Le parti néonazi grec Aube dorée qualifiée d’«organisation criminelle» par la justice

Le parti néonazi grec Aube dorée qualifiée d’«organisation criminelle» par la justice

Le parti néonazi grec Aube dorée a été qualifiée d’«organisation criminelle» mercredi par la cour pénale d’Athènes, son chef et ses principaux cadres ayant été reconnus coupables de l’avoir dirigé.

Devant le tribunal, plus de 15.000 manifestants, selon la police, s’étaient rassemblés à l’appel du mouvement antifasciste, de syndicats et de partis de gauche.

Hurlant de joie à l’énoncé du verdict au mégaphone, des manifestants ont lancé des cocktails molotov, auxquels les forces anti-émeute en nombre ont aussitôt répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, des grenades assourdissantes et l’utilisation de canons à eau, pendant une vingtaine de minutes, a constaté une journaliste de l’AFP.

Après 5 ans et demi de procès, le chef et fondateur d’Aube dorée Nikos Michaloliakos, 62 ans, négationniste et admirateur du national-socialisme, a été reconnu coupable d’avoir «dirigé» et «appartenu à une organisation criminelle», ainsi que six autres cadres du parti.

Quelque 45 autres députés et membres d’Aube dorée ont été reconnus coupables d’«appartenance» à une telle organisation, tandis qu’une quinzaine d’autres ont été acquittés.

Seule une dizaine des 68 accusés étaients présents dans une salle d’audience clairsemée, les principaux cadres étant absents à l’énoncé du verdict. Ils connaîtront leur peine lors d’une audience ultérieure, mais ils encourent entre 5 et 15 ans de prison.

Coupable de meurtre

La cour pénale d’Athènes a également reconnu Yorgos Roupakias, membre d’Aube dorée, coupable du meurtre d’un rappeur antifasciste en 2013.

Le militant de gauche Pavlos Fyssas, avait été assassiné à l’arme blanche dans la nuit du 18 septembre 2013, à l’âge de 34 ans, devant un café de son quartier de Keratsini, une banlieue de l’ouest d’Athènes. Son meurtrier, qui a reconnu l’avoir tué, risque la prison à perpétuité.

«Pavlos mon fils, tu as réussi», a déclaré la mère de la victime, Magda Fyssas, très émue après la décision.

«Une grande victoire»

Dehors, la foule a exulté de joie, dès l’annonce du premier verdict. Sur les masques des manifestants, les pancartes et les banderoles, ils proclamaient : «le peuple veut les nazis en prison».

Petite formation depuis les années 90, Aube dorée avait été créée par Nikos Michaloliakos, 62 ans. La débâcle socio-politique après la crise financière de 2010 a profité au parti néonazi, dont des représentants entrent pour la première fois en 2012 au Parlement grec.

A l’époque, des groupes d’hommes en noir sillonnaient les rues d’Athènes, tabassant leurs opposants à coups de pied ou de barres de fer et scandant «Sang, honneur, Aube dorée».

Qualifié d’«historique» par le monde politique et la partie civile, ce procès a entraîné progressivement le déclin de la formation dont la direction renie actuellement l’idéologie nazie. Aux dernières législatives de juillet 2019, Aube dorée n’a obtenu aucun député.

 
 
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