Une association pour défendre les intérêts des résidents secondaires

Une association pour défendre les intérêts des résidents secondaires
D.R.

Le lockdown, décrété le 16 mars dernier, Marie-Anne Coninsx l’a mal vécu. Et pour cause. Cette jeune retraitée est restée confinée plusieurs mois en Allemagne où elle possède une maison avec son époux. Ce qu’elle aurait souhaité ? Passer ces longues semaines de farniente dans leur résidence secondaire de Coxyde fraîchement retapée de fond en comble. Seulement voilà, les règles anti-Covid-19 l’interdisaient formellement. « J’ai pris le premier avion possible pour la Belgique le 4 juin », se souvient-elle aujourd’hui. « J’ai vécu cette restriction imposée à tous les possesseurs d’une résidence secondaire comme une injustice. On nous traitait comme des ennemis qui pouvaient infecter tout le monde… »

Notre interlocutrice précise toutefois qu’il y avait (beaucoup) plus mal loti qu’elle. « Une Limbourgeoise qui travaille à la mer du Nord où elle possède un appartement pour ses vacances a dû se farcir le trajet tous les jours car elle ne pouvait pas rester dormir dans son bien à la Côte puisqu’il s’agissait de sa résidence secondaire. Du Limbourg à la Côte, il y a tout de même 250 kilomètres. Absurde ! »

Juriste de formation et exhibant un pedigree qui l’a vue notamment exercer la fonction de diplomate européenne, Marie-Anne Coninsx se plaint auprès du bourgmestre de Coxyde et du gouverneur de la province, elle tente même de faire jouer ses contacts auprès de politiciens, mais rien n’y fait. « Par hasard, je tombe alors sur une page Facebook rédigée par des personnes qui ont intenté une action en justice contre cette mesure qu’ils jugent discriminatoire », poursuit-elle. « Comme par hasard, le gouvernement n’a pas tardé à changer de position et à autoriser un retour dans les résidences secondaires. L’idée de créer Tweres est née de là. Il y avait un réel besoin à combler. »

Combattre les stéréotypes

Créée en août, Tweres (pour Tweedeverblijvers/Résidents secondaires) est une ASBL dont le but est de défendre les intérêts des propriétaires de résidences secondaires. Un groupe très large qui comprend aussi bien les détenteurs de villas, d’appartements que d’un modeste chalet, d’un bungalow dans un village de vacances ou d’une caravane dans un camping. « Il y a en Belgique quelque 250.000 détenteurs de résidences secondaires », explique la présidente de Tweres. « Nous voulons défendre tout le monde et lutter aussi, d’une certaine manière, contre les stéréotypes qui veulent qu’avoir une résidence secondaire c’est être forcément riche… »

Contre 10 euros par an et par famille, les futurs membres se verront ainsi informés et soutenus dans la défense de leurs droits qu’ils estiment bafoués ou tout simplement ignorés par les autorités. « Et ils sont nombreux ! », intervient Marie-Anne Coninsx. « Nous sommes en train de procéder à un inventaire des problématiques que nous rencontrons, que ce soit en Flandre ou ailleurs dans le pays. Nos membres actuels viennent essentiellement de la Côte, mais nous nous adressons également aux détenteurs de biens secondaires dans les Ardennes. Et cela concerne aussi bien les Belges que les étrangers qui possèdent un bien dans notre pays. Nous sommes une organisation nationale. »

Au premier rang des griefs, on retrouve évidemment l’épineux dossier des taxes payées par les propriétaires de résidences secondaires. « Trois communes, à savoir La Panne, Coxyde et Knokke, ont été condamnées à plusieurs reprises pour percevoir des taxes injustifiées car elles ne s’appliquent pas aux résidents permanents », explique notre interlocutrice. « Un autre exemple de dossier sur le feu concerne le fait que nous ne bénéficions d’aucune réduction sur les montants à verser alors que nous avons été empêchés d’habiter notre logement pendant plusieurs mois. Sachez aussi qu’en Flandre, un nouveau mode de calcul des consommations énergétiques entrera en vigueur dans les années à venir. Il pénalisera davantage les petits consommateurs que nous sommes. »

Chez Tweres, on tient toutefois à souligner que le but recherché est de nouer une collaboration constructive avec les autorités locales pour trouver les meilleures solutions, et ce, dans le respect et la compréhension des droits de tous, qu’ils soient résidents permanents, résidents court terme, touristes d’un jour ou toute autre partie prenante. « Pour l’heure, notre but est de nous faire connaître », intervient Marie-Anne Coninsx. « J’irai personnellement rencontrer les bourgmestres de la Côte, mais je sais déjà que certains voient notre association d’un œil positif, ce qui est plutôt bon signe. »

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