Inquiétude sur le bilan humain après des crues exceptionnelles en France et en Italie, une trentaine de disparus

Inquiétude sur le bilan humain après des crues exceptionnelles en France et en Italie, une trentaine de disparus

Les pluies diluviennes suivies de crues soudaines dans le sud-est de la France et le nord-ouest de l’Italie ont coûté la vie à au moins deux Italiens, dont un pompier, tandis que les autorités des deux pays faisaient samedi soir état d’une trentaine de disparus.

Les dégâts sont graves des deux côtés de la frontière : de nombreux villages ont été dévastés par les eaux et les glissements de terrain, des routes et des ponts ont été endommagés ou détruits, et des centaines de pompiers restaient mobilisés pour apporter de l’aide et rechercher les disparus, notamment de part et d’autre du col de Tende qui relie les Alpes ligures au département français des Alpes maritimes.

En Italie, un pompier volontaire de 53 ans est mort au cours d’une intervention dans le Val d’Aoste et un homme s’est noyé lorsque sa voiture est tombée dans la rivière Sesia. La région du Piémont a évoqué une situation « extrêmement critique ».

Par ailleurs, 22 personnes – 18 Italiens et quatre Allemands – sont portées disparues au col de Tende, a indiqué la Protection civile italienne. Les Allemands sont une famille « composée de quatre personnes, deux grands-parents et deux petits-enfants », selon une porte-parole.

Selon le président de la région du Piémont, ces intempéries sont les plus graves depuis 1994, lorsque la crue du Po et du Tarano avait fait 70 morts.

En France, dans les Alpes-Maritimes, les secours ont signalé huit disparus certains, dont deux pompiers et deux personnes âgées emportées par l’effondrement de leur maison dans une rivière. On restait par ailleurs sans nouvelles de nombreuses autres personnes.

Il n’était pas possible de savoir samedi soir si certains disparus étaient comptabilisés à la fois par les secours français et les secours italiens, qui se sont coordonnés pour mener les recherches.

« Situation catastrophique »

Dans le Piémont italien, « la situation est dramatique », a jugé le commandant des pompiers local, Vincenzo Bennardo, cité par l’agence Ansa.

De Vintimille à Biella, les pluies abondantes qui se sont abattues à partir de vendredi après-midi sur cette région vallonnée ont provoqué inondations, éboulements, glissements de terrain et causé d’importants dégâts matériels.

La vallée de la Roya, à cheval sur la France et l’Italie, a été coupée du monde de nombreuses heures et des localités le restaient samedi soir, en raison des routes éventrées ou de l’absence d’électricité et de réseau téléphonique.

C’est dans cette zone que se trouvent les communes les plus touchées côté français, dans l’arrière-pays de Nice, ainsi que dans les vallées de la Vésubie et de la Tinée, enclavées dans des zones montagneuses du massif des Alpes.

Le Premier ministre français Jean Castex, venu sur place, a exprimé sa « vive inquiétude sur le bilan définitif ». Selon lui, le bilan est « à ce stade » d’« au moins huit (personnes disparues) certaines, et de très nombreuses personnes dont nous sommes sans nouvelles ».

L’armée française et des centaines de secouristes sont déployés pour rechercher les disparus, apporter par hélicoptère des moyens médicaux aux habitants isolés et évacuer certains d’entre eux.

« Beaucoup de routes sont coupées, des pans de route se sont effondrés (…) On voit aussi quelques maisons qui sont perchées au-dessus du vide parce que le lit de la rivière a emporté la route », selon un porte-parole des pompiers français.

Dans le village de Roquebillière, « on a vu la Vésubie qui avait débordé de son lit (…) Tout a été emporté, une partie du vieux pont en fer a été emportée aussi, le camping… », a raconté Serge Franco, un sexagénaire. « On est tous abasourdis ».

Deux personnes âgées ont été emportées par les flots dans l’effondrement de leur maison dans le village. « Les pompiers n’ayant pas assez de corde longue, et même avec nos cordes à nous, on ne pouvait pas arriver à la maison, donc pour les sortir c’était trop tard, puis la maison a été emportée d’un coup », a raconté un témoin de la scène, Patrick Theus.

« La situation est catastrophique dans certaines communes », a déclaré le député français des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti.

 
 
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