Accueil Opinions Chroniques

La chronique «Alternatives»: «Comment de Juliette Gréco on en arrive à Donald Trump»

Pour notre chroniqueur, le gauchisme fut, dans le Chili de Salvador Allende, l’allié du putschisme. Il s’en souvient à partir d’une évocation de Juliette Gréco qu’il étire jusqu’aux prochaines élections américaines

Article réservé aux abonnés
Chroniqueur Temps de lecture: 3 min

Le personnage de Juliette Gréco, l’égérie de la chanson de Saint-Germain-des-Prés, qui vient de nous quitter, me rappelle une scène inoubliable.

On connaît la formule : la liberté du néolibéral c’est « celle du renard libre dans le poulailler libre ». Je trouvais la formule jolie. J’eus, un certain soir, dans le quartier le plus huppé de Santiago du Chili, assistant à un gala donné par Juliette Gréco, l’occasion de prendre conscience, au détour d’une simple chanson, à quel point elle était, cette définition, beaucoup, beaucoup plus que simplement brillante.

Cet article est réservé aux abonnés

Découvrez la suite, 1€ pour 1 mois (sans engagement)

J'en profite

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

4 Commentaires

  • Posté par Persenaire André, mardi 6 octobre 2020, 17:54

    Jean-François Kahn, un homme simple, qui va écouter Juliette Gréco à Santiago du Chili. À 5.000 francs la place ...

  • Posté par Naeije Robert, mardi 6 octobre 2020, 9:36

    Cela paraît piquant, mais la réalité fut tout autre. La gauche unie avait gagné les élections avec 36% des voix, et avec Allende au pouvoir entreprit une espèce de coup de Prague à la sud-américaine. La planification centrale de l'économie avec élections avec nationalisations, mise en place de personnalités idéologiquement correctes à tout poste de responsabilité (professeurs, chefs d'entreprise) et mesures liberticides associées ne tarda pas à provoquer un immense mécontentement. Grèves et manifestations anti-gouvernementales devinrent généralisées dans un contexte d'hyper-inflation et d'appauvrissement généralisé. Ce n'était pas le fait de quelques groupes extrémistes débordant le très sage parti communiste que la majorité des chiliens salua avec soulagement le coup d'état de Pinochet. Juliette Gréco avec sa chanson visant les colonnels grecs n'avait rien compris, tout comme la majorité de l'intelligentsia parisienne.

  • Posté par Alexandre Fabienne, jeudi 10 décembre 2020, 10:37

    Les Chiliens, par la suite, ont dû s'en mordre les doigts d'avoir plébiscité Pinochet.... Lorsqu'on voit la caravane de la mort qui est un escadron de la mort qui sillonna le Chili du 30 septembre au 22 octobre 1973 et pendant laquelle 120 personnes furent assassinées notamment lors de vols de la mort, exécution sommaire consistant à jeter la victime vivante depuis un avion ou un hélicoptère,..... L'usage de la torture sur les opposants était institutionnalisé. Les tortures pratiquées comprenaient : l'usage de rats, torture par électricité, torture par l'eau, privation d'eau et de nourriture pendant plusieurs jours, viols, tortures psychologiques (tortures et viols de sa famille devant le prisonnier, humiliations diverses, privation de sommeil). Certains étaient pendus par les pieds]. Les prisonniers étaient également régulièrement frappés, et souvent drogués. Certains détenus étaient jetés dans la mer depuis des hélicoptères, après qu'on leur eut ouvert l'estomac au couteau (pour empêcher les corps de flotter)[18]. Au sein des centres de torture, les cellules font parfois 70 centimètres de large, certains détenus sont placés au milieu de cadavres[20]. Des mineures sont torturées nues, et pendues par les poignets.... La grève est passible de la peine de mort dans certains secteurs... Parallèlement à cette répression, les libertés publiques sont supprimées, la liberté de la presse est abolie et toute activité politique est suspendue. Les responsables politiques locaux et l’ensemble des maires sont destitués, leurs remplaçants étant nommés par la junte.... En décembre 1973, soit 2 mois et demi après le putsch, 18.000 prisonniers sont détenus dans des camps de concentrations bâtis hâtivement.... À la suite du coup d'État, de nombreux artistes sont arrêtés, torturés, assassinés (comme Víctor Jara). La maison de Pablo Neruda est pillée par les militaires. Des groupes de musique s'exilent, comme Los Jaivas, et leur musique ne peut être distribuée au Chili que clandestinement. La production cinématographique s'écroule, et les principaux réalisateurs s'exilent (comme Raúl Ruiz). Les principaux écrivains sont également emprisonnés ou contraints à l'exil (comme Luis Sepúlveda et Isabel Allende), alors que tout ce qui est littérature de gauche est brûlée dans les rues. Pendant l’ensemble de la période de la dictature, « des centaines de milliers de livres furent confisqués et détruits ».... La dictature militaire met au pas les universités : des étudiants sont arbitrairement exclus des universités, des professeurs sont arrêtés, expulsés, torturés ou fusillés. Des militaires sont nommés à la tête de toutes les universités. ....... Après le putsch, les classes aisées ont bénéficié de l'expansion économique (due aux privatisations en masse ,à la suppression de l'enseignement gratuit, à une baisse des pensions, à une diminution des services de santé publique, etc), ce fut moins le cas des classes populaires., Ainsi, entre 1974 et 1989, les revenus des 10 % des ménages chiliens les plus riches ont augmenté 28 fois plus vite que les 10 % des ménages chiliens les plus pauvres.... . À la fin de la dictature, en 1990, la pauvreté touche 39 % des chiliens. Ce chiffre sera réduit de moitié durant les 13 années suivantes de gouvernement démocratique, mais le pays reste très inégalitaire : « la tranche des 20 % les plus pauvres de la population reçoit seulement 3,3 % des revenus totaux du pays, tandis que celle des 20 % les plus riches en reçoivent 62,6 % ».... Et cela n'est qu'un aperçu de ce que provoque un régime autoritaire (dictature)....

  • Posté par Christian Radoux, lundi 5 octobre 2020, 12:44

    Bonne analogie ! Quand le mouvement "Black lives matter" (je ne peux, bien évidemment, qu'approuver une telle affirmation) se fait déborder et parfois noyauter par des excités aux intentions suspectes réclamant "la dissolution de la police" (sic), cela ne peut que servir Trump.

Aussi en Chroniques

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs