Le premier Airbus A400M belgo-luxembourgeois rejoint sa base d’attache à Melsbroek (photos et vidéos)

Le premier des huit avions de transport Airbus A400M Atlas destinés à opérer au sein une d’unité belgo-luxembourgeoise basée à l’aéroport militaire de Melsbroek – l’unique appareil grand-ducal – est arrivé vendredi matin à sa base d’attache, en provenance du Luxembourg, où il avait été accueilli mercredi.

Ce gros appareil de transport militaire, un quadrimoteur revêtu d’une livre grise, s’est posé vers 10h45 en utilisant la piste 25R (droite) de l’aéroport de Bruxelles-National, contigu à la base militaire. Deux camions de pompiers l’ont copieusement arrosé, comme il est de tradition, dans le monde aéronautique, pour des événements marquants, ont constaté les nombreux journalistes présents sur place.

L’avion, immatriculé CT-01, a effectué un tour de Belgique aux mains d’un équipage mixte, belgo-luxembourgeois. C’est le premier appareil militaire détenu en propre par le Grand-Duché depuis le retrait d’avions légers en 1968.

L’A400M a été accueilli par les ministres de la Défense des deux pays, Ludivine Dedonder et François Bausch – qui avait pris place à bord de l’appareil en compagnie d’une délégation venue de Luxembourg. Tous deux ont salué l’« excellence » de la coopération intense qui unit les deux pays dans de nombreux domaines, allant de la formation aux opérations en passant par les programmes d’achat communs.

La Belgique et le Grand-Duché avaient décidé dès 2001 d’acquérir et d’opérer huit de ces avions de nouvelle génération, dont un Luxembourgeois, ont-ils tous deux rappelé.

L’A400M luxembourgeois, le numéro de série MSN 104 (le 104e construit, sur les 174 commandés à ce jour par sept pays européens et la Malaisie), avait effectué son premier vol le 14 avril dernier à Séville, en pleine crise sanitaire du coronavirus qui avait affecté les activités d’Airbus. Il aurait, contractuellement, dû être livré en mai dernier, près de dix-neuf ans après la passation du contrat, qui remonte à décembre 2001.

Arrivé mercredi soir à Luxembourg, il a été présenté jeudi aux autorités des deux pays, dont le grand-duc Henri, avant de gagner sa « Main Operating Base » (MOB) de Melsbroek dans l’attente de la livraison des sept appareils belges d’ici fin 2023, qui remplaceront les C-130 Hercules quasi-cinquantenaires.

À Melsbroek, Mme Dedonder, en fonction depuis une semaine, a insisté sur la coopération militaire « intense » et « diverse » qui s’est établie entre les deux pays, un partenariat qui s’inscrit selon elle dans le cadre d’une défense européenne qu’elle souhaite voir renforcée.

Elle a expliqué que l’un de ses principaux projets en tant que ministre durant cette législature serait la « modernisation de notre armée ». « La Défense pourra disposer à l’avenir d’équipements ’state of the art’ (de pointe, ndlr). Cette nouvelle capacité de transport tactique et stratégique répond à cette ambition », a-t-elle souligné.

M. Bausch a pour sa part remercié la Belgique et notamment sa composante Air pour le « soutien constant dans cette coopération exemplaire ».

Il a souligné que les huit A400M seront utilisés « sans distinction de nationalité », alors que l’armée luxembourgeoise fournira trois équipages (soit six pilotes et six soutiers, mieux connus sous l’appellation anglaise de « loadmasters »).

L’A400M, fruit d’une coopération entre sept pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Luxembourg, Royaume-Uni et Turquie), est en effet capable de transporter jusqu’à 37 tonnes de fret sur 4.500 km ou 17 tonnes sur 5.800 km et de larguer 116 parachutistes en un seul passage. Le coût total du programme est toutefois passé, au gré des retards et des difficultés techniques, de vingt à plus de trente milliards d’euros.

L’unique A400M grand-ducal sera exploité en commun par les armées belge et luxembourgeoise au sein de la 20e escadrille du 15e wing de transport aérien, basé à Melsbroek, appelée à devenir binationale. Il porte à la fois les cocardes grand-ducales – un lion rouge sur des stries bleues et blanches – et, près de la porte d’entrée avant gauche, la tête de sioux, l’emblème du 15e wing de la composante Air belge.

Le Luxembourg ne disposait plus de force aérienne depuis le retrait de trois avions légers d’observation Piper PA-18 Super Cub en 1968. Il a également accepté de doter les avions-radar Awacs de l’Otan d’une immatriculation grand-ducale civilo-militaire.

 
 
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