - vu l'intermittence de ces sources d'énergie - qu'elle est disponible en permanence ou encore que capacité installée = capacité effective/disponible. Voyez la Californie. Cet État américain s'est déjà trompé pour la deuxième fois de modèle en ce qui concerne la gestion de l'énergie. Il y a 20 ans, pour des raisons idéologiques et sous le couvert de diminuer la facture électrique des particuliers, après avoir réduit la part du nucléaire (stop aux nouvelles constructions et arrêt de certaines unités) et avoir tout misé sur les opérateurs virtuels et l'achat des surproductions des opérateurs dans d'autres États sur le marché de l'électricité. Avec le résultat que la Californie s'est retrouvée finalement sans aucun producteur d'électricité ... et sujette à des blackouts à répétition. Ces dernières années, persistant dans la même voie anti-nucléaire, la Californie a tout axé sur la production d'énergie renouvelable. Aujourd'hui, à cause de l'intermittence de cette production et de l'absence de sécurité d'approvisionnement, et malgré l'importation à prix élevé d'électricité produite dans d'autres États, la Californie est à nouveau sujette à des blackouts et à des "délestages" intempestifs . En plus, la facture du consommateur californien d'énergie a explosé ... Bien sûr, le mensonge le plus flagrant concerne la dangerosité de l'industrie nucléaire. Déchets nucléaires, risque industriel, ... Le risque industriel existe, bien entendu. Á cet égard, Fukushima, plus que Tchernobyl, a démontré que ce risque pouvait être contenu. Il peut même être considéré comme "acceptable" par comparaison avec le risque effectif attaché à l'exercice d'autres activités industrielles - tant en termes de fréquence d'accidents qu'en termes de gravité de cesaccidents. En effet, cet accident nucléaire a sans aucun doute démontré que les conséquences des risques associés à d'autres activités industrielles (par exemple la chimie, la pétrochimie, les engrais ... et en général les activités catégorisées "SEVESO") sont beaucoup plus dangereuses - cfr Bhopal, cfr AZF à Toulouse ou encore tout récemment la catastrophique double explosion dans le port de Beyrouth .... Le terrorisme représente bien entendu aussi un risque, mais sans s'élever plus haut que le risque industriel propre. Le risque le plus important en matière nucléaire se situe toutefois sur le plan de la gouvernance. C'est ce qu'on a constaté à contrario à Tchernobyl, où la "culture d'irresponsabilité" à base d'idéologie socialiste (ce qu'on appelle "la verticale du mensonge") a été à la fois la cause de la catastrophe tout en empêchant d'en limiter efficacement et rapidement les conséquences humaines et matérielles du fait de la communication d'informations incorrectes. De la même manière que, en matière de transports, l'avion et le train sont plus sûrs que la route, le nucléaire est au sommet de la pyramide en matière de sécurité en ce qui concerne la production d'énergie et, de manière plus générale, en matière industrielle. Les statistiques le démontrent à suffisance, malgré les "incidents nucléaires" toujours mis en avant par les écologistes pour tenter de faire peur à la population. Ces derniers "incidents" contribuent - tout au contraire de ce que prétendent les écologistes - à démontrer le sérieux avec lequel est pris la sécurité dans l'industrie nucléaire. C'est bien simple: il n'y a pas plus surveillé ! Il n'y a donc aucune raison de céder à des craintes quelconques, ni à fortiori de se laisser aller à des mouvements de panique, comme Mme Merkel après Fukushima. Quant aux déchets, là encore, les écologistes jouent de l'asymétrie de l'information en omettant de clarifier que les déchets ne sont déjà plus un problème pouvant être présenté comme insurmontable et/ou source de dangerosité par eux-mêmes. Dans un futur proche, et à condition de disposer de nouvelles infrastructures nucléaires, la quantité de ces déchets pourra en effet être divisée par mille par le fait du recyclage et de leur utilisation comme carburant nucléaire. Enfin, pour ceux qui ne voudraient pas subir l'influence du nucléaire, et pensent que la loi de sortie du nucléaire les apaisera, ils font fausse route. Comme l'a encore une fois démontré l'accident de Tchernobyl à contrario, c'est totalement impossible. La Belgique est cernée par les réacteurs nucléaires implantés à l'étranger, projetés, en construction ou existants, qu'ils soient opérationnels ou non. Fermer les seules centrales belges n'y changera rien. Le seul effet de la sortie belge du nucléaire sera de multiplier par au moins un facteur 3 le montant de la facture électrique du particulier belge (en plus des subventions ... payées par le même consommateur électrique, cette fois comme contribuable ...). Où va tout cet argent? Bien entendu dans les poches de toute une série d'intermédiaires qui s'enrichissent ainsi sur le dos du consommateur belge, en plus des fabricants et vendeurs de photovoltaïque et d'éolien, principalement originaire de l'étranger ... La somme de tous ces surcoûts (par rapport à l'époque où la Belgique consommait exclusivement de l'électricité produite par ses centrales nucléaires amorties ...) , c'est ce que je qualifierais de "coût de la peur du nucléaire" pour le citoyen belge.

