Accord de gouvernement fédéral - La FGTB partagée entre satisfaction et amertume

L'accord de gouvernement comprend un important volet santé, à la suite de la crise due à la pandémie de Covid-19. La norme de croissance du budget des soins de santé sera portée à 2,5% à partir de 2022, alors qu'elle avait été réduite de 3% à 1,5% sous le gouvernement de Charles Michel. Un satisfecit pour Thierry Bodson, président du syndicat socialiste, qui relève également la pérennisation de la dotation d'équilbre.

"Le financement de la sécurité sociale était hyper important à nos yeux. C'est là le signal qu'il y a bien une prise de conscience de son importance après la crise du coronavirus", commente-t-il au lendemain d'un bureau fédéral de son organisation.

Avant d'ajouter un bémol. "Le financement reste assez nébuleux. Nous resterons donc très attentifs aux détails budgétaires et à la manière de dégager des recettes nouvelles", prévient le président de la FGTB.

L'accord suscite également quelques critiques de sa part. Thierry Bodson regrette ainsi "amèrement" la désignation de deux ministres en charge des réformes institutionnelles notamment chargés d'une répartition plus homogène des compétences dans les soins de santé.

Il déplore également l'absence du retour de l'âge de la pension à 65 ans, qui était "immensément important" pour le syndicat socialiste, et la question des métiers pénibles qui y est liée et qui n'est pas abordée dans l'accord. "On demandait une pension de 1.500 euros net pour 2024. Avec 1.580 euros brut, on en est fort éloignés. C'est une grosse déception."

La politique du marché du travail ne reçoit pas non plus d'éloges du syndicat socialiste. "Le mot d'ordre ici est flexibilité, flexibilité, flexibilité et encore flexibilité. Cela va à l'encontre de nos demandes et de celles des travailleurs", fustige encore le président de la FGTB, notant également l'absence de mention des services publics dans l'accord de gouvernement.

Le syndicat n'y sent pas de véritable inflexion générale au niveau politique. Il n'y a pas le changement de cap espéré, pas de mise en place d'une réforme fiscale qui mettrait à contribution d'autres revenus que ceux du travail, énumère son président. "On reste un des rares pays au monde à ne pas taxer les plus-values", conclut Thierry Bodson.

 
 
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