Présidence du MR: Jean-Luc Crucke demande des solutions, pas «des clopinettes»

Présidence du MR: Jean-Luc Crucke demande des solutions, pas «des clopinettes»
Belga

Les éminences du MR se sont retrouvées lundi matin au siège du parti pour leur Bureau politique. Au centre des discussions : la gouvernance du parti et plus particulièrement le sort du président, Georges-Louis Bouchez, sévèrement contesté après l’annonce des nominations au gouvernement fédéral et un remaniement avorté au gouvernement wallon. Tous plaident à tout le moins pour une plus grande collégialité.

Une proposition d’encadrer le président de quatre personnalités du parti en fonction des niveaux de pouvoir concernés est sur la table mais elle ne semble pas faire l’unanimité. Le scénario ne paraît pas « très judicieux » à l’ex-ministre fédéral Daniel Bacquelaine et président provincial d’un MR liégeois grand oublié du nouveau casting.

« Il faut un président avec de vrais pouvoirs », a-t-il ajouté, rappelant qu’il attendait une « réparation car le parti a été blessé par certaines méthodes et décisions ».

Le ministre wallon du Budget Jean-Luc Crucke s’est montré plus direct. « Les solutions ne peuvent être des clopinettes. Le problème est plus fondamental : il s’agit de savoir si aujourd’hui la confiance existe encore. Nous ne sommes pas dans une autocratie où des décisions sont prises parce qu’on en a rêvé la nuit. Nous devons trouver des solutions de gouvernance dans lesquelles la démocratie est préservée, qui font que quand on s’exprime à l’extérieur, on est certain que c’est ce que pense le parti », a-t-il souligné.

À l’instar des autres mandataires qui se sont exprimés, le ministre n’a pas parlé de démission ou d’élections anticipées même s’il a jugé que la deuxième piste était « une solution qui existe aussi ». À titre personnel, il n’est pas demandeur de remplacer M. Bouchez, a-t-il assuré : « je suis un Wallon, régionaliste, ministre du Budget et mon ambition est que mon conclave budgétaire se passe bien ».

« Il y a différentes hypothèses », a de son côté indiqué le vice-président du gouvernement wallon, Willy Borsus, qui insiste comme d’autres sur la nécessité d’« un esprit de dialogue ». « C’est une dynamique plus collégiale que l’on doit avoir sur certaines décisions, des décisions qui doivent être partagées et assumées ensemble », a-t-il poursuivi, jugeant qu’« avoir un groupe avec des représentants fédéraux, régionaux et communautaires prend tout son sens ».

Denis Ducarme, redevenu simple député après avoir été proposé pendant deux heures au gouvernement wallon, n’a pas caché sa colère devant la situation. « On va essayer de sortir du bureau avec un consensus. Ça ne peut plus durer comme ça, l’image que l’on donne dans la population est dégueulasse », a-t-il lancé. L’ex-ministre des Indépendants doute par ailleurs qu’un « président sous tutelle » soit une « solution praticable ».

Il n’y a même pas un an, le jeune président Bouchez était élu avec le soutien des « barons du parti ». Aujourd’hui, l’exaspération de bon nombre d’entre eux semble être à son comble. « J’en ai marre des autocrates », a résumé la présidente du Sénat, Sabine Laruelle.

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