  • Posté par Weissenberg André, vendredi 25 septembre 2020, 20:39

    Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis ... Il n'y a pas de mal à admettre qu'on s'est trompé. Pas de mal à admettre que la loi de 2003 a été adoptée en jouant sur la crédulité et la naïveté d'une partie de la population et sur la base de concepts et d'informations biaisés. Pas de mal à admettre que cette loi est le fruit d'une campagne idéologique anti-nucléaire orchestrée par les écolos en misant sur l'asymétrie de l'information, alimentée principalement par ce qui apparaît aujourd'hui comme des contre-vérités et des mensonges qualifiés. Exemples de mensonge qualifié (outre ceux sur les "incidents" et leurs conséquences, sur les déchets nucléaires et sur la dangerosité effective de cette industrie): les énergies renouvelables sont "gratuites" (on sait tous aujourd'hui ce qu'il en est: c'est totalement faux ! La mise à disposition des énergies renouvelables est tout simplement impayable et anti-économique, comme l'ont découvert les Allemands à la suite des faillites en cascade d'opérateurs de parcs éoliens offshore); les besoins futurs en énergie peuvent être aisément couverts par les énergies renouvelables (pour rappel: tout est à faire et on sait aujourd'hui qu'il n'y a tout simplement pas la place nécessaire sur le territoire belge pour y installer la capacité renouvelable nécessaire pour couvrir ne fût-ce qu'une fraction des besoins ... actuels ! Alors, vous pensez bien ce qu'il en est de la sécurité d'approvisionnement et de la couverture des besoins futurs ...); l'isolation et le changement de comportement des citoyens réduiront la demande énergétique future (là aussi, c'est totalement faux. La multiplication des foyers, la dématérialisation et la société numérique ainsi que la multiplication des objets connectés, sans compter l'électrification des moyens de déplacement !) engendreront une croissance de la demande électrique inégalée !). Pas de mal enfin à admettre que le nucléaire fait partie de la solution dans la "lutte contre le réchauffement climatique", cet autre concept écologiste fourre-tout parfaitement obscur ... et lui aussi impraticable car postulant à tort que l'homme a la main sur la nature, alors que cette dernière lui démontre chaque jour que c'est faux. Pourtant, le nucléaire peut contribuer - de manière significative - au seul élément tangible de cette "lutte", à savoir la réduction des émissions. Qui voudrait s'en priver dans un tel contexte? Il n'y aurait donc aucun mal à admettre qu'on s'est trompés et à abroger cette loi. Plus encore, il n'y aurait aucun mal à adopter dans la foulée un plan de ré-équipement nucléaire visant à installer sur chacun des trois sites nucléaires belges (Doel, Tihange et Chooz) un nouveau réacteur de type EPR (quitte à le faire construire partiellement par les Chinois, qui en construisent aussi et les mettent en service "à la pelle" chez eux, si d'aventure la confiance devait manquer dans les capacités de nos voisins français à cet égard) et à conserver opérationnels le temps qu'il faudra les meilleurs des réacteurs nucléaires de la génération précédente. Ca, c'est ce que je qualifierais de "choix responsable" à même de rencontrer plusieurs objectifs: relance de l'économie, création d'emploi et lutte contre le réchauffement climatique. Relance de l'économie belge par la mise à disposition d'énergie bon marché produite par des centrales nucléaires amorties ...; relance industrielle par le plan de ré-équipement évoqué et par le démantèlement simultané des centrales les plus vétustes. Création d'emploi industriel, d'emploi qualifié et d'emploi à très haute valeur ajoutée. Mise sur les rails (enfin!) d'une solution réaliste et effective pour rencontrer les objectifs climatiques et notamment en termes de réduction d'émissions, notamment par la fermeture de toutes les productions d'énergie à base carbonée (puisque la Belgique n'a pas de capacités industrielles à délocaliser pour faire semblant de réduire ses émissions ...).

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